[CR][INS/MV] Fire & Ice - la campagne

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Jarnos
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Re: [CR][INS/MV] Fire & Ice - la campagne

Message par Jarnos »

Je ne savais pas mais il y a une page Wikipédia pour tout ça
Corbusier et cockatrices - un blog qui parlera jeu de rôle et architecture un jour
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Altay
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Re: [CR][INS/MV] Fire & Ice - la campagne

Message par Altay »

Pour info, la page Wiki spoile (donc mes joueurs -> non si vous voulez conserver certaines surprises).
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Altay
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Session 32 - Satanix Chez Cléopâtre (première partie)

Message par Altay »

Session 32 - Satanix Chez Cléopâtre (première partie)

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Suite aux décisions de la Cour, l'organisation infernale est modifiée comme suit :

  • Monseigneur Andromalius est relevé de ses fonctions. Ses attributions et serviteurs sont transférés à Monseigneur Baalberith, avec effet immédiat.
  • Monseigneur Belial est démis du titre de Prince du Feu. Ses serviteurs intègrent l'armée infernale dirigée par Monseigneur Baal ou tout autre Prince acceptant leur candidature, avec effet immédiat.
  • Monseigneur Uphir est démis du Prince de la Pollution.
  • Koch, Baron de la lente décréptitude interne, Capitaine de la garde moribonde, Chevalier des épidémies, est nommé à compter de ce jour Prince de la Toxicité.

Baalberith, Prince des Messagers, Baron du bouche à oreille, Capitaine du téléphone arabe, Chevalier des rumeurs, le 7 janvier de l'an 9 993 après la Chute.

Après avoir déposé leur rapport sur l'affaire Denver et profité de quelques jours de congés, les Démons se pointent comme des fleurs au Centre de Tri, où le travail postal a repris. Sous couvert de visite d'une équipe de désamiantage, Koch, le nouveau Prince de la Toxicité, les attend dans le bureau de M. Fabien. Heureusement, rien de grave, au contraire : le nouveau Prince est venu remercier en personne le trio et leur offre 1PP ainsi que le grade honoraire de Chevalier des accidents du travail.

M. Fabien prévient la fine équipe que leurs aventures risquent fort de leur attirer des ennemis à la longue. La destitution inattendue d'Andromalius va sûrement leur retomber sur le pif un jour ou l'autre et il vaut mieux d'ici là qu'ils ne dorment que d'un seul œil. À part ces bons conseils, le chef papou n'a rien d'autre pour eux. À vrai dire, les missions sont suspendues et il attend une émissaire de Baal d'un jour à l'autre pour une inspection, le Prince de la Guerre souhaitant recenser les centres infernaux encore opérationnels. En attendant son arrivée, les Démons sont libres de vaquer à leurs occupations.

Tristan rassemble donc Félix et Luc chez lui. Le Bifrons est en effet toujours en pleine infiltration d'un cercle de sorcellerie. Son « amie » sorcière Sabine lui avait promis de lui montrer les ficelles d'une invocation en échange d'un semi-remorques de vivres comme composante. Le trio réfléchit donc à une façon de se procurer un tel chargement. Leurs réflexions sont interrompues aux alentours de midi par Gauthier, un trentenaire à la dégaine adulescente et accessoirement serviteur de Nabil Sharif, grade 2 de chez Bifrons. Heureuse coïncidence, c'est justement à lui que Tristan livre les sorciers capturés.

Mais ce n'est pas une visite de courtoisie. Gauthier est très inquiet : son patron est parti il y a une semaine en Forêt Noire enquêter sur la Rose, une puissante organisation de sorciers. Il n'a donné aucun signe de vie depuis son départ et le familier s'inquiète. En jetant un œil à la presse germanophone, le serviteur a découvert qu'un hôtel particulier de la ville a été dévoré par les flammes quelques jours plus tôt dans un incendie qualifié de criminel. Supposément inhabitée, douze cadavres ont tout de même été retrouvés dans la bâtisse. Gauthier supplie Tristan de bien vouloir l'aide à retrouver son patron. Le Bifrons convainc ses collègues de porter main forte sans trop poser de questions, eu égard aux activités louches de Nabil. Félix remarque tout de même que le « familier » a un drôle d'accent en démoniaque mais garde ses réflexions pour lui.

Spoiler:
Comme d'habitude, les joueurs deviennent suspicieux à chaque remarque ! Bon, l'accent de Gauthier n'est pas parfaitement anodin. C'est initialement un serviteur spécialisé égyptien qui a été transformé (un peu à la zob, il faut bien le dire) en familier par Bifrons himself. Oui, plus de détails un peu plus tard. Le changement de nature ne s'est pas fait sans heurts et Gauthier n'est au final ni vraiment démoniaque, ni vraiment égyptien. Comme son patron Nabil…

Le quintet (les trois Démons, Gauthier et Archibald le fantôme) s'entassent dans une voiture de location, direction l'Allemagne. Ils arrivent en début de soirée dans la ville thermale. Gauthier a bien fait son boulot : s'il ne sait pas exactement où Nabil est descendu, il se doute qu'il a choisi un établissement luxueux pour coller à sa couverture de marchand d'antiquités précieuses. Il a identifié trois hôtels 5 étoiles : l'hôtel des Thermes, le Brenners Hôtel et l'hôtel du casino. Félix et Luc louent une chambre formule all-inclusive au premier tandis que Gauthier, Archibald et Tristan louent deux chambres au second, à plusieurs centaines d'euros la nuit, laissant le casino pour le lendemain.

Spoiler:
L'Asmodée a même pas voulu mettre les pieds dans le casino, je vous jure, on se demande pourquoi on se décarcasse.

Aux thermes, Luc et Félix n'ont pas trop difficulté à convaincre le réceptionniste de chercher Nabil dans le registre, un « ami qu'ils sont venus rejoindre » en faisant croire qu'il n'a sûrement pas son téléphone sur lui s'il est au spa. Malheureusement, point de M. Sharif dans les hébergements. Tristan n'est pas beaucoup plus avancé car la réceptionniste de son 5 étoiles refuse tout net le bakchich. Le Bifrons se propose néanmoins pour cuisiner Gauthier et l'invite à un dîner en tête à tête au restaurant de l'hôtel. Après l'avoir mis à l'aise et lui avoir fait retirer son médaillon style égyptien (qu'il suspectait d'être un objet magique), le serviteur se détend un peu. Il avoue être tendu car Nabil a des allégeances… partagées. Il travaille bien pour Bifrons mais a des accointances fortes avec le panthéon égyptien et plus particulièrement les traditionalistes adorateurs de Seth, en opposition avec le camp d'Isis et Osiris, plus progressiste.

Spoiler:
Même si c'est techniquement vrai, il faut bien préciser ici qu'il existe deux Seth dans le panthéon égyptien : le vrai… et Bifrons.

Il y a plusieurs millénaires, le Prince des Morts n'a rien trouvé de plus marrant que d'éclater le dieu « chaotique » égyptien et prendre sa place (pourquoi pas Anubis qui est le dieu des morts ? aucune idée, mais rappelons-nous que Bifrons n'est pas le couteau le plus affûté du tiroir).

Ça a fini par se savoir, la Cour a demandé à Bifrons (et aux autres Princes) d'arrêter de se mêler de la troisième force. Sauf qu'en quelques siècles, Seth s'est reconstitué sur la marche égyptienne, ce qui a fâché tout rouge l'ami Bif' et rebelote. Cette fois-ci, Bifrons est un peu plus discret : il manipule en sous-main une partie des égyptiens. Une partie seulement car il ne peut pas agir trop directement. Il risquerait notamment d'attirer l'attention d'Alain, qui était égyptien avant d'être Archange, et qui a gardé pas mal d'affinités avec ses vieux potes Isis et Osiris.

Nabil quant à lui est un héros égyptien, ancien prêtre de Seth, qui a rejoint Bifrons et fait office de pont entre les deux groupes de sous-fifres. Accessoirement, Bifrons l'a chargé d'une mission très spéciale.

De leur côté, l'ex-Crocell et l'Asmodée profitent des thermes jusqu'à leur fermeture à 23h puis se décident à bosser. Ils rendent une visite nocturne au bâtiment incendié, un vieux château du Moyen-Âge. Un interminable chantier de rénovation pour en faire un hôtel de luxe a commencé dans les années 2000 mais il n'a jamais été terminé au-delà du rez-de-chaussée (les étages sont eux plutôt délabrés). Le mobilier et le bâtiment dans son intégralité ont pris le feu et la flotte et les Démons n'y trouvent aucune trace de passage, ni même des corps. Félix trouve toutefois un vieux téléphone surprenamment bien conservé sous un sofa à moitié brûlé. Le duo passe dans leur gîte thermal brancher le téléphone puis rejoignent Tristan à son hôtel.

Car depuis la fin de son dîner, le Bifrons n'a pas chômé. Patientant jusqu'à 2 heures du matin, il endort la réceptionniste et emprunte l'ordinateur de l'accueil pour consulter les réservations. Bingo : Nabil Sharif est arrivé il y a une semaine et a payé pour quinze jours d'avance. Chambre 426. Rejoint par ses camarades, Tristan propose de fouiller la chambre de leur collègue. Luc force la serrure électronique et Félix et Gauthier retournent la luxueuse suite louée par Sharif. Pas grand chose ne sort de l'ordinaire (des vêtements, une trousse de toilette) si ce n'est :

  • la carte de visite de Bilal Habadi, président de l'amicale germano-égyptienne d'archéologie. La date du 8 janvier 9h30 est griffonnée au dos (le jour de l'incendie),
  • un carnet écrit en arabe que Gauthier identifie comme le journal de son maître,
  • des catalogues d'antiquités égyptiennes, certaines étant entourées ou surlignées.

D'après Gauthier, il semblerait que son maître ait identifié le château comme une base avancée de la coterie de la Rose (il a été revendu par la chaîne Hyatt Hotels en 2016 à Fredrik Thomson, le sorcier tué par les Démons à Dunkerque quelques mois plus tôt). Il aurait ensuite contacté M. Habadi pour obtenir des renforts via ses connexions égyptiennes. Le serviteur ignore pourquoi Nabil n'a pas prévenu les autorités infernales mais il est possible qu'il ait préféré garder le silence son enquête.

Par ailleurs, le téléphone retrouvé dans les ruines incendiées semble appartenir à un égyptien nommé Wassid. Luc retrouve dans les contacts le numéro de M. Habadi, confirmant qu'il faisait sûrement partie des renforts appelés par Nabil. Sous la pression des Démons, Gauthier accepte d'appeler les sethites en utilisant le téléphone perdu et de tenter de négocier une alliance de circonstance avec l'équipe d'intervention. Aussitôt dit, aussitôt fait. Tristan convainc Gauthier de tout déballer à ses petits camarades, y compris la collusion entre Nabil et les égyptiens. Le serviteur explique donc après avoir raccroché que les sethites sont d'accord pour parler. À la demande de Nabil, ils ont attaqué les sorciers à renforts de momies et ont fui quand l'incendie a démarré. Craignant que les morts-vivants aient laissés des traces trop visibles pour la police (ils les ont laissées sur place), ils se sont séparés et ont mis les voiles. Ils ignorent où est Nabil mais eux savent que plusieurs d'entre eux sont morts dans l'assaut et les six qui restent sont planqués dans un vignoble à 2h au sud de la forêt noire, du côté suisse.

Les Démons rendent donc les clés de leurs chambres d'hôtel après quelques heures de sommeil et se mettent en début de journée en route vers les Alpes suisses.
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Altay
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Session 33 - Satanix Chez Cléopâtre (deuxième partie)

Message par Altay »

Session 33 - Satanix Chez Cléopâtre (deuxième partie)

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L'infernale congrégation traverse sans encombre la frontière entre l'Allemagne et la Suisse et arrive en fin de matinée sur un petit vignoble en flanc de montagne. Les sethites ont trouvé refuge dans un gîte bucolique, le soleil brille et le givre étincelle sur les filets qui protègent les pieds de vignes. Les Démons se garent dans une allée où trois bagnoles sont déjà arrêtées. Archibald le fantôme reste dans le véhicule tandis que les quatre autres grimpent sur le perron de la petite bâtisse en bois. Un grésillement sourd s'en dégage et les Démons croient entendre des cris en allemand.

Ni une, ni deux, Tristan ouvre la porte et la fine équipe est accueillie par une nuée de sauterelles. Félix entre à l'intérieur, se protégeant de son bras, et reçoit un rayon d'énergie violacé en pleine poire qui lui crame les poils du torse. L'Asmodée distingue à peine son assaillant. Tristan entre derrière lui et une rafale de fusil d'assaut pétarade dans le couloir. Luc reste à couvert derrière le mur extérieur alors que Gauthier, stupéfait, recule de quelques pas. Tristan tente de faire comprendre, en anglais et en français, que les Démons ne sont pas là pour se battre mais rien n'y fait. Un homme barbu déguenillé se jette sur Félix qui le paralyse in extremis, avant de battre en retraite sous de nouveaux tirs pour aller chercher son Kevlar.

Tristan se précipite à l'aveugle dans les criquets et endort avec Sommeil l'assaillant au fusil d'assaut. Luc file un coup de hache (avec la poignée…) pour assommer le clochard paralysé avant de s'avancer à son tour dans le couloir avec circonspection. Mais le gaillard est coriace et lui balance un jet d'énergie dans le dos, ce à quoi l'ex-Crocell réplique avec un jet de glace qui vient lui traverser le thorax, le laissant sonné. Tristan poursuit son exploration de la bâtisse et rentre dans une petite pièce à vivre où un gus planqué derrière une table basse ronde, transformée en bouclier de fortune, lui balance un sortilège d'Absorption de volonté. Démarre un jeu du chat et de la souris entre le Bifrons et son assaillant qui s'échangent attaques mentales et coups de hachettes au milieu du tourbillon incessant des criquets.

Tandis que Félix enfile son gilet pare-balles, Luc tente d'attacher le barbu en haillons. Celui-ci, visiblement increvable, reprend conscience et lui file un coup de pied dans le tibia, avant que le Crocell ne se décide à lui éclater la tête pour de bon d'un jet de glace au visage. Le type se volatilise tandis que l'Asmodée déboule, Kevlar sur les épaules et hauche maudite en main, enfin paré à la baston. Bravant les sauterelles, Félix rejoint Tristan et pulvérise la table derrière laquelle le dernier larron se planquait avant de lui fendre le crâne en deux. Une onde de choc fait trembler les murs de bois et le Bifrons puis l'Asmodée se précipitent à la recherche des escaliers. De son côté, Luc achève le tireur au fusil d'assaut, toujours endormi.

En traversant le salon, l'Asmodée et le Bifrons découvrent deux cadavres, au phénotype plutôt égyptien. Grimpant les marches de l'escalier quatre à quatre, ils déboulent sur une mezzanine où un type leur tourne le dos, blanc comme un linge, observant avec attention sur ce qui se passe dans le dortoir de l'étage dont la porte a été brutalement défoncée. Tristan plante une hachette de lancer entre les omoplates du bonhomme, qui s'écroule en laissant une traînée de sang sur le montant de la porte. Félix se rue dans le dortoir d'où émanent des supplications en arabe et tombe sur une jeune femme maigrelette en train de soulever d'une seule main un jeune arabe tout en lui broyant la trachée.

