[CR] City of Mist : Denver avant l'éveil de la magie [prequel d'une campagne cyberpunk]

Critiques de Jeu, Comptes rendus et retour d'expérience
BenjaminP
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Session 9. Fin de l'acte I

Grosse partie très mouvementée, avec des clés brûlées à la peine et un Stop. Holding. Back. pour finir !

Le samedi soir, trois jours avant le concert, Mila et Max se rendirent à la réunion du Magnum Opus organisée par le professeur Clay, dans la résidence de la fraternité Mu Omicron. Ils furent accueillis par trois étudiants enthousiastes qui y buvaient les paroles du maître, parlant d’illumination et d’oubli de soi pendant que s’élevaient les vapeurs d’encens. Il détaillait le chemin vers la figure du Dieu-Roi telle que décrite dans l’Alchimie de l’âme, les sacrifices nécessaires en vue de l’éveil, les étapes alchimiques de la transformation.
Méfiante, Mila voulut entrer en contact avec le monde naturel autour d’elle, les insectes de la maison, mais l’odeur entêtante la coupait de cette partie d’elle-même. Max s’en aperçut, ce qui le mit à son tour sur le qui-vive. Quand le professeur proposa à l’assistance de le suivre au jardin pour la première étape de ce parcours initiatique, l’oeuvre au noir, les trois étudiants piaffaient d’impatience. Sous un léger voile de neige, le professeur tourna ses paumes vers la terre gelée, qui se souleva d’un coup pour creuser trois trous à taille humaine dans lesquels il proposa aux étudiants de se lover. S’adressant à Mila et Max qui hésitait sur la marche à suivre, il leur précisa que leur éveil avait déjà eu lieu. “En vous la transformation est déjà en cours.” Max rongeait son frein. Mila s’inquiétait pour les étudiants, à présent recouvert de terre. Clay leur avait assuré qu’ils ne risquaient rien. Qu’il ne s’intéressait qu’à l’âme. Que le Magnum Opus avait besoin de gens comme eux. Qu’en les rejoignant, leurs questions les plus brûlantes trouveraient des réponses lumineuses.
D’ailleurs, Clay n’avait-il pas su, mieux que Mila elle-même, quelle odeur pourrait inhiber ses pouvoirs ? Grâce à la flasque qu’elle avait oubliée dans son bureau lors de leur première rencontre, le Magnum Opus avait pu analyser la nature profonde de Mila, dresser son thème astral, lire en elle comme dans un livre ouvert et ainsi identifier la faille, le moly : poison qu’Ulysse avait préparé pour priver Circée de ses sortilèges. Max et Mila ne comptaient-ils pas en apprendre plus sur eux-mêmes ? Pourquoi ne pas les suivre ?
Le doute s’instillait. Bientôt les étudiants sortirent de leur trou, le visage rayonnant. Ils avaient subi l’oeuvre au noir, la première étape de leur parcours, la putréfaction du corps. Le vendredi suivant, au soir du sabbat, ils pourraient vivre l’oeuvre blanc s’ils le souhaitauent. Max et Mila se joindraient-ils à eux ?
Max raccompagna poliment les étudiants à la porte du jardin. Enfin seuls, il se retourna vers le professeur. Son sang bouillait. La fièvre lui battait les tympans. Il sentait que Clay les avait atteints, et ça ne plaisait pas du tout au Wendigo. Les esprits de l’hiver se rassemblèrent un instant autour de lui qui lui soufflèrent la marche à suivre : personne ne dit quoi faire au Wendigo. Personne ne doit prétendre savoir qui il est. Personne !
Quand les esprits glacés se ruèrent sur Clay, celui-ci tenta de se protéger en dressant autour de lui la terre protectrice. Le sol se souleva d’un coup, déracinant les arbres du jardin qui s’effondrèrent en fracas sur Mila et lui disloquèrent l’épaule. Au milieu du tohu-bohu, Clay se trouvait immobile, prisonnier d’une gangue de terre gelée.
Mila, prise de cours, ne sut ou ne voulut ramener Max à temps vers son humanité, qui la regardait en quête d’un signe d’apaisement. Faute d’en percevoir aucun, le Wendigo se saisit d’une branche grande comme un homme, taillée par le choc, et courut vers le professeur qu’il transperça net, la pointe de la branche dans le cœur.

