[CR] Striscia - bretteurs sur gage

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Corvos
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[CR] Striscia - bretteurs sur gage

Message par Corvos »

Suite à la lecture des comptes rendus de @Malone, j’avais bien envie de tenter l’aventure Striscia surtout que la lecture du jeu fut très agréable. Le projet a été repoussé plusieurs fois pour diverses raisons mais la récente lecture de Gagner la Guerre (pas encore finie) a réveillé le projet.
Comme je suis pas la moitié d’un con (ni directeur des programmes chez arte), j’ai complètement zappé que l’univers était détaillé dans Mémoires d’un Spadassin que je prenais pour un recueil de scénarios, j’ai écrit une dizaine de pages pour détailler un peu un univers alternatif avec un petit who’s who centré actuellement sur les 4 familles en mixant allègrement striscia, le dodecaedre et le Vieux Royaume de Jaworski.

Spoiler:
-Hexenberg n’a pas eu lieu et la réforme en est à ses balbutiements.
-Le Doge actuel a été élu suite à son action décisive lors de la guerre contre le Califat 20 ans auparavant. (Un mix entre Leonide et Bucephale).
-Le Doge précédant à été éliminé durant la guerre avec ses fils (fauchant toute descendance mâle chez les Barberini). Sa mère soupçonne le Doge actuel, sans preuve.
-La capitale à été transférée de Bracce (ville du pape maintenant) à Vicerezzo par l’actuel Doge entraînant le déclin du port de Scavoli.
-La région des cités États est connue sous le nom de Striscia, à l’ouest la Gallivorne (Espagne), au nord l’Empire (SEG), à l’est on s’en fout et de l’autre côté de la mer, les îles du Califat.
-Le Doge est élu parmi les familles de Haute Noblesse par 200 Sénateurs.
-La Haute Noblesse est un statut héréditaire donné par vote au Sénat. Le nombre de famille varie grandement, actuellement elles sont 4 : Caroglio (Doge), Barberini, Valegni, Staufenheim.
-Anna Barberini espère faire reconnaître le bâtard de son fils comme l’héritier du patronyme (Décision soumise a l’approbation du Doge). La petite fille d’Anna a été mariée au patriarche Staufenheim avec de sombres rumeurs sur cette union (il l’aurait tué et exhiberait une paysanne lui ressemblant, elle ferait de la sorcellerie,...).
-Les Valegni sont principalement puissants économiquement et misent leur popularité sur le mécénat et la distraction populaire (façon édiles romains) avec un fils vicié et une fille très proche de l’inquisition.
-Les staufenheim sont une dynastie issue de l’empire qui a livré la ville de Kaellbrucks aux armées du Doge il y a des siècles en échange d’un titre striscien. Ils ont emporté avec eu le secret de l’acier impérial mais sont surtout considérés comme des barbares mal dégrossi.
-Multiplication des écoles d’escrime (trop de noms sympa chez Jaworski pour ne pas les utiliser).
-guerre contre la Gallivorne il y a 10 ans, le succès militaire des armées du Doge a raffermi son emprise sur le poste et à repoussé la vengeance des Barberini.

Je suis parti du scénario Voluno de La Dernière Escapade de Telenaïs (Dodecaedre) en modifiant lourdement le début pour avoir une mini enquête pour dérouler le système.

Le scénario est bien utile pour introduire Zanda, une possible némésis au groupe et, s’il est sauvé, Voluno qui fera un bon nid à emmerdes (un petit Hans Capon pour les érudits) et pourrait connaître un développement intéressant dans d’autres scénario.

Côté héros, le casting est composé de:
Vec’Antonio, un vieux marin ayant survécu à un naufrage.
Giacomo, un espion sulfureux.
Roberto, un pèlerin polyglotte.
Abstentino, le joueur pas là qui a sournoisement oublié de me rappeler de me souvenir de lui proposer de faire un perso.

Voluno (part 1/2)

Un manteau blanc couvre la ville depuis la veille tandis que nos héros se réveillent dans leurs lits au sein de l’école de la Spada battuta sous les aboiements de leur maître d’arme, Giovanni Batiste Pocolini. Encore avinés de la veille, ils se voient chargé de retrouver Voluno, un jeune étudiant de la Spada Battuta qui, loin d’être intéressé par le métier des armes, se montre utile comme cuisinier et habile à la mandoline. Tous se rappellent avoir vu l’adolescent la veille au soir, dans une taverne avant qu’il ne se retire pour aller retrouver sa belle actuelle, une certaine Maria Sangiovanni. La fouille de son coffre personnel révèle des armes de bonne faction, des vêtements dispendieux et une liasse de lettres d’amour contenant plusieurs graphies féminines.
Après un bref passage aux cuisine ou l’absence de Voluno se fait tristement sentir, nos amis arpentent les rues en retraçant la soirée de la vieille en y allant de leurs théories sur les mésaventures de leur ami, entre mauvaise rencontre et mari cocu.