« Pas cap' de le reposer doucement et de t'en éloigner ! » lance l'Asmodée, assorti d'un Pari Stupide. La blondinette dépose le sethite avant de faire apparaître une queue barbelée et un champ de force bleuté. Elle ne peut toutefois pas grand chose devant la puissance brute de Félix qui la fait popper dans un coup de hache de guerre maudite dévastateur (17 points de dommage, ça arrache). Le dortoir est en bordel : deux autres sethites sont morts et les deux survivants n'ont pas l'air bien dans leur assiette.
Spoiler:
Le coup du champ de force bleuté a troublé mes joueurs: ils sont persuadés que champ de force bleu = Ange. Mais comme la queue barbelée est définitivement Démoniaque, ils se sont demandés ce que pouvait bien être cette drôle de créature.

Bon, bah, c'est juste une Démone en fait… Le champ de force est bleu pour tout le monde. ¯\_(ツ)_/¯

Félix et Luc font le tour du bâtiment, tandis que Tristan somme Gauthier de se ramener fissa et de faire la traduction pour les deux égyptiens. Le plus résilient se présente sous le nom de Mahmet. Avec un peu d'entregent et quelques mensonges sur leurs allégeances véritables, les Démons apprennent que Mahmet et ses copains étaient le groupe appelé en renfort par « le grand prêtre Nabil » pour cramer la base de la Rose à Baden-Bade. Mais à cause de l'incendie, ils se sont séparés au moment de partir. Un rendez-vous avait été fixé trois jours plus tard à Alexandrie pour débriefer… avec Seth en personne. Mais entre temps, la Rose a envoyé un groupe de sorciers leur cramer la tronche en représailles. Bien que Mahmet soit reconnaissant envers les Démons pour lui avoir sauvé la mise, il comprend tout de même que ceux-ci ne sont pas réellement de son bord. Il demande donc à Gauthier un peu d'aide pour préparer les corps, qu'il souhaite emmener à un prêtre pour les rites funéraires. Le serviteur, visiblement familier des pratiques cléricales sethites, se propose pour rester, au grand dam des Démons qui perdent leur traducteur. Mais le groupe n'insiste pas, d'autant que Gauthier sait précisément dans quel salon de thé d'Alexandrie Nabil a ses habitudes.

Les Démons filent donc à l'anglaise après avoir fouillé les sorciers (et laissé les clés de leur BMW flambant neuve à Gauthier, triste vie !). Ils partent à Zurich où ils se reposent pendant une nuit avant de sauter dans le premier avion pour l'Égypte. Là, le groupe d'intervention zone dans le fameux salon de thé désigné par Gauthier. L'établissement n'est pas très touristique et semble surtout prisé des locaux, en dépit de la vue surplombant la Méditérannée. Les Démons guettent anxieusement l'arrivée de Nabil ou de quiconque d'un peu suspect. Après plusieurs heures, leur attention est attirée par une montagne de muscles tatouée qui semble traité comme un VIP par la gérante et a l'air d'alterner entre les pâtisseries et les rendez-vous suspects.

Félix se présente à sa table et parvient à entamer la discussion avec l'homme. Sa carrure massive, ses yeux noirs, ses cheveux longs et sa barbre fournie en font un interlocteur intimidant, qui parle français avec un accent prononcé. Mais l'Asmodée ne se démonte pas, tout du moins jusqu'à ce que la personne en face de lui finisse par s'identifier comme Seth. Le dieu demande à Tristan et Luc de les rejoindre et les Démons se présentent comme des créatures infernales à la recherche de Nabil. Seth est intrigué par leur présence mais comprend qu'ils croient Nabil en danger. Il n'a toutefois pas l'intention de bouger et, tant que son serviteur n'est pas en retard, n'estime pas avoir de raison de croire qu'il faillira à sa tâche. Cependant, lorsqu'il apprend que Tristan sert Bifrons, l'ambiance change. Seth demande à Luc et Félix de quitter la table et fait couper son oreillette à Tristan.

À demi-mots, Tristan comprend que le dieu que les égyptiens appellent Seth n'est nul autre qu'un avatar de son supérieur, Bifrons. Le Prince des Morts lui indique que la mission de Qenna (le nom qu'il donne à Nabil) est primordiale pour sa survie… aussi bien en tant que Seth qu'en tant que Bifrons. Mais le Prince n'a pas le loisir d'élaborer : comme un chien qui hume de la truffe, il lève la tête et ordonne à Tristan et ses petits camarades de partir au plus vite. De l'électricité statique crépite dans l'air et les Démons se précipitent dehors, non sans que Luc ait laissé un micro derrière lui pour tenter d'en apprendre plus. L'équipe d'intervention est en train de courir dans la rue quand le mouchard retransmet d'abord un bruit de tonnerre qui sature leur oreillette, avant qu'une voix nasillarde s'adresse à Bifrons : « Bifrons, Bifrons, Bifrons. Tu n'as pas le droit de venir sur Terre. » Ce à quoi Seth répond lassement « Oui, maître ».

Comprenant soudainement que le Prince des Morts est sous la coupe d'une tierce entité, les Démons tentent le tout pour le tout et reviennent sur leurs pas. La foule a fui le salon de thé et ils se fraient un chemin jusqu'à l'entrée. Un baroudeur en tenue colonial, à la musculature indécente et au chapeau haut-de-forme se tient devant Seth, le Prince agenouillé devant lui. Voyant les Démons tenter d'entrer, le nouveau venu se tourne vers eux : « Alors c'est eux que tu es venu voir, Bifrons ? Et bien… tue, Bifrons, tue ! » À ces mots, le Prince des Morts empoigne un hachoir par-dessus le comptoir et se rue sur Félix et Luc, stupéfaits dans l'encadrement de porte. Félix tente d'ordonner par un pari stupide au sorcier de relâcher Bifrons mais c'est peine perdue… le Prince se rue sur lui et le hache menu. Tristan revient dans le temps, hurle à ses camarades de fuir et c'est une nouvelle volte-face.

De retour à l'hôtel, les Démons angoissent de la suite à donner. Ils décident surveiller le salon de thé le lendemain en espérant pouvoir intercepter Nabil à son arrivée. Le grade 2 finit par débarquer en taxi incognito en milieu de journée. Il est couturé de partout, en tenue de plagiste et n'arbore pas ses délicats tatouages habituels. Rattrapé par Tristan qui lui explique brièvement la situation, Nabil rejoint le groupe dans un hôtel à l'écart de la ville. Il raconte comment il a fui Baden-Baden : obligé d'abandonner les momies dans la forêt et craignant d'être traqué par les Anges, il a fui à pied dans les montagnes pendant plusieurs jours jusqu'à trouver une bonne poire pour le conduire en France. Sans téléphone et sans carte bancaire (trop traçable), il a volé des papiers d'identité et un portefeuille puis pris un avion pour Le Caire avant de terminer la route en voiture jusqu'à Alexandrie.

Après avoir entendu l'histoire des Démons (qu'il remercie au passage de s'être démenés autant pour le retrouver), il leur confirme que Bifrons est bel et bien lié par Hornet, le sorcier légendaire à la tête de la Rose. C'est pour cette raison qu'il s'échigne à détruire l'organisation, espérant du même coup affaiblir Hornet et peut-être même finir par le tuer, libérant le Prince du même coup. Les Démons sont plein de questions mais n'ont surtout qu'une idée en tête : prévenir la Cour. Mais Nabil refuse pour trois raisons:
  • Petit 1 et la raison principale : le fait que Bifrons a pris la place de Seth est ce qui lui donne encore un peu de marge de manœuvre. Seth est lié à la marche égyptienne et, tant que Hornet ignore son existence, cela permet à Bifrons d'avoir une certaine indépendance. Toutefois, si Hornet venait à avoir vent de cette dualité, il lui suffirait de lier Seth pour que le Prince soit entièrement et complètement sous sa coupe.
  • Petit 2, l'intervention de Bifrons dans le panthéon égyptien est totalement interdite par la Cour et le Prince avait d'ailleurs juré avoir arrêté il y a bien 2000 ans. Les Prince-Démons ont longtemps joué aux cons avec la troisième force (Malphas en tant que Loki, Bifrons en tant que Hela et Seth, Baal chez les fomoriens, etc.) et Bifrons risque sa place si ça venait à se savoir.
  • Petit 3, il n'est pas exclu que Hornet bénéficie d'une complicité démoniaque. Invoquer et lier un Prince-Démon est un tour de force magistral. Peut-être que des ennemis de Bifrons ont tuyauté le sorcier et risqueraient de saboter une opération de sauvetage, voire d'éliminer purement et simplement le Prince plutôt que de risquer de se faire prendre.

Nabil demande donc à l'équipe de bien vouloir garder le silence le plus total sur cette affaire. En échange, il les fera intégrer les rangs de Bifrons ce qui lui permettra de leur offrir une petite récompense pour leurs efforts. Les Démons acceptent et tout le monde se sépart content.

Avant de partir, Nabil informe toutefois Tristan du reste de son plan. En effet, détruire la Rose (et Hornet) n'est que le plan A et le grade 2 sent bien que ça ne sera pas une partie de plaisir, surtout en se reposant uniquement sur ses ressources sethites. En revanche, Tristan est désormais en charge du plan B : trouver et recruter des sorciers suffisamment puissants pour invoquer… Bifrons. Ils pourraient ainsi invoquer le Prince au nez et à la barbe d'Hornet avant de le libérer.

Spoiler:
Nabil n'a aucune idée de si ça pourrait réellement marcher mais à ce stade, il est prêt à tout tenter pour son Prince/Dieu.

Si Tristan est prêt à sérieusement s'investir (et à intégrer le culte sethite), Nabil lui propose même de le récompenser plus largement avec des pouvoirs réservés au panthéon égyptien. En dépit des risques encourus par le fait d'être découvert à utiliser des pouvoirs païens, le Bifrons accepte avec joie.
Et donc non content de pouvoir créer des zombies à partir de cadavres, Tristan peut désormais préparer des corps pour en faire des momies ! Les morts-vivants, c'est méchant !


Craignant que sa couverture en Europe ait été ternie, Nabil décide de rester quelques temps en Égypte, le temps que les choses se tassent. Les PJ quant à eux héritent du grade de chevalier du cimetière, d'un niveau supplémentaire dans un pouvoir ou un talent, et rentrent à la maison des souvenirs plein la tête…
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Altay
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Hors-série n°4 : Savez-vous planter les (blancs) choux ?

Message par Altay »

Hors-série n°4 : Savez-vous planter les (blancs) choux ?

Une partie hors-série, côté Anges, qui s'intéresse aux conséquences de l'opération Nuit Bleue pour les forces angéliques…

Suite à une bagarre ayant dégénéré à coups de pouvoirs et qui a blessé un civil entre des Anges de Laurent, des Anges de Michel et des Anges (musulmans) de Khalid dans un atelier de réparation de motos, les services de Dominique ont lancé une enquête pour savoir qui punir. Salvadore, un grade 2 de Jean-Luc et l'avocate Maître Amaury, grade 2 de Laurent, convoquent une équipe de 3 Anges pour une expérience unique dans l'histoire de la justice angélique. Puisque les services de Dominique mènent une enquête à charge, les Anges devront mener une enquête à décharge afin de chercher, avec bienveillance, les éléments pouvant absoudre les protagonistes de cette sombre affaire.

Nos trois protagonistes du jour sont donc :
  • Calypso, Ange au service de Didier et journaliste pour la radio (incarnée par une invitée),
  • Nicolas, Ange au service de Novalis et botaniste (incarné par le joueur habituel de Tristan),
  • Julie, Ange au service de Jean-Luc et secrétaire de direction/sauveteuse-secouriste du travail (incarnée par le joueur habituel de Hugo).

Bref, une belle brochette de progressistes pour investiguer avec un regard plein d'empathie. Les 8 bagarreurs et bagarreuses sont retenues par Dominique dans les sous-sols de Notre-Dame. Salvadore prend le groupe à parti et leur explique que Jean-Luc veille au bon déroulement de l'enquête et leur accorde le pouvoir de Détection du mensonge jusqu'à la fin de leurs investigations. Les Anges se répartissent les trois groupes pour les interroger séparément :
  • Calypso interroge les Laurent : Yvette Rouleau et Baudoin Jolicœur. Les deux BCBG se sont visiblement pris quelques gnons et leurs costumes de ville ont souffert. Ils affirment être allés rendre visite à leurs camarades de chez Michel pour échanger des tuyaux. Puis les Anges de Khalid sont arrivés, ont accusé les Michel d'avoir incendié une mosquée et ont commencé à les agresser. Ils se sont donc interposés pour prêter main-forte à leurs collègues en danger.
  • Nicolas interroge les Khalid : Zayneb Wurud, Karim Mehari et Alexis Dionne. Le groupe, mené par Zayneb, en a gros sur la patate. Il y a quelques semaines, lors de la fameuse opération Nuit Bleue, le réfectoire de la Grande Mosquée de Paris a pris feu. Les Anges de faction ont nettement entendu des motards de Michel tourner autour du bâtiment et, après une petite enquête, ont retrouvé le garage à motos d'où opère le groupe qui était affecté à leur secteur pendant la nuit du 4 décembre. Zayneb insiste sur l'animosité connue qui existe entre Laurent et Khalid et sous-entend que l'Archange de l'Épée a peut-être tout manigancé pour régler ses comptes en utilisant les Anges de Michel comme intermédiaires. Qui plus est, elle trouve très suspect que, comme par hasard, les Michel en question accueillent des Laurent dans leur atelier. Ils affirment que les Laurent les ont insulté, qu'une torgnole (gentille) est partie mais que les Laurent ont pété les plombs et ont sorti armure corporelle et épée bénie en retour. En insistant un peu (avec Détection du mensonge), Nicolas apprend tout de même que les Khalid ne sont pas parfaitement innocents : ils ont en réalité utilisé des pouvoirs mentaux avant le début de la confrontation, histoire de sonder les pensées des Michel, mais n'ont rien trouvé de probant concernant la mosquée.
  • Julie interroge les Michel : Patrick dit « Tonton », Eddie Krüll et Bernard dit « Le Gros Poulet ». Bas du front et fidèles à leur réputation, ils se content de dire que les Khalid les ont accusé à tort et à travers. Les Laurent se sont interposés, il est possible qu'une insulte raciste aie été prononcée puis les coups de poing dans la gueule ont fusé. La baston a dégénéré quand quelqu'un a utilisé un pouvoir. Pour eux, c'était juste une façon de se défouler et de se vider des mauvaises émotions. Personne ne semblait avoir remarqué qu'il y avait encore un client dans la boutique, qui s'est pris un pain involontaire.

L'incident s'est arrêté quand le patron du restaurant asiatique voisin a appelé la police. La maison poulaga a débarqué, suivie des agents de Notre-Dame qui ont embarqué tout ce beau monde. Les limitations devraient fuser mais la présence des Anges de Khalid (qui ne répondent pas de Notre-Dame mais du conseil musulman) fait que la hiérarchie marche sur des œufs.

Le groupe commence par supposer que le client blessé aurait pu être un Démon (par exemple de Malphas) mais cette théorie est écartée : le pauvre hère est à l'hôpital après son coup sur la tête et les services de Blandine s'occupent de lui laver le cerveau pour qu'il oublie ce qu'il a vu.

Les PJ décident d'aller de réinterroger les Laurent, dont la présence leur paraît suspecte. À coups de Détection du mensonge, ils finissent par obtenir la vérité : le duo a été envoyé par leur supérieur, P'tit Nico, un grade 2 parisien. Celui-ci savait visiblement des Anges de Khalid iraient chercher des poux aux Michel. Ils n'ont rien demandé de plus et supposent que P'tit Nico est sûrement parti à la Grande Mosquée pour passer un savon à ses homologues musulmans.

À la mosquée, le groupe rencontre P'tit Nico et Nabil Moussouf, un Ange musulman d'Eli qui s'occupe de la rénovation du réfectoire touché par les flammes. Les deux hommes semblent se détester mais sont d'accord sur deux points : 1) le départ de l'incendie est surnaturel (pas de combustible sur les lieux et l'incendie n'était pas électrique). 2) le bruit des motos ne prouve rien car lors de la nuit bleue, des Démons ont tué des Michel et volé leurs motos.