*

Durant les trois jours qui restaient, Max et Mila purent à loisir exploiter le téléphone et les contacts du professeur Clay pour en apprendre plus sur lui et son organisation.
Martha flanchait et voulait annuler le concert, ce qui aurait signé l’arrêt de mort (ou pire) de Sammy Jr. Afin de la persuader d’aller jusqu’au bout, Mila conçut toute une mise en scène visant à lui faire croire que son contrat avec Anatoli était rempli : Felicia, la jeune fille qu’ils avaient tirée des griffes de l’Institut psychiatrique du docteur Monahan, vint jouer les auditrices transies devant la porte de Martha avant de tomber en syncope. Le stratagème fonctionna. Martha était prête.
Le jour J, Jenna attendit son père Max en vain : il lui avait promis de l’accompagner au concert, mais il ne vint pas la chercher. Il lui envoya John Novack, qui la chaperonnerait toute la soirée. Il avait peur, en réalité. Peur de ce qui pouvait se passer. Peur de lui faire mal. Peur de lui révéler qui il était.
Il regardait le concert depuis les coulisses, dans l’angoisse de l’événement. Son regard passait de la salle à la scène, de la scène à la salle. Cet ingénieur du son, derrière sa console, lui semblait étrangement familier. Il le remit soudain : c’était un infirmier de l’Institut. C’est à ce moment que les enceintes colossales de cette salle de deux mille personnes émirent un larsen inhumain, aigu à fendre pierre.
Il était trop tard. Au-dessus de Max, un craquement se faisait entendre. L’immense voûte de verre de l’opéra se fendillait sous ses yeux. Tout allait s’effondrer. Il ne pouvait laisser faire.
Il jaillit sur scène, agitant les bras en tout sens. Les esprits de l’hiver devaient entendre son sacrifice. Un froid terrible se leva d’un coup dans cet espace bien trop grand pour lui, un froid d’une ampleur insoupçonnée, un froid total, soudain, qui figea le plafond dans l’immobilité du vide.

Mila, depuis la salle, comprit ce qu’il se passait, ce que Max tentait. Elle appela jusqu’à elle une nuée de colombes qui s’engouffrèrent dans l’opéra, virevoltèrent en tout sens, détournant l’attention du public qui crut sûrement à un élément du spectacle mal maîtrisé, mal calibré, plutôt qu’à l’intervention surnaturelle d’un monstre de l’hiver. Du coin de l'oeil, Mila aperçut la silhouette du docteur Monahan à ce moment, tout lui revint : Aurora Glassworks, l'entreprise qui avait conçu le plafond de l'opéra ! Monahan en était l'actionnaire principale. Le lien ne faisait aucun doute.

Seule, à sa place, tandis que la foule évacuait, Jenna contemplait la scène. Impossible. Son propre père. Comment avait-il pu ?

*

Nous voici donc à la fin de l'acte I, avec pas mal d'éléments de l'acte II (Fulcanelli) posés.

— Pour prix de son sacrifice à l'opéra, qui sauva toute la foule du complot du docteur, Max a fait craquer son thème "Ma fille Jenna" (8 sur son Stop. Holding. Back.), qui sera remplacé par une thème "Mythos", tandis que sa propre fille devient sa Nemesis. Ça tombe bien, elle a récemment commencé son job au bureau du procureur (DA King) ! Je sens qu'on va bien s'amuser avec ça.

— Mila se raccroche toujours à sa vie "réelle". La favela va ouvrir dans une petite semaine. Passera-t-elle à autre chose ensuite ? Quand Ulysse va-t-il débarquer ?

— Sammy Jr. devrait pouvoir éponger sa dette auprès d'Anatoli, même si quelques spectateurs de l'opéra ne manqueront pas de demander à être remboursés après ce fiasco. Ce sera sûrement un peu juste. Se tournera-t-il de nouveau vers le baron de la pègre (et prince du monde souterrain) ?

— Martha Ellis a fini sa carrière. Tout est terminé. Nowak tentera sûrement de l'aider, mais une issue tragique paraît irréversible.

— Le professeur Clay est mort et le Magnum Opus s'intéresse de plus près que jamais à Mila. Alona Wainwright va tenter de la recruter plus subtilement et de les lancer sur la piste de Blondie, la voleuse prodigieuse, actuellement en train de préparer le casse du manoir Canseliet, où se terre Fulcanelli.
Enjeu Solo, l'émulateur de MJ qu'il est beau ! Pour toutes vos parties sans MJ, Enjeu Solo contient les oracles qu'il vous faut. Dynamisez la narration, adaptez-la au rythme du récit, tenez compte des enjeux et surprenez tout le monde, vous le premier.
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Session 10. Interlude

Après la fin dramatique de la séance précédente, une petite session pour poser les enjeux du deuxième acte.

Au cours des jours suivants, Max et Mila vaquent à leurs affaires personnelles, chacun de leur côté, ce qui les expose à deux philosophies radicalement différentes et parfois concurrentes.

Max s'éloigne petit à petit de son humanité. Il passe de plus en plus de temps dans la réserve indienne en compagnie de Ghostwalker, qui l'encourage à se débarrasser de ses oripeaux humains pour embrasser pleinement la cause du Wendigo et l'aider à réveiller les esprits et la terre profanée de leurs ancêtres. Il lui décrit les esprits comme la seule réalité valide, les humains n'étant que de vulgaires réceptacles pour ces êtres divins.
Il évoque Corbin Payne, le grand profanateur qui fait saigner la terre et qu'il faudra affronter tôt ou tard.
Il avoue également avoir ressenti la présence d'un autre aspect du Wendigo, dans un quartier près de Sloane Park. Un aspect plus destructeur, plus décidé. Et à la fin, il n'en restera qu'un.
Max est sceptique. Il n'aime pas l'idée d'oublier totalement ce qu'il est en tant qu'homme.

