Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus

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Erwan G
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Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus

Message par Erwan G »

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OURAGANS TROPICAUX
Leonardo Padura

A la bibliothèque de ma ville, je suis tombé par hasard sur un livre plus récent que Hérétiques de Leonardo Padura et l’idée d’avoir une vision de Cuba, de Mario Conde et de ses amis après ce premier épisode (pour moi) m’a fortement fait envie.

Les temps changent. Cuba semble prête à s’ouvrir à la nouveauté. Le président américain, Barack Obama, vient en visite à Cuba et, quelques jours plus tard, les Rolling Stones viennent y donner un concert. Mais Cuba restant Cuba, les forces de police sont majoritairement engagées sur ces deux événements. Aussi, lorsque l’on retrouve un ancien cacique du régime mort dans son appartement, le lieutenant colonel en charge de la police de la Havane se voit contraint de faire appel à une aide extérieure, en la personne de Mario Conde. Le vieux cacique était l’homme responsable de la chape de plomb mise sur les artistes de l’ile, que ce soient les écrivains, les poètes ou les peintres. Quelle surprise, donc, que de retrouver dans cet appartement des tableaux de ces peintres interdits par le régime… Tout comme le cadavre : bien que père de famille, on le retrouve mort avec du sperme dans l’anus, le sexe et les testicules coupées ainsi que trois doigts. Et quelques tableaux manquent… Quand, quelques jours plus tard, on trouve un deuxième corps assassiné auquel il manque également le sexe et les testicules, la police est contrainte de considérer que la seule enquête non officielle ne peut suffire, ce d’autant plus que la seconde victime est un ressortissant de l’île naturalisé américain, gendre du cacique retrouvé quelques temps plus tôt et en charge de la vente des tableaux de son beau-père aux Etats-unis. En dépit de tout cela, Mario Conde s’est à la fois lancé dans l’écriture du roman qu’il retardait depuis trop longtemps. Ce roman porte sur la vie et, surtout, sur la fin de vie d’Alberto Yarini, homme politique issue d’une grande famille, mais également principal maquereau de La Havane au début de ce siècle, en lutte contre la pègre française et leur domination sur ce secteur. Et, dans le même temps, il est embauché pour devenir le « surveillant » de la nouvelle affaire de son ami Yoyi qui tient dorénavant un bar restaurant pour la clientèle huppée, touristes américains mais également cubains fortunés. Parce que, oui, cette dernière catégorie existe bien dans ce nouveau Cuba. Les choses changent. Mais ne peut-on, comme Conde, imaginer que cela soit autrement que temporaire ? L’ouverture aux autres, la libération du pays, mais aussi la fuite de ses habitants. Comme l’ami de Conde qui est parti aux Etats-unis voir sa famille et qui hésite à rentrer. Ou sa compagne, qui doit aller voir son fils et son petit fils en Italie, mais sans préciser sa date de retour…

J’ai trouvé ce livre moins passionnant qu’Hérétique, qui est beaucoup plus qu’un simple roman policier doublé d’une fresque sociale de Cuba. Là, le policier domine. Sans être mauvais (ce n’est pas un whodunit et le but n’est pas pour les lecteurs de deviner qui a commis le crime), il s’intéresse moins à la nature humaine, est moins riche que le précédent, même si tous les passages sur Alberto Yarini sont très intéressants, historiquement et politiquement parlant pour mieux situer La Havane et Cuba dans le temps et l’espace. Néanmoins, le reste, les relations humaines, le ressenti des personnages sont, finalement, au second plan par rapport à l’enquête et aux effets de la censure sur l’ile.

Moins bon, moins riche, Ouragans tropicaux reste néanmoins, malgré son titre un peu surprenant, agréable à lire. Mais là où Hérétique est un excellent livre, Ouragan tropicaux est une simple bonne lecture. Je m’attendais à mieux même si le charme tropical a produit son effet.
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Erwan G
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Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus

Message par Erwan G »

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SUR L’ONDE DE CHOC
John Brunner

Je n’ai pas réussi à mettre la main sur beaucoup de romans de John Brunner, donc je les espace avec beaucoup de plaisir, pour être sûr de pouvoir encore en découvrir de nouveaux. Su l’onde de choc m’a été vivement conseillé et comparé à Tous à Zanzibar, alors je me suis jeté dedans.