La conclusion qui s'impose est que l'incendie est probablement du fait d'un groupe de Démons locaux. P'tit Nico a dans le collimateur depuis plusieurs mois des Démons particulièrement coriaces et bien implantés, liés à de nombreux faits divers (disparition mystérieuse d'un braqueur en plein milieu d'une prison, incendies à droite à gauche, massacre de flics dans une salle de concert lors de la Nuit Bleue, etc.). La hiérarchie souhaite en savoir plus sur leur réseau avant de lancer un grand coup de filet mais leurs fiches de renseignement sont consultables sur le Réticulum (l'intranet angélique) à Notre-Dame. Il encourage les PJ à y jeter un œil car lui doit se rendre à la manifestation de Génération Identitaires et n'a pas le temps d'apprendre aux musulmans comment faire une enquête correcte (oui, c'est un gros raciste).

Par acquis de conscience, les PJ font un tour au Speed Shop, l'atelier de motos des Michel. La boutique est en effet en sale état, il y a des douilles de pompeux sur le sol, un démonte-pneu à moitié plié, la moitié cassée d'une lame de fleuret et autres signes de baston. Rien d'évidemment surnaturel mais une sacrée bagarre tout de même.

De retour à Notre-Dame, les PJ poireautent une bonne heure aux services des renseignements. Quand vient leur tour, l'agent du Réticulum brise leurs espoirs en quelques minutes : les dossiers qu'ils cherchent existent mais ont été caviardés il y a quelques jours. Il les renvoie vers Emina Houfaf, une Ange de Jean, et administratrice du Réticulum qui a effectué les modifications. Seule elle pourra leur dire à la demande de qui elle a classé ces informations. Sauf que, pas d'bol : Emina a été mutée il y a deux semaines et travaille maintenant au services d'Emmanuel. Dégoûtés, les Anges cassent la graine à la cafétéria… avant d'être sonnés par la réception de la cathédrale.

P'tit Nico a en effet appelé Notre-Dame trois heures plus tôt pour prévenir les PJ qu'il était suivi par un punk à crête aux tatouages style tribal, portant un brassard police (mais, étant sous terre, leurs téléphones étaient injoignables…). Il indique avoir un très mauvais pressentiment sur le gaillard. Notre-Dame indique qu'il a demandé une équipe de secours quelques minutes plus tard qui s'est rendu à position mais n'a rien trouvé.

Le groupe se précipite à l'adresse indiquée, un parc au sud-ouest de Paris. Ce dernier est fermé mais ils escaladent la clôture et, avec quelques sandwichs, tentent d'interroger les sans-abris du coin, sans grand succès. Une visite à l'appartement de P'tit Nico ne donne rien : il n'est pas chez lui et les Anges n'osent pas fracturer l'immeuble. Ils vont donc se coucher en envisageant de revenir le lendemain et d'utiliser l'un ou l'autre pouvoir.

Calypso les quitte.

Le lendemain matin, Nicolas utilise le pouvoir d'Électricité pour passer par l'interphone et se matérialiser dans l'appartement de P'tit Nico au 4ème étage… où il tombe nez à nez avec Gros Charlie, le partenaire du Laurent. Un petit tour de l'appartement ne donne pas grand chose. Nicolas et Julie expliquent la situation à Gros Charlie qui décide de mener son enquête de voisinage par lui-même : étant flic, il risque de mieux réussir qu'eux à tirer les vers du nez des voisins.

Julie et Nicolas décident de fait de retourner à Notre-Dame. Emina Houfaf, l'administratrice qui a caviardé les pages du Réticulum, n'est plus rattachée aux services de Jean mais a été mutée quinze jours plus tôt aux services d'Emmanuel. Julie parvient tout de même à la convaincre de lui filer l'info de qui a demandé de classer les infos concernant les Démons de la résistance parisienne. Emina leur apprend qu'il s'agit d'Ignace Blanchoux, un grade 3 d'Ange qui utilise apparemment ces Démons comme informateurs.

Sur le chemin du retour, les deux Anges sont alpagués par Gros Charlie. Le Laurent a interrogé les voisins à propos du punk et a finalement mis la main dessus. Pas dur : le type était prostré sur un banc et bouge à peine. Julie et Nicolas se trouvent donc face à face avec l'assassin supposé dans une geôle de Notre-Dame. Gros Charlie s'éclipse quelques instants pour aller chercher un interrogateur parmi les serviteurs de Joseph, laissant aux deux Anges quelques minutes pour interroger l'homme avant qu'il ne se fasse torturer. Avec patience et empathie, ils découvrent que l'assassin s'est fait manipuler. Il n'avait pas conscience de tuer un Ange et il est encore choqué d'avoir vu P'tit Nico disparaître quand il l'a poignardé. Militant anarcho-pro-palestinien, il pensait tuer un barbouze de la DGSI qui torturait des militants dans les prisons secrètes de l'État français. On lui a fourni un dossier très complet avec photos, habitudes de P'tit Nico, domicile ainsi que deux poignards imbibés de poison et des consignes pour se prémunir des pouvoirs de Détection du danger et d'Armure corporelle de P'tit Nico. Il ignore qui est son commanditaire : le dossier est arrivé chez lui dans sa boîte aux lettres mais il a un burner phone à utiliser pour quand le job est fait.

Après une discussion délicate avec Gros Charlie et l'inquisiteur, Julie obtient 24h de délai avant le début de la torture, le temps de prouver que les éléments donnés par l'homme sont probants. Nicolas utilise le téléphone pour appeller le commanditaire et convient d'un rendez-vous deux heures plus tard dans un square du sud de Paris. Julie prévient Salvatore qui envoie sur place des Anges de Jean-Luc en civil comme protection supplémentaire, tandis que Nicolas se grime en punk et se teint les cheveux pour essayer de donner le change.

Sur place, la couverture de Nicolas est vite éventée mais la commanditaire, une trentenaire aux cheveux blancs éclatants, semble ouverte à la discussion. Le Novalis explique qui il est et la Démone se présente en retour comme œuvrant pour le compte de Dajjâl, le Prince musulman de la Contestation. Elle est curieuse de savoir ce que les Anges lui veulent mais Julie, restée en retrait, voit le laser d'un sniper se balader sur elle. Julie utilise Sacrifice ultime pour encaisser le tir à la place de la Démone. Les Anges de Jean-Luc dissimulés commencent à chercher d'où vient le tir et la Démone fout le camp.

Julie suppose que le tireur était posté sur le toit de l'immeuble en face du square. Elle se précipite avec Nicolas et utilise sa vitesse surnaturelle dans les escaliers tandis que le Novalis prend l'ascenseur. 10 étages plus tard, Julie est sur le toit. Elle ne trouve qu'un fusil de sniper mais repère le tireur au sol qui a visiblement sauté depuis le toit et qui est en train de s'éloigner en direction d'une autre barre d'immeuble. Sachant qu'elle n'a pas le temps de le rattraper, elle empoigne le sniper et lui tire dessus. Mais l'homme semble anticiper son tir, se retourne pour lui faire un doigt d'honneur et disparaît derrière hors de vue un HLM.

Nicolas téléphone à la Démone pour lui proposer un marché et une éventuelle conversion si elle le souhaite. La Démone refuse net mais elle leur révèle qu'elle a organisé le meurtre de P'tit Nico certes par intérêt personnel mais aussi pour renvoyer l'ascenseur à un Ange à qui elle devait un service. Elle est prête à leur révéler le nom de l'Ange en question et son mobile… pour 200 000€. Julie contacte Salvadore, lui expose le problème et le Jean-Luc se procure l'argent. Sur un quai gare du nord, Julie et Nicolas rencontrent de nouveau Cadernis la Démone. Après avoir vérifié la valise de blé, celle-ci dévoile la vérité : c'est Ignace Blanchoux, grade 3 d'Ange qui lui a demandé de se débarasser de P'tit Nico. Ce dernier enquêtait de très près sur des informateurs d'Ignace et risquaient de les mettre en danger. Cerise sur le gâteau, Cadernis leur révèle qu'Ignace couche très probablement avec l'un de ces informateurs…

Les PJ rentrent donc au bercail et informent Salvadore de tout ce qu'ils ont découvert. Celui-ci propose de taire l'implication d'Ignace dans les rapports officiels. Concernant l'enquête, le discours sera : des Démons ont foutu le feu à la mosquée. P'tit Nico les avait retrouvés, une Démone de Dajjal l'a fait assassiner. Mais en sous-main, Salvadore fera remonter à Jean-Luc l'implication d'Ignace, avec l'idée que Ange devrait peut-être recadrer son collaborateur… Enfin, l’assassin ayant désormais connaissance du Grand Jeu, Julie suggère de le remettre à Nabil Moussouf, de la grande mosquée, qui pourra sûrement le remettre dans le droit chemin. Les rapports remis, les enquêteurs à décharge sont remerciés pour leur travail et tout est bien qui finit. Bien ?
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Altay
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Session 34 - Nouveau diet coke : moins de diète, plus de coke

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Session 34 - Nouveau diet coke : moins de diète, plus de coke



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À peine rentré d'Alexandrie, le groupe reçoit un SMS d'Aurélie leur indiquant que l'émissaire de Baal va arriver dans la journée faire sa tournée d'inspection. Après une matinée à glander et à enchaîner les thés au citron, bercés par le train train des transbos de Notre-Dame des PTT, voilà Marie-Jolie (grade 3 de Baal et membre de la fameuse commission d'enquête sur Belial et Crocell) qui débarque dans le CdT. Après une visite du centre et une entrevue avec M. Fabien, elle repart, l'air satisfaite. Les Démons se relâchent un peu et, le chef du centre n'ayant rien à leur confier pour l'instant, repartent vaquer à leurs occupations.

D'un côté, Félix retrouve Ignace au Chez Régis. Leur relation a pris du plomb dans l'aile après la disparition de Marianne, l'Ange d'Emmanuel infiltrée chez Uphir que Félix devait exfiltrer. Après avoir reproché à Félix un égoïsme typiquement démoniaque, Ignace ne peut toutefois pas grand chose devant le charme du grand brun. L'Ange passe l'éponge sur les erreurs du passé et propose une nouvelle fois à Félix de quitter le navire tant qu'il est encore temps et de passer En-Haut. Il sous-entend d'ailleurs qu'une personnalité éminente des Enfers négocie actuellement sa reconversion. Félix pondère la question mais ne parvient pas à se résoudre à une action aussi définitive, qui risquerait de l'obliger à abandonner Luc et Tristan derrière lui.

De l'autre côté, Tristan a repris contact avec Rotka, la Démone de Belial (maintenant de Baal) qui s'occupe du trafic de drogues dans le quartier latin. Cette dernière a en effet de gros problèmes d’approvisionnement : en 1 mois et demi, elle s'est faite dérober 3 cargaisons en provenance de Rotterdam. Cela met en danger son hégémonie sur la capitale et, par effet de rebond, risque de tarir les revenus de Tristan qui écoule sa méthamphétamine via son réseau. Tristan, Luc et Félix acceptent donc de lui filer un coup de main et d'aller escorter son prochain convoi.

Le protocole est simple : les Démons se pointent dans une Z.I. de Rotterdam, planquent la marchandise dans le camion et escortent le chauffeur jusqu'à Paris. À part Tam, la revendeuse nééerlandaise, toute l'organisation est humaine. Mais les trois incidents récents ont échauffé les esprits :

  • La première fois, le chauffeur s'est arrêté pisser sur une aire d'autoroute. À son retour, plus de camion.
  • La seconde fois, Rotka envoie un « accompagnateur » relayer le nouveau chauffeur. Ils passent par les départementales pour être moins faciles à intercepter et se font tout de même coincer sur une petite route par une bagnole qui leur barre la route. Deux types cagoulés descendent, ils perdent connaissance (pouvoir ? gaz neurotoxique ?) et se réveillent ligotés sur le bas côté. Le camion a disparu.
  • Troisième fois, Rotka envoie Sabbath, le gros bras de chez Furfur, assister le chauffeur. Le duo se fait contrôler par les douanes volantes à leur arrivée à Roubaix. Prétextant une anomalie dans le bordereau, les douanes les emmènent au poste. Mais les flics sont des imposteurs : arrivés au comico, on les fait poireauter une heure dans une salle d'attente avant qu'ils ne réalisent qu'ils se sont fait avoir. Le flic de l'accueil ne sait pas de quels douaniers ils parlent et quand ils retournent au péage, rebelote, le camion s'est volatilisé.

Rotka doute qu'il s'agisse d'un concurrent car la came n'a pas été revendue (ou en tout cas, pas en France). Elle pense plutôt que les You-Yous ont ouvert un nouveau front et tentent une guerre d'attrition (elle a perdu 600 000€ en six semaines à cause de ces conneries). Les PJ s'entassent donc avec Archibald et Sabbath, venu en renfort, dans une bagnole direction Rotterdam. Félix cuisine un peu le Furfur durant le trajet mais écarte la possibilité qu'il s'agisse d'une taupe : Rotka le paie bien et il semble plutôt loyal aux idéaux démoniaques.

Arrivés à Rotterdam, les Démons glandouillent en attendant l'heure dite du rendez-vous. À 23h, ils se pointent dans l'entrepôt abandonné précisé par Rotka où ils retrouvent Tam, une Démone de Shaytan qui leur a ramené la marchandise. Le camion est déjà sur les lieux, un semi-remorque Renault qui voyage sous couvert de transport de fournitures professionnelles pour les cabinets médicaux. Après réflexion, le groupe décide de planquer la came (coke et héro, principalement) dans les gros bidons de liquide antiseptique utilisé pour nettoyer l'équipement, avant de les sceller à nouveau. Pendant ce temps là, Luc passe le camion entier au scanner radio et la came au détecteur de métal, cherchant un traqueur GPS ou quoi que ce soit qui permette de les pister. Une fois le taf fait, ils abandonnent Tam et retrouvent à l'entrée de la zone industrielle Arsène, le jeune chauffeur envoyé par Rotka. Par sécurité, seul Félix monte dans le camion : Luc, Tristan et Sabbath suivront le camion quelques minutes plus tard en voiture. Archibald le fantôme est quant à lui relégué à se planquer dans la remorque, au milieu des palettes, avec l'instruction de prévenir si quoi que ce soit d'anormal se passe.

Félix retrouve donc seul le routier, à la bonne bouille de Paul Walker francilien, qui lui donne le bon mot de passe et roule ma poule. Arsène et l'Asmodée se mettent en route et taillent le bout de gras tandis que le break familial de Tristan suit un kilomètre derrière. Les premières heures se passent sans encombre, la radio néerlandaise berce conducteurs et passagers des deux véhicules. Vers 3h30 du matin alors qu'ils passent Gand, en Belgique, Arsène décide de faire une pause sur la route pour aller pisser un coup. Les autres suivent derrière et se garent à proximité du camion sur l'aire d'autoroute. Félix décide de rester dans le camion tandis qu'Arsène se dirige vers la station-essence.

Quelques minutes plus tard, Archibald envoie un message piètrement écrit PpoR"te que Félix finit par déchiffrer comme signifiant "Porte". Et effectivement, depuis sa voiture, Tristan remarque que le loquet de la remorque est défait que la porte est branlante. Un éclair déchire le ciel et, l'œil guidé par la volonté de Samael (666 !) , Tristan distingue juste à l'arrière du camion un type tout nu, qui ressemble franchement à Arsène, en train d'utiliser un pouvoir de Caméléon pour se fondre dans le décor et ouvrir discrètement la porte du camion. Le Bifrons met le contact et traverse le parking à fond les ballons pour tenter d'écraser l'insolent monte-en-l'air, qui se jette avec prestance derrière un platane.