C'est l'inauguration de la Favela chic ! Mila se met en quatre pour que tout se passe bien. Elle a rempli sa part de contrat auprès de Rui Valdès, son boss : Sammy Jr. est pour l'instant tiré d'affaire. Elle qui n'aime rien tant que de s'adonner corps et biens à son travail, là voilà désœuvrée, et elle n'aime pas ça. Au cours de la soirée d'inauguration, elle est approchée par un certain Richard Hughes, accompagnée d'une angoissante femme entre deux âges droit sorti de Ma Sorcière bien aimée, robe plissée, chemisier et permanente impeccable. Elle ne quitte pas des yeux son ouvrage de couture qu'elle laboure presque au hasard avec un plaisir sadique. Hughes, un agent haut placé de la hiérarchie des Gardiens du Seuil, menace Mila à demi-voix : "N'obligez pas la couturière à intervenir."
Il lui expose sa vision des choses : les Gardiens du Seuil sont là, depuis la nuit des temps, pour protéger l'humanité de l'interférence des mythes. L'oublie est leur allié, La brume leur instrument. Il n'a rien contre la présence de quelques "failles", dans le genre de Mila et Max, tant qu'elles se tiennent à carreaux. Il les félicite même de leur intervention à l'opéra. Mais il ne s'agirait pas que ça aille plus loin car, à chaque fois qu'un mythe exerce son pouvoir sur le monde, il crée des échos et en éveille d'autres à proximité.
Il avoue l'impuissance des Gardiens face aux plus puissants d'entre eux et Corbin Payne au premier chef. Il explique enfin qu'une forme de statu quo s'est imposé ces derniers temps entre les plus puissants avatars des mythes et les Gardiens, tous réunis au sein d'une instance secrète : le concile véritable (le nom est tout à fait pompeux, il l'admet). Il promet de servir de courroie de transmission entre Mila, Max et le concile, au besoin.
Mila est sceptique. Le monde promis par les Gardiens lui paraît bien gris. Par ailleurs, s'ils sont si terribles, pourquoi n'interviennent-ils pas directement dans les affaires des mythes ? Pourquoi laissent-ils Anatoli peupler son royaume des morts et Knight enfermer des innocents.
"Nous ne sommes pas le bras armé des gouvernements", répond Hughes. "Seulement le Voile d'Isis. Le seul rempart des hommes face à la tyrannie des mythes. Le risque de déchirure est trop grand."

Max finit par arriver à cette soirée festive et rejoint Mila. Ils partagent leurs opinions. Mila ne tient pas en place, il lui faut quelque chose pour occuper ses prochains jours, elle pousse Max à s'investir avec elle dans la lutte contre le Magnum Opus. Elle a justement fait analyser la fiole récupérée au cou du professeur Clay. Elle contenait deux choses :
— le liquide proprement dit. Hautement corrosif, il ronge tous les métaux sauf l'or (dont était plaquée la fiole). Il a des propriétés étranges sur la terre, ce le laborantin n'explique pas, la terre ne désignant rien de précis sur le plan chimique.
— un résidus à l'état de trace au niveau du bouchon, à la composition identique à celle des pilules qu'ils avaient vu s'échanger à l'Ambrosia Club, autrement dit la drogue d'Anatoli pour exercer sa main-mise sur ses ouailles.
Mila en avait conclu que la drogue d'Anatoli est le sous-produit d'une transformation alchimique consistant à dissocier logos et mythos chez les malheureux sujets.

Il fallait agir contre le culte, et ils choisirent pour cela un angle d'attaque : ils essaieraient de retrouver Goldie et s'en faire une alliée, afin de renverser ces fous et de découvrir toute l'étendue de leur machination.
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Session 11

Résumé rapide (et très loin de la séance) !