Lazare est un prêtre d’une église étrange, qui a ouvert dans ce qui était, avant, les locaux d’un cinéma drive-in. Au cœur de son église gonflable et pleine de lumière, ou plus exactement dans un camping-car derrière, il reçoit des confessions en dehors de ses services religieux. Lorsqu’un soir, une petite fille vient lui raconter l’impensable, notamment qu’elle a tué sa mère, Lazare va se rendre au confessionnal pour éviter l’écoute de la confession. Mais en lieu et place d’une fillette, il va trouver un homme, salarié d’une société qui permet aux enfants d’accomplir leurs pulsions (surtout morbides) pour pouvoir les en libérer. Ils se quittent après un échange de menaces. Le lendemain, Lazare se rend compte que tous ses comptes sont bloqués et qu’il est présenté comme déficient financièrement à tous ses fournisseurs. Même s’il est en capacité de régler la difficulté, Lazare sait qu’il doit disparaitre, changer, pour continuer à échapper à ses poursuivants. Car Lazare n’est pas vraiment un prêtre. Et il ne se nomme pas vraiment Lazare. Depuis des années, plus précisément depuis le jour où il a quitté un centre de formation pour personnes exceptionnelles, il change constamment d’identité pour éviter que les représentants de l’Etat ne mettent la main sur lui et le contraignent à faire des choses qu’il ne veut pas faire. Parce qu’il a été formé dans le but de servir l’état, qui cherche à développer l’apparition de gens « sages ». Pas intelligents, « sages ». Pas la nation, pas les gens qui la composent, mais l’état et son oligarchie. Sa rébellion s’exerce dans la fuite. En tout cas jusqu’à ce qu’il rencontre une jeune étudiante qui, par sa perspicacité et sa sensibilité, vont lui permettre de mieux cerner ce qu’être sage veut dire. Mais existe-t-il encore une place dans ce monde surveillé et dominé par le style de vie banane ?

Sans être, pour moi, aussi bon que Tous à Zanzibar, qui m’avait tant marqué à sa lecture il y a une trentaine d’années et qui demeure, suite à sa relecture, une référence intéressante, Sur l’onde de choc reste un grand livre. Tout d’abord, par les qualités d’analyse de John Brunner qui, en 1975, avait parfaitement cerné une partie des difficultés de notre époque. D’autre part, parce que le livre est parcouru de réflexions intéressantes sur la société, la démocratie et la difficulté d’avoir une société progressive et démocratique quand la technologie occupe autant de place. Enfin, parce que le style d’écriture de Tous à Zanzibar est toujours là, toujours aussi bon même s’il est toujours aussi déroutant. Notamment, au début, quand l’auteur, fidèle à la tradition ancienne, entre directement dans le vocabulaire et l’environnement qu’il a créé sans nous offrir de passerelle pour nous y adapter.
Alors, pourquoi, en dépit de ses qualités, le trouve-je moins bon que sa référence ? Tout d’abord, parce que je n’avais pas conscience que, dans Tous à Zanzibar, Brunner gardait un tel optimisme malgré sa vision de l’évolution de la société. Sans être totalement dépressif, le livre offrait une fin ouverte. Oui, des changements étaient possible, mais il restait encore tant à faire. Dans Sur l’onde de choc, Brunner présente une utopie qu’il ne remet aucunement en cause. Il ne s’agit plus d’essayer, le but est réalisable. Ensuite, parce que je me suis un peu perdu dans les valeur mis en avant, mélangeant beaucoup de déclarations un peu naïves pour quelqu’un comme Brunner. Je le pensais plus cynique.

En lisant, je n’ai pu m’empêcher de penser à la série le Caméléon, qui semble avoir été fortement inspiré par ce roman. Je connais mal la série, mais il me semble que le héros de l’un ressemble pas mal au héros de l’autre. En tout cas, quelle que soit la qualité de la série, le roman est très agréable à lire.

En tout cas, merci à celui qui, ici même, me l'a conseillé.
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Sammael99
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Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus

Message par Sammael99 »

J'ai fini The Dungeon Book de Gareth Hanrahan.