Luc, Tristan et Sabbath descendent de la bagnole et s'apprêtent à la baston. Arsène utilise son pouvoir de Charme et ordonne à Félix de commencer à décharger la came. Il évite comme une fleur les jets de glace et de hachette des Démons, dansant au milieu des ombres, ce qui énerve passablement les bourrins. Pris en tenaille entre Luc, Tristan et Sabbath, il lance un pouvoir de Sommeil bien gratiné (111 !) qui endort tout le monde, à l'exception de Luc. Un bref combat s'engage mais Arsène a plus d'un tour dans son sac : il utilise un pouvoir de Calme pour stopper les intentions belliqueuses de l'ex-Crocell. Le voleur s'excuse et lui assure qu'il ne faut pas prendre ça personnellement : il aimerait juste dérober leur cargaison. Luc n'est tout de même pas bien jouasse, et après un triste soupir, Arsène le Charme à son tour pour qu'il l'aide à sortir la came. Pris par le temps (ses pouvoirs ne durent que quelques minutes), le voleur pique en priorité les sacs de coke. Comme il est à oualpé, Arsène pique le blouson de cuir de Félix , en fait un petit baluchon et disparaît dans l'ombre en ricanant avec ses 12kg de cocaïne. Luc entend une voiture quitter les lieux avant de reprendre possession de ses moyens. Il réveille ses petits copains qui à leur tour ne sont pas hyper ravis de se faire dévaliser ainsi.

Félix s'exclame que son téléphone était dans sa veste et qu'il peut donc suivre Arsène à la trace. Mais cette petite lueur d'espoir est vide éteinte : les PJ retrouvent le blouson et le téléphone 15 kilomètres plus loin, balancés sans ménage sur la bande d'arrêt d'urgence. Luc a toutefois l'idée de regarder les caméras de surveillance de l'aire d'autoroute. Un petit coup de hacking et plus tard et bingo : Arsène et sa complice, une bimbo blonde, ont pris la fuite à bord d'une Porsche grise. Ces informations en poche, les Démons décident de sécuriser ce qu'il reste de la cargaison et de retourner à Paris, espérant pouvoir retrouver Arsène d'une autre façon…

Spoiler:
Alors, costaud le Arsène ? Oh oui ! Arsène n'est nul autre que Janus/Valefor. Il a eu beaucoup de bol : il ne s'attendait pas à ce que les renforts débarquent et espérait pouvoir se débarrasser tranquillement de Félix. S'il n'avait pas fait de 111 sur son jet de sommeil, il aurait probablement fallu qu'il décanille la queue entre les jambes.

Qu'est-ce que le Prince des Voleurs vient faire dans une sordide affaire de vol de drogues ? Et bien il vient rendre à un service à un de ses potes, concurrent direct de Rotka. La suite au prochain épisode…
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Altay
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Session 35 - Nouveau diet coke : moins de diète, plus de coke (suite et fin)

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Session 35 - Nouveau diet coke : moins de diète, plus de coke (suite et fin)

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Le groupe rentre à Paris pour décharger ce qu'il leur reste de marchandises auprès de Rotka. La Belial est d'humeur massacrante mais elle pense savoir qui est la taupe : puisque le chauffeur leur a fait défaut, c'est sûrement le transporteur qui est en cause. Après tout, c'est le seul à part les Démons à connaître les horaires de livraison. Voilà donc les PJ sur la piste de Jean-Yves Moriera, patron de MORIERA TRANSPORT, petite PME de fret routier basée à Saint-Martin du Var, à quelques kilomètres de Nice.

À peine le temps de se laver que les Démons embarquent à Orly, direction l'aéroport Nice-Côte d'Azur. Ne perdant pas de temps, l'équipe d'intervention se présente aux entrepôts Moriera en début d'après-midi. Baratinant une histoire sans queue ni tête de startupeurs en quête d'un contrat cadre auprès d'une entreprise des transports, ils finissent par convaincre le quinquagénaire déboussolé qui gère l'accueil de les laisser rencontrer le patron. Tristan et Luc commencent à tirer les vers du nez de Jean-Yves. Le boss commence par se rebiffer mais la menace que représente les Démons finit par l'emporter.

Pendant ce temps, Félix tente de pirater le réseau d'entreprise en pianotant sur son téléphone. Pas de bol, c'est l'inverse qui semble se produire (111 !). Son smartphone brille soudainement de mille feux et la voix d'Arsène retentit dans le combiné : « Mais arrêtez donc d'embêter ce pauvre gars… Lâchez nous la grappe, j'ai vos signalements les loulous et si vous m'emmerdez trop, je les ferai circuler là où il faut ». Félix tente de garder son impassibilité le temps que les autres en terminent avec Jean-Yves.

Ledit Jean-Yves lâche donc contraint et forcé quelques infos. Arsène n'est pas un de ses employés mais lui a été « imposé » par des commanditaires anonymes. Ces derniers lui ont versé 200 000€ d'accompte pour compenser la perte de ses camions, avec la promesse d'un business juteux s'il participait au sabotage de l'opération de Rotka. En bon homme d'affaires avisé, Jean-Yves a dit oui. Il promet au groupe de reverser ce qu'il lui reste de l'accompte (70000€) à Rotka. Si toutes les communications se sont faites anonymement via une messagerie sécurisée, il a reçu l'argent via ABC Caraïbes, une société de croisières niçoise. Ces informations en poche, les PJ sont satisfaits et laissent le transporteur tranquille.

Spoiler:
Jean-Yves les a (un peu) niqué. Il a reçu non pas 200 000€ mais plus d'un million d'euros pour le sabotage. Même en prenant compte le fait que trois de ses camions se soient envolés, il émarge avec un bénéfice net de plus de 600 000€ dans la popoche.

Mais il n'aura pas beaucoup de temps pour en profiter : une fois mise au courant, Rotka ne va pas attendre longtemps avant de venir lui faire sa fête.

À peine sorti de l'entrepôt, Félix explique l'étrange coup de fil qu'il a reçu à ses comparses et balance son téléphone de la nature avant d'aller en racheter un nouveau à Nice. Félix appelle Ignace pour savoir s'il connaît Arsène ou s'il a eu vent d'une attaque envers les Démons. L'Ange n'en sait pas plus qu'eux mais est très inquiet que Félix pose ce genre de questions (cf. hors-série n°4 sur les raisons de cette inquiétude…). Les Démons font fi des avertissements d'Arsène et enquêtent sur ABC Caraïbes, qui a une agence dans le Vieux Nice, juste en face d'un restaurant où de vieux retraités bronzés prennent le digestif. Tandis que Tristan joue les touristes intéressés, Félix extrait la liste des employés du réseau informatique et constate que la boîte est une véritable société écran qui tourne à coups de prestataires et d'intérimaires. La société appartinent à Ferdinando Colloni, domicilié en Colombie. Mise au parfum, Rotka les informe que Colloni est un gros producteur, à la tête d'un cartel sud-américain. S'il tente de s'étendre en France, cela expliquerait pourquoi il sabote le réseau de drogues parisien déjà établi et d'où vient la came à pas cher qui a envahi le marché il y a six mois.

Félix et Luc se rendent à un cybermarché pour fabriquer une fausse carte de visite au nom de Jean-Michel Nisroch, avec l'idée de se faire passer pour des émissaires de feu le Prince des Drogues et voir ce qu'il en ressort. Pendant ce temps, Tristan s'installe à la terrasse du restaurant et planque devant l'agence. Il remarque en fin d'après-midi une jeune et belle femme blonde entrer chez ABC Caraïbes et en ressortir avec des billets. En dépit de ses lunettes et son châle, le Bifrons reconnaît la complice d'Arsène, filmée par les caméras de l'aire d'autoroute. Tristan décide donc de l'aborder en pleine rue. Il joue franc-jeu et lui demande d'organiser un rendez-vous avec Colloni afin de lui proposer une collaboration entre son organisation et celle de Rotka. La blondinette est fort désolée mais lui rétorque de Colloni se fout bien de leurs affaires et qu'ils devraient changer de business tant qu'il est encore temps.

L'approche subtile ayant échoué, Luc se polymorphe et se fait passer pour un détective de la brigade des stups et dépose à sa carte de visite (au nom de Nisroch, donc) à la malheureuse vendeuse d'ABC Caraïbes qui n'en demandait pas tant. Le coup étant donné dans la fourmilière, les Démons zonent dans Nice en attendant un coup de fil. La blonde les rappelle, mi-agacée, mi-amusée par leurs pitreries. Luc insiste sur la possibilité d'une collaboration, faisant valoir que Colloni a tout à y gagner de s'associer avec Rotka, qui possède un réseau de distribution sacrément bien implenté. À l'usure, les arguments du Malphas finissent par faire mouche et leur interlocutrice les invite à une soirée organisée par Colloni dans une villa du cap de Nice.

Les Démons achètent une bouteille de champagne et se rendent à la villa où ils sont accueillis par deux videuses en toge bleu marine. À l'intérieur, la fête bat son plein : musique techno, call-girls et boys en maillot de bain, piscine chauffée, petits fours, coke, buvards et près d'une centaine de jeunes gens belles et beaux en polo Lacoste, pantalon chino et robes de soirée. Les Démons font grave tache mais ne se démontent pas. Ils finissent par apercevoir Arsène, debout sur une table basse, en string de bain, en train d'amuser les convives d'une de ses anecdotes. La blonde, accoudée au bar, leur fait signe.

Elle se présente sous le nom de Paola et leur offre cocktails, petits fours et drogues. Les Démons consomment (de tout) et de fil en aiguille, une discussion amicale s'installe. Paola finit par lâcher qu'Arsène est « son patron », c'est-à-dire Valefor, le Prince des Voleurs. Le groupe est outré, ne comprenant pas pourquoi Valefor viendrait s'attaquer à d'autres Démons mais Paola réplique que ce n'est pas personnel : il rend simplement un service à son ami Ferdinando. Tristan, réalisant que la décoration lui file des vibes bien gréco-romaines, commence à réaliser que le groupe vient probablement de mettre le pied par inadvertance dans un bastion de la troisième force. Valefor rejoint alors la fine équipe, toujours en string de bain.

Valefor s'excuse de la situation et confirme les soupçons des PJ : Colloni n'est autre que Dionysos, le dieu du vin. Il les présente ainsi à un petit homme en sandales, short et chemisette pourpre, à l'apparence tout à fait banale, assis sur un fauteil de marbre qui surplombe la piscine. Dionysos et Valefor ne sont pas très emballés, le Prince des Voleurs sous-entendant très fortement que, vu ce que savent désormais les Démons, il ne peut pas trop les laisser aller baver à n'importe qui ses collusions avec la troisième force. Tristan bafouille quelques mots, Félix guette frénétiquement une opportunité de fuite mais Luc ne se démonte pas et tente de négocier avec le dieu de la fiesta. Dionysos est initialement très peu intéressé par un accord mais l'éloquence du Malphas finit par mettre sur la table un compromis : Rotka distribue la drogue de Dionysos et seulement celle-là. En échange, elle conserve son réseau et 20% des bénéfices.

Les Démons ne sont pas hyper enjaillés par ce deal : si Rotka n'a plus le droit de se fournir ailleurs que chez Dionysos, alors le labo d'amphétamines de Tristan peut mettre la clé sous la porte. Félix et Luc tentent de faire valoir qu'ils ont tout de même un super produit et que le dieu aurait tout intérêt à se diversifier au-delà de la coke et de l'héroïne. Dionysos conserve donc les échantillons que Tristan transporte sur lui, avec la promesse de les faire analyser par ses chimistes, qui décideront s'il est intéressé ou pas. Le Bifrons n'est pas hyper jouasse à l'idée de céder sa production mais le deal est ferme et c'est leur vie qui est en jeu. Dionysos congédie les Démons qui s'éloignent la piscine, heureux d'être en vie mais pessimistes pour leur avenir. Valefor semble ravi qu'une solution pacifique ait été trouvée. Le Prince des Voleurs fouille son slip de bain et rend à Tristan sa pochette de pilules avec un clin d'œil avant de retrouver ses amis fêtards.

Luc et Félix restent quelques temps profiter de la soirée, ne partant que lorsqu'elle commence à déraper en orgie. Tristan de son côté rentre à pied, morose, en réfléchissant aux suites à donner à cette affaire.

Spoiler:
Les PJ n'ont donc pas eu complètement le fin mot de l'histoire : si Valefor file un coup de main à Dionysos, ce n'est pas seulement par bonté d'âme. Le Prince des Voleurs (qui, pour ceux qui l'ignorent, est aussi l'Archange des Vents !) a bien envie de mettre de la troisième force dans les Enfers. Nisroch, le Prince tutélaire des Drogues, ayant disparu il y a plus de 20 ans, en aidant Dionysos à bâtir son hégémonie, il espère pouvoir ensuite soutenir sa candidature comme Prince-Démon.

Les Démons ont donc deux options devant eux :
  • Dénoncer Valefor. Le Prince devra renier son alliance avec le dieu grec et Rotka pourra reconstruire son trafic en toute indépendance (voire mieux, si Dionysos est obligé de céder du terrain). Inconvénient : se faire de Valefor et de Dionysos des ennemis mortels, ce que les PJ commencent à accumuler.
  • Collaborer avec Dionysos. Tristan étant un chimiste de génie, ses pilules devraient plaire au dieu et le pognon couler à flots. Inconvénient : Rotka risque de très mal le prendre et cela signifie collaborer avec la troisième force, ce qui constituerait une nouvelle violation significative aux principes des forces du Mal.

Les joueurs semblent plutôt s'orienter sur l'option 2 pour l'instant.
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Re: [CR][INS/MV] Fire & Ice - la campagne

Message par Altay »

Et je ne résiste pas à vous mettre cette formidable illustration de Dionysos/Bacchus dont j'ignore l'auteur/autrice mais qui est franchement pile poil ce que je voulais :
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Session 36 - Jouer Comporte des Risques : Endettement, Isolement, Dépendance

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Session 36 - Jouer Comporte des Risques : Endettement, Isolement, Dépendance

Interlude

Après avoir pondéré la situation avec Dionysos, l'équipe décide d'accepter le deal du dieu grec. Rotka est bien entendu furieuse mais après quelques jours de rage finit par accepter les conditions défavorables du nouvel accord (80% pour Dionysos, 20% pour elle pour la distribution). Elle tient toutefois les PJ pour responsables de la débâcle.

Tristan s'apprête à fermer boutique quand les Démons eux ont une plutôt bonne surprise : Paola les informe que Dionysos a a-do-ré les pilules magiques de Tristan. Il veut faire du Bifrons son fournisseur officiel d'amphétamines pour la France et passe une première commande pour un montant de 300 000€. Le problème, c'est que pour assurer la production en quantités si importantes, Tristan va devoir dédier son laboratoire à ces activités (et donc ne pas honorer ses commandes légales). Avec l'aide de Luc, il sabote volontairement la chaîne de production et met ses employés quelques semaines au chômage technique, prétextant des travaux de maintenance. En parallèle, Félix commande du nouveau matos plus performant et cherche parmi les chômeurs désespérés de Pôle Emploi (en privilégiant les migrants sans papiers) des chimistes pas trop regardants qui pourraient renforcer l'équipe. Le trio finit par recruter Bassem, un père de famille et réfugié syrien. Ingénieur chimiste de formation, il ferme les yeux sur ce que le groupe produit en échange du salaire mirobolant offert Tristan.