Max et Mila ont rendu visite à Alona Wainwright, commissaire priseuse très en vue dans le milieu de la collection d'objets d'art et d'histoire. Au cours de leur visite qui leur a fait découvrir la salle des ventes et les bureaux attenants, ils ont eu à subir la présence permanente d'un encombrant chaperon aux allures de yakusa, qui n'a pas pipé mot. Alona, en revanche, s'est montrée très bavarde et très intéressée par une future collaboration. Tout au long de leur entretien, elle triturait sous sa blouse le genre de pendentif qu'ils avaient retrouvé sur le professeur Clay. Mieux : c'est ce qu'elle leur a proposé comme forme de paiement...
Leur mission, s'ils l'acceptaient, consistait à retrouver la cambrioleuse Goldie, qui lui empoisonnait l'existence depuis assez longtemps et menaçait de faire capoter la vente d'une précieuse tablette de jade. Ils lui ont demandé comment elle en savait si long sur elle, tandis que la police n'en savait absolument rien. Wainwright a admis qu'elle employait pour cela des moyens... étranges, et leur a sorti une boucle de cheveux (peu rassurant, sachant qu'elle est aussi en possession de la flasque gravée de Mila...). Mila s'est empressé de la faire renifler par un chat de passage, dans le jardin, qu'elle lança sur la piste de Goldie. En attendant, ils sont allés visité les coffres et découvrirent cette fameuse tablette.
Max détecta dans l'artefact la présence d'une impératrice orientale en pleine méditation. Il tenta de nouer contact, mais la reine ne le jugea pas digne de recueillir son secret, que par ailleurs elle avait déjà transmis. Tout juste put-il en comprendre l'objet : la quête de l'immortalité de l'âme.

Mila pendant ce temps suivait le chat à la trace, voyant par ses yeux. Il la mena jusqu'à une fête foraine abandonnée vers laquelle ils se dirigèrent rapidement, soupçonnant une machination de Maximilien Drake, un des anciens pensionnaires de l'asile du docteur Knight. C'est alors que le chat la vit : Goldie, qui avançait comme hypnotisée vers ce qui ressemblait fort à un piège mortel. Ni une ni deux, Max fit vrombir leur vieille guimbarde qui débarqua dans le parc d'attractions moteur hurlant, tandis que Goldie absorbait le breuvage qui la fit sombrer dans l'inconscience. Quatre silhouettes, sortes d'artistes de cirque mécaniquement augmentés, tentèrent bien de s'interposer mais nos héros parvinrent in extremis à tirer Goldie de ce mauvais pas. Cependant, les mâchoires du piège s'étaient refermés sur eux, de même que la mâchoire métallique d'un des carnavaliers sur le mollet de Mila, et Drake apparut dans un terrifiant exosquelette crachant des flammes. Alors que tout semblait perdu, Mila sentit la présence d'une pauvre bête, non loin : Mustafa, "l'éléphant le plus fort du monde" autrefois, à présent dénutri, en déshérence dans cette fête foraine sans participants. Elle l'appela à son secours et il accouru, écartant Drake dans sa course et piétinant celui qui la retenait. Une fois Goldie placée en sécurité sur la banquettte arrière, Max fit rugir la guimbarde et ils s'enfuirent vers le couchant.
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Denver dans la brume, saison 1 épisode 12 !

Tandis que Mila veillait sur Goldie à l'arrière et malgré sa lancinante douleur à l'épaule, Max, se laissant porter par les vents, a mené la vieille guimbarde jusqu'aux laboratoires Hélix, son ancien employeur. La raison tout d'abord obscure qui leur a valu de se retrouver là apparu bientôt, quand Mila distingua derrière l'oreille de Goldie la puce comportementale qu'elle s'était offerte. Se réveillant comme d'un long sommeil, la prodigieuse cambrioleuse leur appris qu'elle avait eu bien du mal à se procurer cet outil expérimental auprès de son fixer habituel. C'était à l'origine un projet d'Isabela Aguilar conçu pour réadapter le comportement des animaux en captivité vers la vie sauvage. La pasionaria écologiste avait pourtant déclaré qu'elle abandonnait la piste en raison de développements militaires possibles, la puce se révélant aussi capable de maintenir des taux d'adrénaline élevés, d'oxygéner le sang et d'aiguiser les sens. Il semblerait bien que les recherches aient malgré tout continué ! Cette puce paraissait même avoir gouverné le comportement de Goldie encore un peu au-delà, la plaçant dans un état presque second dès lors que des éléments conformes à sa nature profonde, en l'occurrence tirés du conte de Boucle d'Or, lui étaient apparus. C'est ce qui avait permis à Drake de la piéger. Elle se résigna donc à écraser la puce sous son talon botté, malgré son coût astronomique.

Les présentations faites et la confiance gagnée, la fine équipe put passer à l'étape suivante : que faire ? Tous partageaient une cible, le manoir Canseliet où le culte du Magnum Opus paraissait produire les mystérieuses fioles aux suprenants pouvoirs. Goldie, moins altruiste, signalait surtout qu'une légende tenace plaçait sous ses fondations une mine d'or, une mine d'or littérale ; mieux, que son propriétaire d'âge canonique, Armand Kay, conservait à l'abri dans son laboratoire secret la goutte d'eau deux fois distillée, une substance alchimique produite par le Graal lui-même. Que de jolies choses à voler ! Mais il y avait quelques hics, que ses premiers travaux de reconnaissance lui avait révélés : un bassin d'eau forte, un acide si puissant que seul l'or lui résiste, qu'il fallait traverser, et un laboratoire secret si secret qu'aucun chemin ne semblait y mener.