C'est très chouette et sympa, même si ça n'a pas la profondeur (et a fortiori la noirceur) de ses autres romans.

J'en espérais un truc divertissant qui joue sur les clichés du Donjon, et c'est tout de même un peu plus que ça, une sorte de conte de fées qui intègre lesdits clichés en les mettant en scène d'une manière intattendue et intéressante.

Dès fois, une lecture divertissante ça fait du bien. The Dungeon Book est sans prétention, mais remplit complètement sa fonction. Une lecture que j'ai finie avec le sourire.

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Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus

Message par Harfang2 »

Cuchurv a écrit : ven. août 21, 2026 10:54 am Bon sang @Harfang2 tu me le vendrais presque avec une critique comme ça ! :oops: 8)7
A tes risques et périls je dénie toute responsabilités.  :mrgreen:
 
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rogre
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Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus

Message par rogre »

Oui @Erwan G, "Sur l'onde de choc", très bon livre - et pis, c'est l'Internet, en 1975!

Alors, moi, suite d'un précédent, je lis des bons livres d'été: c'est "SAS Danse macabre à Belgrade" (Tome 82), toujours de Gérard de Villiers: ce qui fait que j'ai lu 1% des 200 SAS.

L'intrigue, en 1986, est centrée sur la protection d'un transfuge arménien et la traque de terroristes. Bof.

Déjà au bout de deux SAS, on voit les ficelles: c'est construit tout pareil. Bien documenté, mais pas très objectif (l'adjectif "socialiste" est associé en général à : "miteux, pitoyable, minable" - bon, je suis allé à Belgrade avant la chute du mur, donc j'avalise).
Et comme je le disais, pour moi la surprise de ces lectures, c'est que SAS est, euh, comment dire, un type délicat: il n'aime pas tuer, il est malade juste après ; souvent "son estomac se noua d'angoisse" ; et chose affreuse à dire, mais estimable en ces temps très #meetoo, il demande toujours la permission avant que de…, sinon il laisse tomber.
C'est pas ce qu'on m'avait vendu: c'est un gentleman!

On va voir dans les suivants (j'en ai acquis 3 dans une solderie)
"Mouvement Minusculiniste" - consiste à défendre les minorités composées d'une seule personne. Effectif : un adhérent. Mot d'ordre (Pierre Dac) : "Contre tout ce qui est pour, et pour tout ce qui est contre".
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Erwan G
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Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus

Message par Erwan G »

rogre a écrit : ven. août 21, 2026 9:30 pm Oui @Erwan G, "Sur l'onde de choc", très bon livre - et pis, c'est l'Internet, en 1975!

Et pas que ! Il y a tellement de choses justement perçues, c'est incroyable.

rogre a écrit : ven. août 21, 2026 9:30 pmAlors, moi, suite d'un précédent, je lis des bons livres d'été: c'est "SAS Danse macabre à Belgrade" (Tome 82), toujours de Gérard de Villiers: ce qui fait que j'ai lu 1% des 200 SAS.

L'intrigue, en 1986, est centrée sur la protection d'un transfuge arménien et la traque de terroristes. Bof.

Déjà au bout de deux SAS, on voit les ficelles: c'est construit tout pareil. Bien documenté, mais pas très objectif (l'adjectif "socialiste" est associé en général à : "miteux, pitoyable, minable" - bon, je suis allé à Belgrade avant la chute du mur, donc j'avalise).
Et comme je le disais, pour moi la surprise de ces lectures, c'est que SAS est, euh, comment dire, un type délicat: il n'aime pas tuer, il est malade juste après ; souvent "son estomac se noua d'angoisse" ; et chose affreuse à dire, mais estimable en ces temps très #meetoo, il demande toujours la permission avant que de…, sinon il laisse tomber.
C'est pas ce qu'on m'avait vendu: c'est un gentleman!

On va voir dans les suivants (j'en ai acquis 3 dans une solderie)

Tu es fin prêt pour lire un autre roman d'été ou de loisir : Orgasme à Moscou d'Edgar Hilsenrath. C'est moins géopolitique mais l'intrigue est bien meilleure !
Va prophétiser ailleurs, c'est interdit dans le centre ville !
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