Les Démons sont donc bien occupés à bosser jour et nuit pour honorer les commandes de Dionysos, avoir l'espoir de ne pas trop attirer l'attention des autorités infernales sur leur commanditaire. Pour les prochaines semaines, leur plan consiste à rénover le laboratoire avec l'accompte versé par Dionysos et recruter d'autres chimistes parmi les étudiant⋅e⋅s de la région de parisienne.

En parallèle, Tristan s'est enfin procuré un camion de vivres alimentaires secs demandé par Sabine (cf. intermission de la session 23), qu'il planque dans un parking de location en banlieue, en attendant de poursuivre son infiltration du milieu de la sorcellerie.
Fin de l'interlude.


Alors que Tristan, Luc et Félix sont en pleine surveillance d'un nouveau batch de meth, Aurélie leur demande se pointer fissa au Centre de Tri (« on a du courrier pour vous les cocos [emoji noix de coco] »). Les Démons quittent donc le labo sans fenêtre et sont éblouis par les premières embellies du mois de mars. Au CdT, la secrétaire de direction leur remet un pli contenant une liste d'instructions et un ticket à gratter Cash Illiko :
  • 1. Se procurer des serre-flex, des cagoules et trois dés à six faces,
  • 2. Louer une camionnette dans une des six agences de location listées ci-dessous (tirer au hasard avec un dé),
  • 3. Se garer dans une des rues jouxtant la faculté d'histoire de la Sorbonne (tirer au hasard avec un dé dans la liste ci-dessous),
  • 4. Appeler le numéro d'information pour les jeux d'argent et demander Marion en démoniaque. Donner le code écrit à l'arrière du ticket Cash Illiko.
  • 5. Attendre les instructions.

Sans surprise, la mission vient tout droit des services d'Asmodée et elle est plutôt urgente : le messager a demandé que les Démons soient en place avant 17h. Les PJ quittent donc la molle agitation des trieuses de courrier. Félix passe au centre commercial se procurer le matériel, Tristan loue la camionnette et les Démons se rendent dans le quartier de la faculté d'histoire. Pas de bol, en arrivant sur place, ils constatent que le quartier est bouclé par la police pour cause de visite ministérielle. Félix parvient à bluffer une motarde, prétextant une vague histoire de déménagement, et on les laisse s'engager dans une des rues adjacentes à l'université.

Garés à la va-vite sur une descente de garage, les Démons composent le numéro Jeux Info Service et demandent Marion, en démoniaque. La tonalité change et une voix leur demande le numéro de code barres de leur ticket Illiko, puis de gratter le ticket et d'indiquer leurs gains. Le groupe gagne 5€ et on leur indique qu'ils constituent l'équipe "Full numéro 4". Après une petite demi-heure en attente, Marion les reprend et les six équipes connectées au standard téléphonique se lance dans une partie de 421 (attention, sans tricher !). Les PJ remportent la partie. Marion remercie donc les cinq autres Full, qui se déconnectent. Une fois seule avec l'équipe d'intervention, elle leur transmet les instructions : kidnapper (vivant) Jean-Pascal Diouf, professeur du fait religieux africain précolonial et grade 2 de Yves. Luc reçoit la photo de la cible par téléphone, Marion leur souhaite bonne chance et leur précise qu'ils feraient mieux de ne pas traîner : elle estime à environ 2 heures le temps qu'ils ont avant que des renforts angéliques ne débarquent sur leur position.

Spoiler:
Les plus perspicaces auront reconnu ici le fonctionnement des Full d'Asmodée. Le Prince du Jeu a en effet élaboré une petite stratégie pour lutter contre Yves, son ennemi juré de l'autre côté du Grand Jeu. Ce dernier étant omniscient, comment le prendre de court ? En ajoutant du hasard, pardi. Asmodée organise donc 6 missions en simultanée. Mais les forces d'élite de Yves (les Tierces) ne peuvent pas être partout à la fois. Une fois les équipes en place, une partie de 421 permet de décider quelle mission et quelle Full (le nom qu'Asmodée donne à ses équipes) va agir. Comme il s'agit d'un jeu de hasard, ce n'est qu'à l'issue de la partie que Yves sait où un incident va avoir lieu. Le temps d'envoyer une Tierce sur les lieux, il est fort possible qu'il soit déjà trop tard…

Le secteur regorgeant de flics, l'équipe décide de prendre son mal en patience. La ministre finit par quitter les lieux avec une partie de la maréchaussée et vers 18h, Jean-Pascal pointe enfin le bout de son nez. Félix se lance dans une filature avec Tristan et Luc qui suivent un peu loin en camionnette. Malheureusement, la rue n'est pas vraiment déserte (quelques passants et une poignée de flics qui déplacent les barrières) et surtout Jean-Pascal est accompagné d'un collègue qui marche avec lui en direction du métro. La filature se poursuit sur quelques centaines de mètres avant que Jean-Pascal et son collègue se séparent.

Les Démons décident d'agir rapidement. La camionnette remonte à un croisement avec dans l'idée de simuler un accident de voiture entre Félix et le véhicule, de sorte à attirer l'attention de Jean-Pascal et miser sur son instinct de béni-oui-oui pour qu'il s'approche de l'Asmodée « renversé ». Le plan marche un peu trop bien que prévu : Tristan s'emmêle dans les pédales (111) et percute réellement Félix qui se retrouve projeté trois mètres plus loin sur le bitume, bien sonné comme il faut et le visage en sang. L'effet escompté est néanmoins atteint : Jean-Pascal se retourne et s'approche, inquiet. Mais la force de l'impact a aussi alerté un des flics en faction 50 mètres plus loin qui enfourche sa moto et commence à remonter la rue.

Les PJ agissent donc dans la précipitation la plus totale. Luc enfile sa cagoule et se jette sur l'Ange, luttant pour l'enfermer dans la camionnette. Tristan ne parvient pas à l'endormir (sans surprise, Jean-Pascal est assez fort pour résister aux pouvoirs mentaux) et c'est même Luc qui se retrouve étalé par terre dans un profond sommeil. Félix, qui se remet douloureusement de sa rencontre avec le capot de la camionnette, parvient à paralyser l'Ange et s'enferme avec lui à l'arrière du véhicule avant de lui passer des menottes en plastique et de lui faire avaler une pilule somnifère. Voyant le flic s'approcher, Tristan renverse une poubelle.

Le motard s'arrête à côté du Bifrons qui se répand en excuses, lui faisant croire qu'il a malencontreusement renversé une poubelle qui était sur le côté de la route. Le flic semble gober le pipeau mais est plutôt interloqué par Luc, que tout le monde a oublié, et qui est toujours étendu sur le trottoir. Le condé porte la main à son talkie-walkie mais Tristan l'endort avant qu'il puisse appeler des renforts. Une fois le flic dans les vapes, le Bifrons réveille Luc à coups de poing (suffisamment fort pour lui faire infliger des dégâts et pouvoir l'extirper du pouvoir Sommeil). Le Malphas finit par émerger après quelques coups bien sentis.

Dans la camionnette, Jean-Pascal se réveille et utilise un pouvoir de peur sur Félix, qui déboule de la camionnette en hurlant, avant de prendre ses jambes à son cou. L'Anges, qui s'est défait de ses liens, ressort par la porte latérale mais il est intercepté par Tristan et Luc qui parviennent cette fois-ci à l'endormir pour de bon. Les deux larrons remontent dans la camionnette : le Malphas attache Jean-Pascal avec une dizaine de serre-flex tandis que le Bifrons essaie de rattraper Félix, toujours en pleine peur panique au milieu des habitants interloqués du 13e arrondissement. L'effet du pouvoir s'estompant, l'Asmodée grimpe en voiture et rappelle Jeux Infos Service pour prévenir Marion que le colis est empaqueté et prêt à être livré.

Finalement, l'équipe d'intervention retrouve Marion (incarnée dans une présentatrice du loto) et Asmodée en personne au quatrième sous-sol du siège de la Française des Jeux, sur les bords de Seine à quelques pas de la porte de Saint-Cloud. Les PJ semblant curieux du devenir de l'Ange, Asmodée leur propose de parier mais la mise (un pouvoir) est un peu trop haute au goût des Démons. Ils se contentent donc de remonter à la surface, accompagnés par Marion. Celle-ci n'a pas vraiment d'explications à leur donner, seulement des suppositions : la rumeur dit qu'Asmodée cherche à retrouver Satan. Yves étant omniscient, l'Archange sait forcément où il se trouve. Peut-être que le Prince du Jeu espère pouvoir marchander cette information s'il kidnappe suffisamment de serviteurs d'Yves…

Spoiler:
Et c'est quasiment ça. Asmodée est à la recherche de Samaël, qu'il espère pouvoir convaincre de reprendre le trône. En bon garant du Grand Jeu, il pense que Yves est d'accord et qu'il pourrait donc lui indiquer où Lucifer se trouve. Asmodée a commencé par aller voir Kronos, le frère d'Yves, mais ce dernier est en pleine déprime et refuse de voir qui que ce soit.

Le Prince du Jeu s'est donc mis en tête qu'il doit rencontrer Yves en personne pour tenter de sauver le Grand Jeu. En kidnappant un serviteur de l'Archange, il espère pouvoir établir le contact. À défaut, Asmodée imagine utiliser l'Ange pour tenter le bon vieux coup de la bibliothèque. En effet, toutes les bibliothèques du monde sont connectées à la bibliothèque personnelle d'Yves au Paradis. Mais seul un esprit pur permet réellement d'y accéder. Le Prince du Jeu a déjà tenté le coup il y a quelques années avec un enfant et a failli réussir. Alors avec un Ange d'Yves, ça devrait être du gâteau.

Forts de leur succès vite fait bien fait, les PJ retournent au Centre de Tri où ils croisent Gilbert et M. Fabien qui se dirigent Chez Régis pour boire une mousse. Au bar, c'est Noël ! Et oui, l'anniversaire de Jésus est le 4 mars et l'ambiance est à la paix et au partage, même si le contexte fait que les clients ne sont pas aussi nombreux que d'habitudes… Après avoir discuté un peu et profité des bières de Noël, Félix demande discrètement à Jésus si Ignace est là. Le fils de Dieu, un peu pompette, lui dit qu'il ne faut pas s'inquiéter et que son petit copain va venir, parole de fils, de père et de Saint-Esprit. D'ailleurs, il fait un miracle et paf, Ignace entre justement dans le bar, sous les yeux ébahis de M. Fabien, Gilbert et la petite coterie. Félix tente maladroitement de noyer le poisson et les discussions reprennent l'air de rien.

M. Fabien finit par retrouver dans le bar Niel, un vieil ami à lui et Ange de Blandine. Il explique aux Démons que Niel a une anecdote incroyable à leur raconter. En effet, alors qu'il était en mission à Biarritz, Niel affirme avoir vu l'Archange Gabriel en personne avec son épée de feu sur une plage déserte. En le décrivant, le groupe a un doute et montre à Niel la photo de Gabriel Luminor, l'insaisissable voisin de Conrad Sèchepine (cf. session 4). Bingo ! M. Fabien jubile : Conrad n'est pas si fou finalement et les PJ sont passés à deux doigts d'attraper Gabriel. Il n'y a toutefois pas grand chose à tirer de cette information pour le moment. L'Archange avait disparu depuis un bail (et il est d'ailleurs pourchassé depuis 1300 ans par Laurent) et s'il sort de sa retraite, c'est qu'il a probablement une idée en tête. Mais de là à savoir laquelle… Niel finit par quitter le groupe et quelques bières et petits gâteaux en pain d'épice plus tard, M. Fabien, Gilbert et les PJ mettent également les voiles.

Les Démons s'engouffrent donc par la porte à la suite de leurs collègues pour retrouver la banlieue parisienne, ressentent le petit crépitement habituel lorsque l'on change de Marche mais se retrouvent… les pieds dans la neige. Le trio est sous un ciel étoilé particulièrement pur, au milieu d'une forêt de pin recouvert d'un épais manteau blanc. En voilà une drôle de gueule de bois qui commence…

Spoiler:
M. Fabien/Beleth a joué un sale petit tour aux PJ. Gabriel est de retour, ça c'est vrai. Mais il n'est pas à Biarritz. Gabriel est (un peu comme Asmodée en fait), à la recherche de l'Archange Yves. Pour rencontrer l'Archange, Gabriel a décidé de passer par la Marche des Rêves et Cauchemars (la MRC), sur laquelle règnent Beleth et Blandine. Bien sûr, Beleth s'en est rendu compte. Et il se doute que le retour de Gabriel a quelque à voir avec la démission de Satan et le chaos ambiant.

Alors plutôt que de se salir les mains en personne, le Prince des Cauchemars a subtilement fait « chuter » les PJ au moment de passer de la marche qui abrite Chez Régis à la marche terrestre. Les voilà donc dans la MRC. Et grâce à la petite histoire inventée par Niel (pas du tout un Ange de Blandine mais bel et bien un pur Démon de Beleth), leur subconscient a encore l'image de Gabriel plein la tête… Cette subtile inception devrait donc aisément les guider dans la MRC et, qui sait, peut-être en apprendront-ils ainsi un peu plus sur la situation de l'Archange du Feu.
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Altay
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Session 37 - La Bibliothèque du Marchand de Sable

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Session 37 - La Bibliothèque du Marchand de Sable



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Spoiler:
On raccroche à partir d'ici avec la trame officielle. Je ne suis pas très fan de ce scénario qui est très dirigiste. J'ai raccourci les péripéties et accéléré le rythme de sorte à le prendre plus proche du rêve fiévreux que de la paisible promenade onirique.

Encore alcoolisés de leur passage Chez Régis, les Démons viennent donc de se retrouver les deux pieds dans la neige sur un petit chemin étroit au milieu d'une impressionnante forêt de pins. Au loin, quelques loupiottes clignotantes leur font miroiter la possibilité d'un village. Sans trop savoir comment ils sont arrivés là, les rougeauds décident de descendre le sentier en direction des petites masures en bois. Alors qu'ils débattent de l'endroit où ils se trouvent (Luc suggère que Chez Régis les a expédié en Laponie, Tristan est persuadé d'être dans la matrice et Félix pense être dans une autre Marche), un traîneau volant tiré par quatre rennes passe dans le ciel. Ho, ho, ho !

En arrivant au village, les PJ sont accueillis par une odeur sucrée, mélange de barbapapa et de caramel mou. Les autochtones les saluent avec bonhommie, mélange de gros costauds et petits joufflus en salopettes vertes et rouge. Le groupe a peine le temps de mettre les pieds dans les rues illuminées et enguirlandées du bourg qu'on leur propose qui des sucres d'orge, qui de la tarte pomme et du chocolat chaud. Les Démons se montrent plutôt bougon, d'autant que toutes leurs questions finissent invariablement par : « Mais non gros béta, nous sommes au Pays du Toujours-Noël ! ».

Le groupe prend son mal en patience (certains avec plus de difficulté que d'autres) et rencontrent un Père Noël tout de vert vêtu qui distribue des joujous de sa hotte aux enfants qui s'approchent de lui. Luc, qui lui demande une hache de bataille maudite, reçoit un équipement de viking en bois et Tristan et Félix tentent d'extirper du bonhomme des informations. L'atmosphère douceureuse et la naïveté enthousiaste des habitants du coin leur tape sévèrement sur le système mais en dépit de leur mauvaise humeur, le Père Noël (qui semble n'être qu'un Père Noël parmi d'autres) ne se laisse pas abattre. Avec enthousiasme, il leur suggère de rendre visite à l'aveugle du clocher, le vieux Niels, avant de leur souhaiter joyeux Noël et d'être interrompu par une demi-douzaine de marmots.