Mila conclut qu'il fallait retirer plus d'information d'Alona Wainwright. Elle fit croire à l'antiquaire rongée de haine envers Goldie que le meilleur moyen d'attraper sa némésis était de lui tendre un piège de type "honey pot", avec, dans le rôle du pot de miel, de précieux renseignements à lui transmettre sur le manoir Canseliet. Alona avala ses salades, malgré le sourcil dubitatif de son garde du corps mutique. C'est ainsi que nos héros apprirent qu'il leur serait impossible d'atteindre le laboratoire d'Armand Kay sans ce que Wainwright appelait une "teinture de terre", une fiole telle que celle que le professeur Clay possédait.

Heureusement, Goldie savait où en trouver une : la communauté de marginaux qui s'était installée dans les hypogées hopis en possédaient plusieurs...

*

La grosse nouveauté, c'est qu'une deuxième table s'est formée (déjà trois séances, la quatrième lundi prochain) qui écume Denver à son tour. Même si ce n'est pas parfaitement homothétique (nous n'utilisons même pas la même carte sur les deux tables), j'en profite pour croiser les événements de l'une vers l'autre; ainsi la Ville devient plus vibrante que jamais !

C'est également très intéressant de noter les différences d'approche. Comme il ne s'agit pas d'une prequel pour la deuxième table, mais d'un premier épisode, ils se tournent naturellement vers des événements plus intimes, plus "au niveau de la rue", tels que la simple découverte de leur nature légendaire, quand Max et Mila, connaissant les bouleversements à venir ont sauté "l'origin story" pour en venir directement aux faits, ils visent très haut d'emblée, à la tête, aux grands de ce monde. Je dispose ainsi d'une Ville à deux étages, en quelque sorte, et l'un nourrit l'autre. Très chouette.
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Re: [CR] City of Mist : Denver avant l'éveil de la magie [prequel d'une campagne cyberpunk]

Message par BenjaminP »

Denver dans la brume, le spin-off, épisode 4

Eh oui, une deuxième table est venue se greffer à la première, avec @Voltiv, @Sildoenfein et @haplo en tant que joueurs. Voici le résumé de la quatrième session — pas de CR pour les précédentes, j'espère que vous raccrocherez les wagons. Il existe un enregistrement de la session 3, cependant, disponible sur demande (livraison sous pli discret).

Je vous la fais rapide.

Jamichael (Gherhardt) Mills est médecin dans un dispensaire associatif, du côté de Fortune Row, un faubourg pauvre de Denver. Il s'y évertue à soigner et accompagner du mieux qu'il peut une population de toxicomanes et de laissés pour compte. Il est aidé par Jayden (Voltiv) Allen, un infirmier très occupé entre l'hôpital et les patients dont il s'occupe à son compte, et Bill (Haplo) Woodrugh, vieux flic désabusé, proche de la retraite et déçu de l'institution, en quête de sens auprès de communautés qu'il a trop souvent côtoyées du mauvais côté du flingue.

Chacun de leur côté avaient commencé à constater des choses étranges que leur entourage ne percevait pas, un phénomène auquel ils ont réagi très différemment. Un beau jour de janvier, un patient nommé Fred Harris s'est présenté au dispensaire présentant une amnésie particulière et une apathie étrange. Remonter le fil de ses souvenirs les a menés jusqu'aux rêves parties clandestines du vieil Eddie auxquelles ne peuvent participer que celles et ceux qui, à leur image, ont su soulever le voile de la brume pour distinguer les légendes qui sommeillaient en eux.

C'est Bill a qui a eu le plus de mal à encaisser le choc, au début. Il se posait depuis plusieurs mois des questions sur sa santé mentale, depuis qu'il était parvenu à plonger une kidnappeuse dans une profonde catatonie à la seule force de sa voix et de son regard. Cette fois-ci, il accusa d'abord les Candies, ces bonbons dont les poches de Fred débordaient d'emballages. Bill en avait retrouvé une pleine caisse aux alentours d'une vieille fonderie de verre abandonnée, là où le GPS de Fred avait commencé à dérailler cette nuit fatidique où sa mémoire s'était enfuie. Bill avait tout ramené chez lui, priant pour qu'Agnès, sa femme, ne se rende compte de rien. C'était peut-être sa dernière enquête, une occasion en or de mettre le pied à l'étrier de Betty Lejeune. Betty : sergent chef de son commissariat. Une fille intègre, prête à bien faire, maline en diable, qu'il refusait de voir s'aigrir comme lui dans ce nid de serpents sonnants et trébuchants. Elle passait à ce moment le concours de lieutenant, elle comptait sur lui. Il n'allait pas se laisser dévier de cette sainte mission par ce miroir aux alouettes et les histoires du vieil Eddie ! Tête sur les épaules, Bill. Yeux en face des trous.

Jayden, lui ne se posait pas tant de questions. Il avait toujours entendu les esprits autour de lui. C'était un don, un truc de famille qui lui venait certainement de sa grand-mère, Joslin. Une façon d'être, presque un bonheur qu'il transmettait du mieux qu'il pouvait à ses chers patients. Mme Stapleton, les frères Domingo, les habitués du dispensaire et les malades de l'hôpital : tous méritaient le soleil que sa présence leur procurait. Le désarroi de Fred le toucha pour cela en plein cœur. Comment aider celui qui avait perdu une part de lui-même ? En retraçant les pas de ce pauvre Fred jusqu'à la rave du vieil Eddie, Jayden découvrit dans le Temps du Rêve une vérité simple : il pouvait encore plus, il pouvait encore mieux. Il pouvait tous les soigner. Tous. Il lui suffirait pour ça de réveiller ce pouvoir tapi au fond de lui.

Pour Jamichael, tout est à la fois plus simple et plus compliqué. Plus simple, parce que sa route est claire, ses journées bien remplies. Il a de lourdes responsabilités au dispensaire et même au-delà, avec le syndicat médical dont il est un rouage essentiel sous la houlette du vieux Bob. C'est un fin tacticien et un excellent juge de caractère, ce qui lui permet de naviguer dans ce vivier sans jamais perdre sa boussole : le bien de tous. Mais tout est plus compliqué, parce que, contrairement à Jayden, il sent naître en lui une part de lui-même dont il a bien du mal à juger la nature. Est-ce lui ? Est-ce un autre ? Une autre ? Est-ce quelque chose à accueillir ou à combattre ?

Juste avant cette quatrième session, ils ont découvert deux choses étonnantes. L'une, c'est que le petit-fils de Mme Stapleton, Jack, s'était fait tuer. Aucun doute là-dessus, ils ont regardé la cicatrice qu'avait laissé la balle fatale sous toutes les coutures. Et pourtant, il marchait. Parlait. Lentement, comme vidé, terne et morne, mais néanmoins "vivant". L'autre, c'est la présence, dans le Temps du Rêve du vieil Eddie, sorte d'endroit hors du temps qui se déplace de soir en soir, d'un dealer de ces bonbons qui ont fait perdre la mémoire à Fred, et des voix qu'il contenaient. Dès qu'il a pu les examiner de plus près, Jayden les a entendues, ces âmes des morts prisonnières. Nous reprenons là, dans le Temps du Rêve.


*

Bill, Jayden et Jamichael ont tenté de donner sens à leur découverte d'une substance inquiétante, sorte de drogue vendue sous forme de friandises dans lesquelles s'entendent les plaintes d'âmes tourmentées. S'imaginer vidés de la sorte, privés d'une part si essentielle d'eux-mêmes les a stupéfiés. En réponse à la peur et au dégoût qui l'envahissaient, Jayden, d'instinct, en a écrasé un sous son verre avant de se sentir mal. Ses amis ont dû le soutenir pour le ramener jusque chez Jamichael. Ils avaient dans l'idée d'y boire un café réconfortant tous ensemble et de discuter tranquillement, loin d'Eddie et des autres, de ce qu'il convenait de faire de ces bonbons maléfiques. Cependant, dans l'esprit de Jamichael une préoccupation plus terre-à-terre a rapidement chassé la crainte qui l'habitait plus tôt. Le lendemain matin se tiendrait une importante réunion qui déterminerait le financement du dispensaire — et de beaucoup d'autres services municipaux indispensables. Impossible d'y arriver en trop sale état. Alors que ses amis avalaient leur café dans un profond silence, il a sagement commencé à rassembler son dossier avant d'avaler un somnifère.

Bill a ramené Jayden jusque chez lui et ne l'a pas quitté avant de l'avoir vu franchir sa porte. Puis il est rentré, et s'est nettoyé de sa culpabilité d'avoir abandonné Agnès, Joanna leur fille et Betty sa collègue en lavant les dernières traces du dîner qu'il avait manqué. Était-ce la peur ou la maturité ? Dès le lendemain, il s'ouvrait à Agnès de sa décision de recontacter Molly, la fille prodigue avec laquelle il s'était durablement brouillé.

Du côté de Jamichael, la réunion a très mal commencé. Le vieux Bob Matterson, sur lequel il pensait pouvoir compter, l'a cueilli juste avant en lui annonçant que, en accord avec Adam Hay le petit jeune aux dents longues, il ne comptait pas défendre plus que ça le dispensaire devant Richard Pryers, le conseiller municipal. L'argument central était de réorienter le financement municipal vers les équipes hospitalières plutôt que de le disséminer dans autant de centres de soins. Jamichael a dû se battre bec et ongles pour qu'il consente ne serait-ce qu'à repousser son projet de quelques mois. Lors de la réunion proprement dite, Jamichael a cependant su détecter chez Pryers un grand besoin de calme et de sérénité avant des élections qui s'annoncent difficiles. S'engouffrant dans la brèche, il a su, par un discours construit et très argumenté, lui présenter le plan d'Adam Hay comme une expérimentation hasardeuse plutôt que le sage procédé de gestion qu'il prétendait être. Pryers a été tellement impressionné de sa prestation qu'il est venu le voir à la fin de la réunion, autour de la cafetière et des mauvais croissants, pour lui glisser sa carte de visite et son numéro de téléphone personnel. Un tel talent, dans une campagne accrochée, ne serait-ce pas dommage de passer à côté ?