Les Démons attrapent un elfe de passage pour savoir où trouver le clocher et on les envoie vers une tour de bois où une gigantesque cloche en chocolat est suspendue. Après s'être arrêtés, le temps que Félix boive son vin chaud à la canelle, le groupe traverse la place sous une musique d'orgue de Barbarie et de chœurs de Noël puis grimpent les 600 marches de la tour. Là, un homme en veston de cuir rembourré et aux lunettes opaques en bois ressemblant à une version plus âgée de Nielle, l'Ange de Blandine du bar, les reçoit. Avec la sympathie propre aux habitants des lieux, il propose aux PJ une tisane, une soupe, un gâteau ou même un bisou.

Après quelques explications, Niels se révèle être un Démon de Beleth en charge de la surveillance de la Marche des Rêves et des Cauchemars, monde parallèle et onirique accessible uniquement en rêvant, où les PJ semblent avoir débarqué par inadvertance. Il nie avoir un quelconque rapport avec Nielle, l'Ange rencontré Chez Régis, mais répond volontiers aux questions des trois voyageurs égarés. Les Démons sont sûrs de ne pas rêver et pensent donc avoir raté une Marche en sortant de Chez Régis : au lieu de se retrouver sur Terre, ils sont arrivés dans la MRC. Niels leur recommande donc de ne pas mourir (mourir dans un rêve permet de se réveiller mais si les PJ ne rêvent pas…) et surtout de suivre le fil de l'histoire. En effet, la MRC s'inspire du subconscient de ceux qui s'y trouvent et le moyen le plus simple d'en sortir est de mener l'arc narratif du rêve à sa fin.

Les Démons, déjà bien frustrés d'être bloqués ici, proposent des idées plus ou moins violentes (égorger tous les elfes, tuer le Père Noël) mais Niels les prie d'éviter de mettre trop le souk dans ses affaires, puisqu'après tout il vit ici 20 heures par jour. Gédéon, un petit elfe rondouillard interrompt la conversation car il a un superbe dessin à montrer à Niels (qui, rappelons-le, est toujours aussi aveugle). Tristan se propose pour décrire le dessin et y reconnaît, dessiné à gros traits, un grand blond barbu, que Gédéon appelle « Le Grand Blond », un voyageur passé par Toujours-Noël il y a quelques jours en faisant, semble-t-il, grande impression. Le groupe bondit sur son siège et fait le lien avec l'Archange Gabriel. Toujours selon l'elfe, le Grand Blond était à la recherche d'un ami à lui, un vieux monsieur aux cheveux blancs avec des lunettes, toujours le nez dans un livre. Mais quand il a appris qu'il n'y avait pas de livres à Toujours-Noël, il est parti par la forêt.

Les PJ s'enquièrent auprès de Niels pour savoir comment quitter l'endroit. Le Beleth leur liste quelques issues possibles à l'univers de poche du Toujours-Noël. Les Démons décident d'éviter la forêt (à cause des loups), hésitent à se rendre au Cratère Lunaire de Fromage et se rendent finalement, guidés par Gédéon, au Puits Glacé. Tristan profite du voyage pour remarquer que les enfants du coin semblent « décalés » par rapport à la réalité et en déduit qu'il s'agit de rêveurs. Surjouant l'enthousiasme naïf, il prend donc à partie quelques dormeurs pour leur offrir des pilules avec l'espoir que les bambins conserveront ce souvenir positif des drogues bien au chaud dans leur subconscient. Félix de son côté tente de briser la naïveté de Gédéon en lui parlant du travail à la chaîne des enfants et de syndicalisme. Les deux Démons ressentent toutefois un léger malaise et décident de se taire le restant du trajet.

Spoiler:
Rien de magique, simplement les remords de souiller un endroit aussi gentil qui leur est remonté doucement dans la gorge.

Arrivés au Puits, les PJ se jettent dedans en pensant très fort au Grand Blond. Ils tombent un mètre plus bas dans ce qui ressemble à des égoûts. En émergeant, ils débarquent dans tentaculaire ville aux allures cyberpunk où tout semble appartenir à la même mégacorporation : W.I.P. Changement radical de décor, alors que les PJ errent dans un mélange de cyberautoroutes, de cyberbouges mal famés et de cyberdealers qui leur propose le BlueSpeedo le moins cher de la Death Area, choomba! Un partout, des publicités lumineuses mettant en scène une top-modèle noire vante le slogan « Black is beautiful », le tout sous un ciel gris et pluvieux.

Après une première déconvenue avec le patron du premier bar du coin, ayant culminé en l'arrivée de la cyberpolice, le groupe se rend au Stinkin' Blue Boy. Le rade puant et crasseux leur a été recommandé pour sa réputation et il ne démérite pas : le fond de panier des runners du coin semble s'y trouver, prêt à tuer père et mère contre quelques cybercrédits. À peine entrés, le barman (qui ne semble même pas avoir les moyens de se payer des robots-employés) les traite de pédales et les invite à dégager, mais une cliente un peu plus sympa le recadre et leur paie sa tournée.

Tristan se renseigne auprès d'elle sur la visite récente d'un grand blond, probablement un type important. La runneuse suppose qu'il fait référence à M. Blondin, dont la rumeur sur les networks veut qu'il soit un vice-président d'une corpo concurrente avec une liste d'accréditations impressionnante. On raconte qu'il s'est rendu à la DOW Tower n°1 et n'en est jamais ressorti. Pendant qu'ils discutent, Luc et Félix remarquent accoudé un peu plus loin au bar une nouvelle version de Niels. Niant à nouveau les avoir rencontrés, il se présente cette fois-ci comme Nihil, blouson en ThermoCuir© et lunettes miroir Ray-Ban© sur le nez. Après avoir répété les avertissements d'usage (ne pas mourir, suivre le fil), Nihil leur explique que le W.I.P. est un work in progress de Beleth. Il n'y actuellement que deux issues au pocket universe: une fenêtre du dernier étage de la DOW Tower et un tapis roulant de l'usine JunkStuff. Après avoir demandé gentiment, les PJ reçoivent de Nihil des accréditations spéciales pour accéder à la tour DOW et se mettent donc en chasse de Gabriel.

Au milieu des pantins corporatistes en costard, les Démons détonnent pas mal mais les accréditations fonctionnent et ils peuvent donc accéder au 512ème étage de la tour de verre, d'acier et de chrome. Une fenêtre du salon panoramique est ouverte et, contrairement aux autres, elle donne sous un paysage de montagnes rouge brique et de ciel bleu azur. Les Démons se jettent par la fenêtre, priant pour rattraper l'Archange rapidement… et tombent quelques mètres plus bas sur un nuage.

Les voici désormais dans un monde onirique de nuages solides, de montagnes, de bateaux volants et d'appareils aériens fantastiques où des super-héros en slip rouge flottent dans les airs en côtoyant des biplans de la Grande Guerre. Les Démons sont toutefois bloqués sur leur petit nuage et, eux, ne parviennent absolument pas à voler en dépit de plusieurs essais infructueux : Félix est rattrapé in extremis par Luc et Tristan chute dans le grand vide… avant de traverser le décor, de se retrouver à nouveau tout en haut de la poche onirique et de s'écraser lourdement sur un nuage en surplomb. Hélas, hêler les habitants et les rêveurs ne suffit pas à attirer leur attention. Luc décide donc de prendre les choses en mains. Il attend qu'un bateau passe en-dessous de son nuage et se jette dessus.

Pris d'une inspiration maléfique (666), le Malphas se met à voler dans les airs comme une fusée et après quelques pirouettes se plante sur le pont d'un vaisseau pirate, manœuvré par une demi-douzaines de loups de mers édentés. Épatés par une telle démonstration de vol et par l'audace du jeune homme, le capitaine pirate, du nom de Ratatine-ta-gueule, se met au service de Luc. Le navire met donc le cap vers les nuages où Félix et Tristan sont toujours échoués. Quelques discussions avec les autochtones plus tard et les Démons rejoignent Neil, nouvel avatar du Démon de Beleth qui s'est aménagé un salon bourgeois dans la nacelle d'une montgolfière. Neil leur donne à nouveau les explications d'usage, leur propose une tasse de tisane tilleuil-menthe et liste des issues possibles de la poche.

Les Démons passent ensuite à l'école de vol où un étranger a été aperçu il y a à peine quelques heures. Un grand blond a effectivement appris à voler puis a posé des questions sur une éventuelle librairie dans le coin. Les instructeurs de vol (un ersatz de Superman et une bonze bouddhiste) l'ont alors dirigé vers la Bibliothèque du Marchand de Sable, derrière la zone des éclairs. Luc commande le vaisseau pirate de s'y rendre et les matelots souquent ferme pour traverser l'orage tout en chantant une chanson sur la beauté de « Noire Sœur d'Icare ». Après quelques minutes de tempête, la zone de danger est traversée et le navire s'amarre à une petite plateforme rocheuse suspendue dans les airs. Dessus, une petite boutique est installée et son enseigne indique sobrement : Bibliothèque du Marchand de Sable.

Les PJ remercient chaudement Ratatine-ta-gueule et son équipage et pénètrent dans la librairie. Entendant des voix de l'arrière-boutique, le trio infernal s'engage dans un labyrinthe d'étagères et d'ouvrages. La bibliothèque semble produire un souffle profond, comme une lente et immense respiration qui se dégageraient des livres. À mesure que les Démons s'avancent plus profondément, les voix semblent doucement se rapprocher et la nature des lieux change. Après quelques minutes, ils ont quitté la petite librairie pour se retrouver dans une immense bibliothèque aux voûtes de pierre et aux étagères colossales. Cent mètres plus loin, les voilà dans une cage d'escalier dont les fenêtres donnent sur une immense forêt. Encore plus loin, les murs sont métalliques et rouillés et les rayons éclairés par des néons blâfards. Félix examine un livre hasard (il s'agit du dossier de mise en examen de Jacques Chirac dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris) et le repose.

Les Démons retiennent leur souffle et finissent par arriver dans un immense puits en spirale, aux murs couverts de livres. Au centre du puits, une série d'énormes lustres en cristal pendent le long d'un filin métallique, illuminant chaque étage d'une clarté dorée et rassurante. Quelques étages plus bas, sur une plateforme aménagée avec un bureau, un lutrin et un téléphone, deux personnages discutent. Le premier est petit, fin, cheveux dressés sur la tête, en lunettes et redingotes et les Démons devinent qu'il s'agit de l'Archange Yves. L'autre est grand, musclé, aux cheveux blonds : c'est Gabriel. Le trio s'approche discrètement pour écouter la conversation.

Yves — Quel est ton problème, Gabriel ? Tu as fais tout ce chemin juste pour me parler ?
Gabriel — Je je ne sais plus quoi faire, Mikaël, et tu le sais. Mon frère… mon frère refuse de continuer.
Yves — Oui. Samaël ne veut pas revenir aux Enfers… mais c’est son droit. Nous n'avons pas à juger des actions de Celui Qui A Chuté.
Gabriel — Mais alors… et moi ? Qu’attend-on de moi ? Que puis-je y faire ?
Yves — Ton rôle à toujours été d'obéir, Gabriel. Tout comme ton fière, bien que toi tu l’aies toujours su. Vous êtes Ses meilleurs agents. Vous êtes ceux qui accomplissent Ses volontés.
Gabriel (en colère) — Et quelles sont-elles, Mikaël ? Pourquoi ce silence ?

Yves tire de la bibliothèque un petit carnet en cuir rouge qu'il tend à Gabriel. L'Archange du feu bafouille quelques mots et ouvre le livre.

Yves — Oui, Gabriel. C'est ton agenda.
Gabriel — Je le croyais resté au Paradis.
Yves — L’agenda est toujours au Paradis, dans tes appartements. Mais l’agenda est aussi un livre. Tous les livres sont dans la bibliothèque. Lis, ange de lumière. Lis ce qui doit advenir.

Gabriel pose son épée de lumière sur la table et s'assoit sur la chaise. Elle miroite sous les lustres d'une lueur puissante et menaçante. L'archange feuillette les pages du carnet. « Incroyable… tout est là. Sodome et Gomorrhe, les sourates, l'annonce à Marie… ». Il se tait pour lire puis repose le livre comme s'il lui brûlait les doigts. Yves ramasse l'agenda sans un mot et le remet en rayon, puis il pose la main sur le pommeau de l'épée.

Yves — C’est ainsi que vont les destinées. Ton heure est venue, Gabriel. Il est temps pour toi de partir.
Gabriel — Mais… Samaël ? Et moi ? Qu’adviendra-t-il de nous ?

Yves ne dit rien et se contente de soulever l'arme et de la tendre à Gabriel. L'archange proteste.

Gabriel — Je peux refuser de suivre le plan. Je peux m'abstenir. (il prend l'épée)
Yves — Alors c’est qu’il était écrit que tu ne le férais pas. Tu n’as pas le choix Gabriel. Aucun de nous n’a le choix. Il faut que Sa volonté soit faite. Va maintenant, ange de lumière. Va sans te retourner, car nous ne nous verrons plus qu’une dernière fois.

Gabriel lève l’épée vers le ciel et une lumière aveuglante illumine le puits. Puis il range l'arme et enlace longuement Yves avant de descendre les marches et de disparaître dans le lointain.

Yves se tourne alors vers les Démons : « Approchez, approchez, invisibles témoins. Le spectacle doit prendre fin, la chute du rideau approche.» Il essuie une larme mais sourtit lorsqu'ils arrivent à son niveau. Il dévisage longuement les Démons en hochant la tête d'approbation. « Il est temps pour vous de rentrer à la maison, vous avez encore tant à faire avant que la nuit ne vienne. Suivez-moi. »

Comme de coutume avec Yves, les questions des Démons restent sans réponse, l'archange se contenant d'un sourire paternaliste à chacune de leurs interrogations. Félix et Tristan, excédés, se moquent ouvertement de l'Archange tandis que Luc s'interroge plutôt sur pourquoi Yves ne les oblitère pas immédiatement. Au bout d'un petit moment, le groupe arrive dans une allée droite. De part et d'autre, les rangées de livres s'étirent à l'infini. « Avancez toujours tout droit, sans vous arrêter ou vous retourner. Il ne pouvait pas choisir de meilleurs agents. ». Les PJ protestent mais Yves les abandonne là et ils s'engagent donc dans l'allée. Félix et Tristan, par défi, prennent chacun au hasard un livre dans les rayons en marchant tandis que des bruits de grognements, de mastications humides et de rires lointains se font entendre derrière eux.

Après quelques minutes, tout se modifie à nouveau. Les démons sont dans une bibliothèque : étagères métalliques, casiers en plastique plein de courrier, gros classeurs, néons grésilllants et odeur de cave moisie. Au-dessus d'eux, un bruit familier : celui des trieuses du centre de Tri. Les PJ vérifient qu'ils vont bien mais n'ont pas le temps de beaucoup réfléchir. En effet, M. Fabien déboule dans la cave, pestant qu'il est à leur recherche depuis ce matin. On a retrouvé la trace de Yolande et l'équipe d'intervention doit partir en Suisse en quatrième vitesse. Allez, allez…
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Session 38 - Run Like Hell (première partie)

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Session 38 - Run Like Hell (première partie)



M. Fabien traîne l'équipe, encore le cerveau en vrac, dans son bureau. Il y flotte une fumée de pipe bleuâtre et une odeur de café au percolateur. Gilbert et Aurélie sont déjà là et la situation est simple mais urgente. Une ex-Andromalius (désormais Baalberith) du nom de Geneviève Lehman pense avoir repéré Yolande Jolimont à Bâle. Les Démons étant les seuls à avoir vu Andrealphus dans son corps d'emprunt et y avoir survécu, la hiérarchie veut donc qu'ils se rendent sur place pour confirmer l'identification… et convaincre la Prince du Sexe de regagner les Enfers.