Jayden a commencé comme tous les matins par la tournée de ses patients. Expédiant rapidement les frères Delgado, il est arrivé vers onze heures chez Mme Stapleton, qui l'attendait sur le porche malgré le froid mordant. Il cherchait surtout à prendre des nouvelles de petit fils Jack, qui se tenait à côté d'elle, l'air morne et les yeux vides mais toujours en vie, du moins en apparence, malgré son état de mort clinique. Mme Stapleton refusait toujours de noter le moindre changement chez son petit-fils, tout juste concédait-elle un petit coup de fatigue. Elle lui avait d'ailleurs accordé une bière, malgré l'heure matinale, histoire de le requinquer un peu. Jayden l'observait tout en pratiquant les soins d'usage, Jack triturait lentement l'étiquette de sa bière, jusqu'à la détacher presque de la bouteille. Sous celle-ci : une pilule, qu'il a avalé rapidement. Son effet a été immédiat. Le rose lui est remonté aux joues, il est redevenu le jeune homme qu'il avait été avant l'accident. Il a sauté sur ses deux pieds et annoncé tout pimpant qu'il a llait rendre visite à des amis. Que s'était-il passé ? Qu'était-ce que cette pilule ? Le petit cri de Mme Stapleton a brusquement ramené Jayden à des préoccupations plus terre à terre. Il avait trop serré son pansement.

Pendant ce temps, Bill a reçu un message de Jeff, rencontré quelques jours plus tôt dans une réunion du groupe de parole "Réparer les failles" qu'il découvrait. Bill se rappelait surtout sa compagne, Felicia, qui lui avait paru tout aussi perdue que lui et n'avait pas très bien pris qu'il la dévisage. Il avait alors proposé son aide à Jeff, sans bien savoir en quoi celle-ci pourrait consister. Dans son message de ce matin, Jeff s'alarmait du comportement de Felicia qui s'était enfermée dans leur chambre avec leur nouvelle née, Mira, qui réclamait pourtant des soins urgents. Bill est passé voir en voisin, le jeune couple habite à deux pas, tout près du réservoir nord dans un petit pavillon si miteux qu'on le dirait près de disparaître à tout instant traîné par un camion. Jeff l'a fait entré et Bill a constaté les dégâts. Felicia était en rage, enfermée dans la chambre avec le bébé. Il s'est approché et a tenté la voie diplomatique, mais elle ne voulait rien entendre. Il a enfoncé la porte et Felicia est devenue bleue de rage, comme possédée d'un démon. D'un simple geste de la main, elle l'a repoussé de plusieurs mètres. Alors Bill a renoncé à toute prudence et a laissé parler en lui cette part qui l'effraie tant. D'un simple regard jeté sous ses sourcils broussailleux, il a empoigné la corde de ses émotions jusqu'à l'apaiser, jusqu'à l'immobiliser, jusqu'à la faire taire, ici et maintenant. Felicia s'est effondrée juste après avoir transmis l'enfant à Jeff.

Bill a alors senti une pincée subite entre deux de ses côtes. Son cœur palpitait, brusque, irrégulier, le sang bouillonnait jusque dans son oreille. Il s'est effondré alors que Jeff inquiet manipulait son téléphone pour appeler les secours.
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BenjaminP
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Re: [CR] City of Mist : Denver avant l'éveil de la magie [prequel d'une campagne cyberpunk]

Message par BenjaminP »

Denver dans la brume, saison 1, épisode 13 !

C'est la joueuse de Mila qui se colle au résumé pour cette fois ! Ça explique quelques problèmes de continuité du récit, que je tente d'éclaircir à la volée.

*

Avant de quitter la réserve Indienne en compagnie d’un Novac effrayé que Max tenait à emmener avec eux dans les catacombes, Mila se plongea dans l’ouvrage du futur afin d’y trouver encouragement à poursuivre dans la voie tracée avec Goldie. Alors que la date de la Danse des Esprits, tel un bandit manchot détraqué, ne pouvait se fixer, un nouvel élément sembla également osciller... Croyant percevoir un lien entre leurs actions et la potentielle place de la Magie dans ce nouveau monde, Mia mis de côté ses hésitations. [Nos deux héros ont récupéré chez Valérian un curieux ouvrage qui semble prédire l'avenir mais se modifie au fil des jours — et de leurs actions, semble-t-il ; c'est l'artifice qui permet les préfigurations des événements futurs, ceux qu'ils ont déjà joué dans la campagne précédente.]

Sa lecture achevée, elle prit conscience du retard qu’elle venait de leur faire prendre, la matinée était bien entamée, ils étaient encore loin des catacombes et n’avaient pas l’ombre d’un plan… Ce soir, sans la fiole qu’ils devaient récupérer, les combinaisons d’or que Goldie ne manquerait pas d’apporter seraient inutiles et leur meilleure chance d’infiltrer le manoir s’envolerait.
Heureusement, Max fit une nouvelle fois preuve de ses talents de conducteur et la vieille guimbarde fila dans la ville enneigée telle une bourrasque improbable. De dérapage en dérapage, ils arrivèrent plus tôt que prévu devant l’entrée des catacombes.

Dissimulé derrière des palissades se tenait un local de maintenance d’une ligne de métro qui n’avait jamais été mise en circulation. Ils y pénétrèrent facilement et descendirent la volée d’escalier les menant à un sombre tunnel où résonnait un chant latin repris en chœur. Mila choisit alors de faire appel à ses amis des profondeurs et ce fut 100 paires d’yeux qui leur vinrent en renfort, et 100 morsures sur lesquelles compter si besoin.

Les devançant dans le tunnel, les rats débouchèrent sur un quai où s’aggloméraient tentes et abris de fortune. Leurs habitants, encapuchonnés dans leurs brunes robes de bure, étaient regroupés autour de deux hommes vêtus de jaune et portant chacun à leur cou une des fioles convoitées par Max et Mila. A la demande de celle ci, les rats cherchèrent ensuite une autre issue que le couloir d’arrivée. Il n’y en avait malheureusement aucune, hormis une petite fissure au pied d’une fresque murale représentant un homme tenant un calice. De l’autre côté du mur, des sépultures, des ossements, des chaînes, un calice sur un autel… Le rat espion n'eut pas le temps d’en voir plus, une botte vint écraser son crâne, faisant tinter un éperon. Yokai ! [C'est le garde du corps d'Alona Wainwright, celui qui n'a pas cru à leurs bobards auprès de sa patronne.] Il était en compagnie d’un troisième homme en jaune qu’il laissa dans la sépulture lorsque le mur s’effaça devant lui pour le laisser rejoindre la cérémonie en cours.

Max convainquit Mila d’avancer dans le couloir pour mieux évaluer la situation et fit basculer cette dernière, avec l’aide de Novac, en se précipitant tel un banana split dans une des pièces attenantes au quai. Tous prévenus que Yokai et ses hommes étaient de cette imminente intrusion, ils réagirent au quart de tour et se précipitèrent à la suite de Max. Diversion qui permis à Mila de se dissimuler dans une tente et de prendre possession d’un rat qu’elle envoya avec quelques congénères prendre d’assaut un des hommes en jaune pour dérober une des fameuses fioles.

Alors que celui-ci la lui rapportait, Mila compris au mouvement de ses poursuivants que Max avait pris la fuite dans la direction opposée à la sienne, elle lui envoya quelques rats en espérant l’aider, confia à Novac de les couvrir comme il le pourrait et rebroussa chemin vers la sortie avec son butin. Max, quant à lui, s’enfonça en courant dans les profondeurs, emportant avec lui un coffre fort. Devant lui, une impasse. Derrière lui, un Yokai en fumée noire tourbillonnante... Max se désintégra à son tour, un courant d’air le fit miraculeusement traverser le mur qui se dressait devant lui et il se retrouva seul, sain et sauf, avec devant lui les sépultures hopis. Il eut alors une vision, il vit une jeune femme emmenée en ces lieux par les cultistes pour y être enchainée, y recevoir une goutte d’eau deux fois distillée [c'est l'artefact que Goldie cherche à dérober dans le manoir Canseliet, la raison qui fait d'elle une alliée de circonstance et l'explication ultime des pouvoirs du culte], et ainsi s’éveiller avant d’être “emmenée à la fournaise”. [Voici donc le mode de fonctionnement du culte enfin éclairé : ils éveillent en leurs ouailles les mythes qu'elles renferment avant de les en extraire par un obscur rituel, dans un but encore inconnu de nos héros.]

Max finit ensuite par regagner l’air libre et ses pas le guidèrent jusqu’au bar où l’attendait Novac. Mila les y rejoignit ayant échappé, non sans mal, aux hommes de main d’Alona. Après avoir suivi ces derniers, ainsi que l’homme en jaune et Whirler [la cheffe de cette petite communauté souterraine du Magnum Opus], les petits rats finirent également leur service.
Enjeu Solo, l'émulateur de MJ qu'il est beau ! Pour toutes vos parties sans MJ, Enjeu Solo contient les oracles qu'il vous faut. Dynamisez la narration, adaptez-la au rythme du récit, tenez compte des enjeux et surprenez tout le monde, vous le premier.
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