Aurélie leur confie 3 billets pour Bâle, une liasse de francs suisse et roule ma poule. Gilbert les ramène chez eux en quatrième vitesse le temps de récupérer leurs affaires puis l'équipe d'intervention s'entasse dans le métro direction gare de l'Est. Arrivés à la gare, ils ont la surprise de retrouver Aurélie sur le quai qui leur confie un message officiel dans une enveloppée non marquée. La missive est arrivée 30 minutes plus tôt par pli urgent au CdT et la seule information qu'elle a c'est qu'il s'agit d'un message à remettre à Andrealphus qui pourrait « grandement faciliter leur mission ».

Spoiler:
Pour la première fois depuis pas mal de séances, les joueurs n'ont pas senti la douille arriver. Faut dire, ils pensent qu'Aurélie est une imbécile finie et ne se doutent visiblement pas une seconde de ce qui va leur arriver.

Parce que comme d'habitude, les PJ se font rouler dans la farine. Baalberith a bien réussi son coup avec le Dæmonis Malificum et l'opération Denver. Reste à éliminer les dernières traces de son méfait : l'équipe du CdT. Ce n'est donc pas un hasard si les Démons sont les premiers envoyés sur les traces de Yolande : Andrealphus risque de les hacher menu.

Pour s'en assurer, Baalberith a donc fabriqué de toutes pièces un beau message officiel bien insultant comme il faut, qu'il a confié à Aurélie et qui l'a ensuite remis aux PJ…

Malheureusement pour le petit Berith, pas mal de gens s'intéressent à Yolande et le rapport remis par Geneviève a fini dans les mains de deux bourrins qui ont chacun leurs raisons pour mettre le grappin sur la Prince du Sexe.

Les PJ filent donc à Bâle. Leur contact, Geneviève est particulièrement parano et refuse de les voir tout de suite. Elle est persuadée qu'une autre équipe traîne autour d'Andrealphus et elle propose seulement un rendez-vous le lendemain matin, sur une barge à touriste qui fait la traversée du Rhin. Elle leur confie également un mot de passe avant de raccrocher. Les Démons glandouillent joyeusement dans la ville, qui à la piscine, qui dans les restos de fondue, espérant tomber par hasard sur Yolande. Mais la vie est mal faite et Bâle une bourgade pas si petite et c'est donc pas plus avancés qu'ils retrouvent Geneviève le lendemain matin.

La phrase de passe échangée (« Dis donc qu'est-ce qu'on avance vite ! - Oui, et encore, ça avance encore plus vite avec le vent ! »), les Démons et Geneviève, une petite femme rondouillette à l'air sévère et sérieusement flippée peuvent se briefer mutuellement le temps de la traversée. Geneviève apprend à l'équipe qu'Andrealphus réside dans l'hôtel 4 étoiles Vater Rhein sous le nom de Josiane Darmentière. Elle partage son temps entre restos, musées et piscines en journée et événement huppés en soirée. Mais son hôtel est surveillé par un trio particulièrement louche. L'ex-Andromalius a pris des photos qu'elle remet au groupe sous forme de disquette (« moins traçable », selon elle). Elle propose néanmoins à l'équipe d'intervention de la rejoindre le soir-même à l'opéra de Bâle pour la première du spectacle Toutankhamon, sur une musique de Philipp Glass, où Andrealphus sera là. Rendez-vous est pris à l'entracte dans le salon Haydn pour confirmer l'identité de Josiane/Yolande/Andrealphus.

Les PJ zonent donc dans Bâle et achètent quelques costards pour avoir l'air présentables pour une soirée à l'opéra. Luc passe à un cybercafé copier les photos des trois « espions » (deux hommes et une femme) identifiés par Geneviève, tandis que Félix pirate le système de réservation de l'opéra pour se dénicher trois places pour le spectacle. Tandis que l'équipe d'intervention patiente à proximiter du bâtiment, au milieu des techniciens qui déroulent le tapis rouge et s'affairent aux derniers préparatifs, Tristan reçoit un message télépathique de Geneviève : « Ne venez pas ce soir, c'est un piège ! ». C'est un peu tard, les portes ouvrent dans 30 minutes et les PJ sont déjà au milieu d'une épaisse foule du gratin suisse venu pour l'occasion.

Tristan et Félix décident rester à l'extérieur du bâtiment surveiller les entrées et sorties et donc de laisser Luc seul à l'intérieur pour servir d'appât. Mais dans la troupe des spectateurs qui s'engage dans la salle, l'Asmodée reconnaît Geneviève. Il fend la foule et parvient à convaincre l'ouvreur de le laisser passer et s'enfonce dans les allées de la luxueuse salle de spectacle à la poursuite de leur contact. Petit problème, Félix est entre-temps passé se polymorphier aux toilettes pour éviter d'attirer l'attention de Yolande, au cas où. Geneviève ne le reconnaît donc pas et semble plutôt méfiante. L'Asmodée abandonne alors que les lumières s'éteignent, signe que le spectacle va commencer. Il rejoint donc Luc dans la fosse.

De son côté, Tristan note qu'une partie des invités de marque ont soigneusement évité l'entrée principale, le tapis rouge et les journalistes et sont discrètement rentrés par le côté du bâtiment. Il aperçoit le fameux trio d'espions parmi les spectateurs et prévient ses camarades à l'intérieur que l'autre équipe est également dans les parages. Il prend toutefois son mal en patience alors que la première partie du spectacle commence et discute avec le personnel de l'opéra sorti fumer sur le parvis. Dans la salle, Luc et Félix assistent impuissants à des arias de castra déclamés par un jeune premier dans une tenue mi-égyptienne, mi-Jean Paul Gauthier sur fond de symphonie minimaliste. Une heure trente plus tard, l'entracte les délivre de cet étrange rêve éveillé.

Félix profite du retour des lumières et repère « l'autre équipe » à l'autre bout de la salle, ainsi que Yolande, accompagné d'un jeune jet-setteur aristo, sur un balcon du premier étage. Luc décide de se polymorphier et se fait passer pour un coursier avec une missive urgente à remettre en personne à « Madame Darmentière ». Le garde du corps posté devant la porte menant au balcon refuse néanmoins de la laisser passer et le Malphas se résigne à attendre la fin du spectacle qu'Andrealphus sorte.

De son côté, Félix se joint à la horde de notables qui se retrouvent dans le salon Hayden pour le cocktail dinatoire. Toujours sous son identité polymorphié, il ne parvient à nouveau pas à établir le contact avec Geneviève, qui l'évite soigneusement. Il décide d'abandonner les faux-semblants et revient sous sa véritable tronche. Immédiatement, sa contact est apaisée, limite joviale. Geneviève lui demande où sont ses petits camarades et Félix tourne autour du pot. Trouvant le comportement de l'Andromalius un peu louche, Félix décide de mettre les bouts. Geneviève l'attrape par le coude, fait quelques pas en direction du buffet et explose, vaporisant tout ce qui se trouve dans un rayon de 3 mètres, y compris le malheureux Asmodée.

Spoiler:
Geneviève s'est faite coincée une heure plus tôt par les 3 espions qu'elle avait identifiée. Après l'avoir interrogée sur Andrealphus, ces derniers ont fait un habile usage d'un de leurs pouvoirs pour retarder l'autre équipe (de leur point de vue) et tenter d'arriver à Yolande/Josiane avant eux.

Mais c'est sans compter Tristan, qui une fois encore va leur sauver les miches. Le Bifrons remonte dans le temps, avertit son comparse dans l'oreillette qui a tout juste le temps de plonger sous une table et Geneviève explose (et fait donc un gros pop). Félix est sous le choc, couvert de champagne, de cristal brisé et de sang, alors que le cocktail vire au cauchemar dans les hurlements et la panique. À l'étage, le garde du corps, réalisant ce qui vient de se passer en entendant les cris, se précipite sur le balcon et attrape Andrealphus et son bellâtre avant de les faire sortir. Luc tente de s'interposer avec sa missive mais le gorille sort son arme et tire un coup de semonce, ce qui fait hésiter le Malphas juste assez pour que Yolande fuit par l'issue de secours.

Une cohue monstre prend possession de l'opéra avec une vague de spectateurs tentant de déferler par les portes. Tristan, prévenu par Luc, contourne le bâtiment pour essayer d'intercepter Yolande et son Jules sur le parking. Le Malphas décide de faire fi du garde du corps et se précipite par l'issue de secours à la poursuite d'Andrealphus, talonné de près par les 3 espions identifiés précédemment. La situation est chaotique, Tristan et Luc tentent d'alpaguer la Prince du Sexe pour lui remettre la lettre mais Andrealphus arrache des mains de son compagnon les clés de sa Porsche et se rue dedans. Tristan lui hurle qu'il s'agit d'un message de la hiérarchie mais Yolande se contente de lui faire un doigt et de lui intimer de se foutre la hiérarchie au cul avant de mettre le contact.

L'« autre équipe » combine quelques pouvoirs (Vol, Vitesse, Bond) et se jette de l'escalier de secours sur le parking. Luc balance un jet de glace sur un gros bourrin qui vient de faire apparaître un fusil à canon scié mais l'éclat lui rebondit en pleine face (heureusement pour lui, l'ex-Crocell bénéficie toujours d'une immunité aux pouvoirs de froid). Les espions montent à leur tour dans une BMW bleue nuit à la poursuite d'Andrealphus, mais Luc parvient à faire éclater un de leurs pneus avant qu'ils ne partent.

De son côté, Félix est encore sonné de l'explosion et se traîne hors du salon puis dans les couloirs de l'opéra. Il suit mollement un groupe de pompiers qui semblent particulièrement pressés de quitter les lieux. Les sapeurs prennent en effet une issue de secours et se ruent dans un camion. Félix ne comprend pas leur comportement mais, supposant qu'ils ont eux aussi quelque chose à voir avec cette affaire, s'agrippe au camion en marche alors que celui-ci s'élance à son tour à la poursuite d'Andrealphus…
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Re: [CR][INS/MV] Fire & Ice - la campagne

Message par Csame »

Je soupçonne Altay de chercher à nous tuer !
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Altay
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Session 39 - Run Like Hell (deuxième partie)

Message par Altay »

Session 39 - Run Like Hell (deuxième partie)

Félix, accroché au camion de pompier, se hisse jusqu'à la cabine et crie en démoniaque aux sapeurs de le laisser rentrer. L'Asmodée laisse entendre aux Belial qu'ils ont un objectif commun et on le laisse rentrer par la fenêtre et se tortiller pour trouver une petite place sur la banquette. À l'arrière de la cabine, 3 sapeurs s'équipent de lance-flammes.

Sur le parking, Luc et Tristan voient filer la Porsche d'Andrealphus et de son bellâtre, talonnée par la BMW bleue nuit des barbouzes qu'un camion de pompiers parvient à rattraper en déboulant à toute berzingue. Les Démons ne restent pas bien longtemps désemparés : sous l'impulsion de Tristan, Luc fracasse la vitre d'une Audi et la fait démarrer avant de céder la place conducteur au Bifrons. Une quadruple course-poursuite s'engage dans les rues de Bâle et sur la promenade qui longe le Rhin.

Au volant d'une Porsche de collection, Andrealphus parvient à conserver son avance dans le centre-ville et la BMW peine à combler l'écart, les talents de sa conductrice peinant à compenser le pneu explosé par Luc quelques minutes plus tôt. Le camion de pompiers trafiqué est en revanche lui bien plus rapide qu'il n'en a l'air et remonte les rues dans un hurlement motorisé. En dernière place, Luc et Tristan tentent de maintenir le rythme et notent mentalement les différentes plaques minéralogiques au cas où la poursuite tournerait court.

Coincé entre 3 sapeurs-pompiers visiblement au service de Belial, Félix baragouine quelques excuses et improvise une alliance de fortune contre le trio de la BMW. Les Belial grimpent sur le toit du camion, lance-flammes au poing et l'Asmodée demande au conducteur de rapprocher le véhicule de la voiture de leurs concurrents. Une fois suffisamment prêt, il balance un pouvoir de paralysie qui fige la conductrice et la voiture commence à grimper sur le trottoir. Les Belial en profitent pour faire feu de tout bois (littéralement) : sur un 666, c'est un déluge de napalm et de flammes qui s'abat sur toute la largeur de la route, carbonisant le véhicule, les lampadaires et les poubelles. La BMW se transforme en véritable boule de feu qui éclate le parapet et finit sa trajectoire parabolique dans le Rhin. Tristan manœuvre avec difficulté pour éviter le nuage de flammes et l'Audi subit un coup de chaud mais parvient à traverser un seul morceau.

Débarassés de leurs concurrents directs, les Belial tournent désormais leur attention vers la Porsche d'Andrealphus. Félix tente de savoir ce que les pompiers comptent faire au Prince du Sexe mais la réponse des semi-renégats reste évasive. L'Asmodée insiste et finit par révéler qu'il est envoyé par l'administration infernale. Les sapeurs préfèrent mettre un terme à leur collaboration et éjectent manu militari le malheureux Félix à coups de rangers par la porte passager. L'Asmodée s'éclate la tête dans un parterre de bégonias au milieu d'un rond-point et est ramassé par Tristan et Luc. Constatant que la Porsche s'est engagée sur une départementale avec une avance difficilement rattrapable pour un poids lourd, l'équipe d'intervention décide d'abandonner la poursuite.

Après avoir balancé l'Audi volée à la flotte, les Démons reviennent sur leur pas et, ayant un affreux doute, examinent les lieux du crash de la BMW. Bingo, les trois barbouzes sont en train de se traîner quelques mètres plus bas sur un banc de sable, tout mouillés mais encore en vie. L'un d'entre eux présente d'ailleurs une armure corporelle en écailles. Tristan leur propose un coup de main pour remonter et de fil en aiguille, l'« autre équipe » se révèle être des collègues, menés par Thomas Hobbes, grade 3 de chez Baal pour « veiller à la préservation des intérêts paternels ». Les flics risquant d'arriver d'une minute à l'autre, tout le monde se carapate avec la promesse de s'appeler le lendemain matin.

Discrètement revenus à l'hôtel, les Démons pansent leurs plaies et surveillent les sites d'actu. L'incident de l'opéra est mis sur le compte d'un attentat terroriste (vraisemblablement islamiste). Après quelques recherches, Félix parvient à identifier le compagnon d'Andrealphus/Josiane comme étant Hans Helmut von Oxenstein, baronnet de Spa et vicomte de Volkenburg, un aristo et jet-setteur suisse. N'ayant pas donné signe de vie, les médias locaux s'inquiètent de la possibilité qu'il fasse partie des victimes... Tristan contacte Aurélie au CdT, encore debout malgré l'heure tardive pour se renseigner sur Hans Helmut, mais celui-ci n'apparaît dans aucun registre démoniaque : il s'agit sûrement d'un banal humain. L'équipe tente de grapiller quelques heures de sommeil puis appelle leurs collègues à l'aube.

Hobbes leur propose une collaboration. Son équipe a localisé Hans Helmut dans sa résidence secondaire, un chalet dans la station de ski de Grindenwald, 100km au sud de Bâle. Il propose aux PJ de l'y retrouver pour discuter. Quelques heures de route plus tard, voilà l'équipe d'intervention dans les montagnes, pile pour profiter des dernières neiges de la saison d'hiver. La station est en pleine effervescence car une équipe de tournage Bollywoodienne est venu y faire des prises pour des scènes exotiques. Rejoindre l'équipe de Hobbes n'est pas une sinécure puisque ces derniers se planquent à une heure de marche dans la neige sur une crête rocheuse pour épier discrètement le chalet du baronnet.

Hobbes et les Démons se jaugent et se questionnent mutuellement avant de se faire confiance. Baal a envoyé Hobbes et ses deux comparses pour surveiller Andrealphus et en apprendre plus sur le bébé à naître et est visiblement prêt à tenter le kidnapping (mais pas le meurtre) du Prince du Sexe si cela s'avérait nécessaire. Hobbes s'excuse d'ailleurs auprès de l'équipe d'intervention du sale tour que son équipe leur a joué avec le suicide de Geneviève : ignorant qui ils étaient et ce qu'ils veulent à Andrealphus, dans le doute ils ont préféré les ralentir. Mais la présence inattendue de la Garde carmine inquiète fortement Hobbes, selon qui le Prince du Feu a littéralement « fondu un plomb ». Il n'est donc pas contre établir une alliance opportune pour empêcher les Belial d'agir. D'un autre côté, Hobbes n'est pas du encore convaincu par les explications de l'équipe d'interventon. Il sous-entend fortement que les PJ ont accepté une mission les yeux fermées et, tant qu'ils ignorent le contenu et l'expéditeur du message qu'ils sont censés délivrer, il peut difficilement leur faire pleinement confiance.

Les Démons s'en trouvent suffisamment désarçonnés pour appeler Monsieur Fabien… qui admet n'avoir aucune idée de quoi ils parlent. Il n'a connaissance d'aucune lettre ou de message officiel à remettre à Andrealphus mais il indique avoir toute confiance en Aurélie : après tout, elle est étroitement liée à l'administration - et donc aux Enfers - plus encore que lui même. Il indique s'en remettre aux PJ pour prendre la bonne décision.
Spoiler:
M. Fabien/Beleth s'en remet aux PJ pour improviser. Toutefois, désormais averti d'une possible trahison de la part d'Aurélie, il va commencer à enquêter sur sa secrétaire de son côté…s

L'équipe propose donc à Hobbes de couper la poire en deux : ils iront pacifiquement remettre le Message Officiel à Andrealphus. Cela permettra de faire diversion, de secouer le cocotier et libre ensuite à Hobbes et son équipe d'agir s'ils veulent. Le Baal accepte et les Démons crapahutent donc en bordure de village et s'écartent de la vallée pour rejoindre le châlet d'Hans Helmut, perché et isolé dans les hauteurs.

Les PJ sonnnet et Andrealphus les accueille en peignoir, Hans Helmut en pyjama pilou-pilou quelques mètres derrière. Ces derniers lui remettent donc le Message Officiel. La Prince du Sexe demande à son cher et tendre d'aller préparer des martinis, lui permettant de discuter en toute tranquilité avec les Démons. À la lecture de la missive, Andrealphus sort les griffes et se jette furieuse sur Luc, lacérant sa doudoune et son Kevlar. Les Démons commencent à battre en retraite, leurs pouvoirs semblant avoir bien peu d'effet sur Yolande/Josiane. Luc et Tristan plaident l'ignorance et implorent le Prince-Démon de ne pas littéralement tuer les messagers. Andrealphus se défoule tout de même un peu sur Félix, lui lacérant le cou et le visage et l'Asmodée s'écroule sur la terrasse.

Tristan remarque toutefois que des skieurs en plein hors-piste sont en train de descendre vers le châlet. Reconnaissant leurs lance-flammes chromés, le Bifrons convainc Andrealphus de les laisser tranquille. La Prince du Sexe embarque donc Hans Helmut et ordonne aux PJ de retenir les Belial, le temps que le couple s'enfuit à dos de jet-ski. Tristan court derrière Andrealphus, l'implorant de considérer la possibilité de retourner aux Enfers mais la Prince du Sexe rétorque sarcastiquement qu'elle lui enverra un fax une fois qu'elle aura réfléchi à la question. Luc et Félix ont la bonne idée de se polymorphier et prendre l'apparence de Helmut et de Josiane/Andrealphus, ce qui perturbe les Belial suffisamment pour que les skieurs se séparent en deux groupes de trois : l'un contourne le châlet à la poursuite des jet-skis qui remontent à flanc de montagne, l'autre se dirige droit vers la baraque. Tristan profite de ces quelques instants pour souffler et récupérer la lettre destinée à Andrealphus qu'il fourre dans sa veste.

Les Belial ne sont toutefois pas là pour discuter et quand le napalm commence à pleuvoir, l'équipe d'intervention met les bouts. Les Démons se précipitent dans le garage et forcent la Porsche de collection hors de prix du baronnet. Les nouveaux talents de conduite de Tristan font des merveilles, même sur la neige, et la voiture commence à mettre de la distance entre eux et les Belial, que Luc arrose copieusement de jets de glace au passage. La Garde Carmine fait mine de poursuivre l'équipe, pouvoir de Vitesse surnaturelle enlecnhée, mais la cavalerie débarque. Lisa (flottant dans les airs grâce à Vol) lâche Hobbes, épée maudite à la main, sur les Belial, qui sont envoyés ad patres en deux coups de cuillère à pot. Les deux équipes se saluent une dernière fois d'un regard entendu alors que Tristan met la gomme, bien décidé à tracer sa route en Porsche sans se retourner jusqu'à Paris. Assis à l'arrière de la décapotable, Félix lit alors la fameuse missive que les PJ ont habilement récupérés dans la villa avant de partir :

Chère Andrealphus,

L'enfant que vous portez est une aberration aux lois infernales. Depuis vous êtes tombée enceinte, votre comportement s'est considérablement dégradé. Il est grand temps que vous vous débarassiez du fœtus. Les porteurs de ce message sont rompus à toutes les pratiques d'avortement et se feront un plaisir de mettre un terme à une situation qui n'a que trop duré.

Cordialement,

Votre ami B.

Aurélie ignorait-elle le contenu du message ? Pourquoi a-t-on croire à l'équipe qu'une telle lettre les aiderait à convaincre Andrealphus de revenir ? Baal est-il réellement l'auteur du message comme l'écriture le laisse penser ? Réponses au prochain épisode…
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Altay
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Session 40 - Run Like Hell (suite et presque fin)

Message par Altay »

Session 40 - Run Like Hell (suite et presque fin)

Mais l'équipe d'intervention est têtue : on leur a demandé de convaincre Andrealphus de rentrer aux Enfers alors la Prince du Sexe ne s'en tirera pas à si bon compte ! Demi-tour et la Porsche est abandonnée à quelques centaines de mètres de la station de ski. Les PJ reprennent leur voiture de loc' et, après quelques recherches, se rendent dans la station voisine de Lauterbrunnen pour louer à grands frais un hélicoptère de tourisme et son pilote.

Délestés de 8000€ pour une virée touristique du pic du Firehorn réservée à la dernière minute, les Démons grimpent en hélico avec Serge, leur pilote franco-suisse. Ils guident ce dernier jusqu'au versant montagneux où ils ont perdu de vue les motoneiges d'Andrealphus et d'Hans Helmut. Après une quinzaine de minutes à tourner, les yeux perçants de Luc et Félix repèrent les traces des véhicules dans la poudreuse fraîche. Les fugitifs se sont arrêtés en pleine montagne sur un promontoire rocheux et la Prince du Sexe s'en s'être arrêtée avec son amant pour une petite pause crac-crac.

Le pilote est réticent à s'approcher davantage (le vent risque de les propulser contre les rochers) mais les Démons insistent pour se faire déposer. Andrealphus observe longuement l'hélico qui tourne autour d'elle avant de se jeter sur Hans Helmut et de lui asséner une série coups de poing. Félix hurle au pilote de s'approcher et d'intervenir tandis que Luc et Tristan forcent la porte de l'appareil et se jette dans la neige, le Malphas s'éclatant une jambe au passage.

Andrealphus vient visiblement d'achever le baronnet de Spa à coups de griffe, propulsant des perles de sang écarlates dans la neige blanche et pure. Les deux Démons s'approchent prudemment. Tristan s'excuse platement de la lettre, expliquant avoir été piégé. Luc demande à Andrealphus ce qu'elle souhaite et cette dernière rétorque qu'elle n'a plus aucune patience pour la bande d'abrutis qui siège à la Cour infernale. Elle veut seulement qu'on lui foute la paix et qu'elle puisse accoucher tranquille. Les Démons s'excusent à nouveau de l'avoir dérangée. Andrealphus charme Tristan, lui demande de tuer Luc puis se téléporte ailleurs, avec un petit air de déjà vu.

Dans l'hélicoptère, Félix voit le pilote paniquer et contacter les secours. L'Asmodée tente de lui faire croire qu'Andrealphus n'a pas disparue mais qu'elle s'est simplement cachée sous la neige. Le pilote tourne quelques instants autour du promontoire rocheux tandis que Luc esquive mollement les coups de pieds et de poings de son compagnon ensorcelé, le temps que l'effet du pouvoir s'étiole. Constatant qu'il vient d'assister à un meurtre et qu'il est de toute façon impossible de se poser dans la neige, Serge le pilote décide de retourner à l'héliport, abandonnant Luc et Tristan sur le flanc de montagne. Une fois le Bifrons de nouveau en possession de ses moyens, les deux Démons décident d'abandonner le cadavre d'Hans Helmut, empoignent les motoneiges et remontent le chemin parcouru par Andrealphus pour revenir à la station.

À l'héliport, la police attend Serge et Félix, qui donnent leurs versions des faits. Un hélico de police et une escouade de chasseurs alpins sont dépêchés pour retrouver la meurtrière, le cadavre et les deux touristes égarés (Luc et Tristan). Félix joue parfaitement la panique et l'état de choc et la police se contente de le placer dans un hôtel de la station en attendant l'aboutissement des recherches. Il retrouve Luc et Tristan et le trio appelle M. Fabien. Comme à son habitude, le chef papou acte la fin de la mission. Luc et Tristan décident de rentrer illico-presto à Paris, notamment pour reprendre leurs petites affaires de production de drogues. L'Asmodée de son côté se présente le lendemain au commmissariat pour y faire sa déposition. La maréchaussée suisse se montre plutôt hostile : ni les motoneiges, ni le cadavre, ni la meurtrière n'ont été retrouvés. La presse fait état d'un canular grossier monté par « un groupe de touristes français insolents avec la complicité d'un pilote d'hélicoptère local ». Étant ressortissant français, Félix est libre de partir mais le pilote est lui retenu par les autorités.

Spoiler:
C'est la team de Hobbes qui, en suivant à leur tour des traces des motoneiges, est tombée sur le cadavre de Hans Helmut. Préférant ne pas attirer l'attention sur Andrealphus (puisque Baal est toujours le papa du fœtus), ils ont dissimulé le cadavre dans une congère avant de s'enfuir à leur tour.

Une fois les trois Démons de retour dans la pollution parisienne, il ne leur reste qu'une chose à faire : comprendre d'où vient le message et déterminer le niveau d'implication d'Aurélie dans ce qui ressemble tout de même à un gros piège. Luc et Félix expliquent la situation en privé à M. Fabien qui prend les choses très au sérieux. Il a plutôt confiance en Aurélie mais il est vrai qu'en cette époque tumulteuse, une trahison interne est toujours à craindre. Sans leur donner de consigne officielle, M. Fabien préconise de mettre Aurélie sous surveillance quelques jours.

Après avoir amadoué la secrétaire avec quelques chocolats suisses, Tristan invite Aurélie chez lui pour une soirée Koh-Lanta. Cette dernière accepte avec enthousiasme et se pointe donc dans l'appartement du Bifrons avec du rosé et des Curly à 20h. Luc et Félix en profitent pour trouver l'adresse d'Aurélie dans les registres du CdT et se rendent chez elle avec la ferme intention de fouiller son appartement porte de Clignancourt. Le Malphas hacke l'interphone et le duo commence à crocheter le triple verrou renforcé de la porte d'Aurélie. Ils sont malheureusement interrompus par son voisin de palier, un quadra dégarni, désagréable et particulièrement méfiant. Pateaugeant dans des explications vaseuses, les Démons sont raccompagnés à la porte comme des malpropres.

Luc bascule donc sur la solution de secours : il se liquéfie et entre chez Aurélie en se glissant par les interstices de l'entrée. Il crochète ensuite la porte de l'intérieur et ouvre à Félix qui s'est polymorphiée en la secrétaire pour moins attirer l'attention. Le minuscule studio d'Aurélie surprend les PJ : le kitsch qui fait pourtant le cœur de la personnalité de la secrétaire est absent. Les murs sont blancs, froids, dépourvus de la moindre décoration. Seule une garde-robe massive atteste des goûts d'Aurélie pour les paillettes, le fuschia et l'angora. Le duo fouille les lieux à fond et ne trouve d'abord pas grand chose à part des factures… jusqu'à ce que Félix déniche un coffre-fort planqué derrière une bibliothèque où s'entassent des DVD de grands classiques.

Luc ouvre le coffre avec doigté et parvient à en retirer le contenu avant qu'il ne fasse dissoudre par une capsule d'acide dissimulée. Les Démons sortent donc du coffre un épais classeur beige donc ils examinent le contenu. Leur monde s'écroule. Celui-ci contient tout d'abord des fiches complètes à leur sujet (ainsi que ceux de Démons qu'il côtoie, comme Gilbert, M. Fabien, Hugo ou Conrad). Les renseignements sont exhaustifs et bardés de remarques désobligeants (baiseur d'Ange, se prend pour un génie des complots, trop mou pour faire le mal) ainsi que des listes de leurs points faibles et des éléments utilisables pour les faire chanter. Puis c'est un dossier intitulé « Opération Jurassic Park » qui attire l'attention de Félix.

Les deux PJ décident de se barrer vite fait et finissent de lire tout ça dans la voiture. Est décrit de façon particulièrement détaillée l'implication d'Aurélie dans un complot commandité par un Prince-Démon non-nommé pour faire tomber Andromalius. Plusieurs membres du Dæmonis Malificum seront impliqués :
- Ishtar utilisera ses pouvoirs de transformation animale pour jouer le rôle du balouchosaure,
- Valoche se fera passer pour Straight, démon d'Andromalius membre du Labyrinthe « envoyé » par Andromalius pour éliminer Denver.
- Alonzo s'occupera des préparatifs logistiques,
- Aurélie se chargera d'amener à l'équipe d'intervention à enquêter sur "Denver" et, si besoin, se fera passer pour Bright, le curé et partenaire de Straight.

Des lettres envoyées à « Monseigneur B. » attestent de la longueur des ficelles qui pendent derrière Aurélie et ses petits collègues du Dæmonis Malificum. Qui plus est, les Démons trouvent aussi confirmation que la fausse convocation des services d'Andromalius pour Avignon était un service rendu par Aurélie pour le compte d'une tierce personne. Et bien entendu, le Message Officiel à destination d'Andrealphus était parfaitement faux : Monseigneur B. comptait se débarasser des derniers protagonistes de l'affaire Denver en les faisant éliminer par Andrealphus.

Outrés, Luc et Félix se précipitent au CdT où ils déposent brutalement le classeur sur le bureau de M. Fabien. Celui-ci prend le temps d'examiner les différents éléments du dossier. Il demande à l'équipe d'intervention de capturer Aurélie et de l'enfermer dans les sous-sols du centre pour la nuit, ce qui lui permettra de l'interroger mentalement grâce au pouvoir de Cauchemar. Ils pourront ensuite l'exécuter le lendemain matin…

Spoiler:
M. Fabien/Beleth s'est bien fait eu. Reste à « interroger » Aurélie pour confirmer que c'est bien Baalberith qui tire les ficelles et ensuite… et bien difficile à dire. Encore une fois, le Prince des Cauchemars se trouve contraint et forcé de naviguer à l'aveugle pour tenter d'empêcher l'Apocalypse et l'implosion des Enfers. Heureusement que les PJ sont là pour l'aider.
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