Leur mémoire n’apporte aucune précision sur la fameuse Maria qui leur est inconnue même s’ils avancent, à raison, qu’elle doit habiter non loin de l’école située dans le quartier des halles.
Ils échouent tout d’abord dans le rade du bord de mer où ils ont vu Voluno pour la dernière fois. Sur place, ils retrouvent des marins qui étaient déjà présents la veille au soir. En les interrogeant, l’un d’eux se souvient avoir vu un jeune avec une mandoline quitter les lieux pendant qu’il se soulagait dans une ruelle adjascente. Le marin leur indique une vague direction.

Vec’Antonio en profite pour s’enquérir des rumeurs actuelles sur le port: un navire du port aurait vu sa cale vidée malgré une garde rapprochée, l’usage de magie est soupçonné. Des enfants auraient été retrouvés la langue coupée et les yeux crevés, vêtus comme des nobles mais la peau extrêmement fripée. De plus, la Striscia Nera (école liée au Doge) s’est accrochée contre la Purpurezza (école liée aux Valegni, ancienne lignée de Doge), il y aurait eu des morts, sans plus de précision.

Craignant quelques instants que Voluno ne se soit retrouvé entre les deux écoles qui se vouent une haine non dissimulée, la possibilité est rapidement écartée car la rumeur ne faisait mention que des uniformes des deux écoles, très différents de ceux de la Spada Battuta.

En remontant les rues selon l’indication du marin ayant vu Voluno partir, ils croisent quelques bandes à l’allure patibutaire qui semblent hésiter à les accoster mais ils sont trois, pas sur qu’une cible isolée dans la nuit bénéficie d’une telle clémence.

Arrivés dans le quartier des banques, une agitation attire leur attention et semble drainer un curieux cortège de notables, d’artisans culinaires et quelques enfants mendiant un quignon de pain ou une piécettes. Reconnaissant un ancien client, le trio accoste Agostino Malavena, le peintre sulfureux qui les reconnaît bien. S’il n’a aucune idée d’où se trouve leur ami, il leur apprend que le remue ménage est causé par le début des festivités du mariage de Maria Sangiovanni, fille du banquier Marco Sangiovanni avec le Sénateur Estrella. La nouvelle jette un froid sur le groupe qui envisage sérieusement le pire maintenant que la cible des avancés de Voluno est identifiée et que la politique s’y mêle.

Agostino les laisse à l’entrée de la casa en leur promettant de leur envoyer Voluno si d'aventure, il le rencontrait à l’intérieur. L’inspection du périmètre extérieur de la somptueuse demeure permet de découvrir dans la neige des traces de combat et du sang en faible quantité. Le musicien semble bel et bien être venu jouer une sérénade à Maria et avoir été rossé par le personnel Sangiovanni. Les traces indiquent qu’il s’est traîné dans un coin avant que quelqu’un ne l’aide à se relever. Les deux couples de pas et quelques gouttes de sang repartent en direction des halles et de la taverne du veau d’or. Son tenancier, un ancien soldat, est touché par leur recherche d’un compagnon d’arme et se montre bavard. Il a bien vu un jeune amoché arriver tard dans la nuit sous le bras d’un soiffard habituel, Archedi Ripa.

Après avoir obtenu son adresse, les 3 amis s’y rendent pour découvrir une porte fracassée et des voix d’hommes provenant de la bâtisse. Giacomo se glisse à l’arrière de la maison laissant Roberto et Vec’Antonio passer par l’entrée. Ripa est aux prises avec 2 brutes venues recouvrir une dette. Roberto entame des négociations écourtées par l’avidité du malfrat. Giacomo entre en scène et blesse un des deux hommes, Roberto balafre le second du front à la ceinture, lui crevant l’œil. Giacomo s’apprête à abattre son adversaire d’un coup de pistolet mais Roberto le devance avec sa lame afin d’éviter l’attention causée par une déflagration. L’eborgné en profite pour filer sans demander son reste mais se souviendra de cette rencontre.

Ripa remercie ses sauveurs et leur livre son histoire, il a bien croisé Voluno blessé, il l’a emmené au veau d’or pour des soins sommaires et une bouteille de vin pour oublier la douleur. Voyant que son nouvel ami allongeait la sonnante, Ripa lui a proposé d’aller aux arches d’armes, une taverne servant un meilleur vin. Là, Ripa se serait mis à jouer avec une jolie rousse qui se fait appeler Zanda pendant que les compagnons de la belle sympathisaient avec Voluno et ses largesses. Ripa se souvient avoir entendu le jeune homme parler de vengeance, de Sénateurs et de faire ses preuves dans une armée. Il semblerait que leur jeune ami, sous l’effet de l’alcool, se soit engagé dans une troupe de mercenaires ou d’anarchistes. Le joueur se souvient avoir vu Voluno signer un papier avant que la rousseau et sa bande ne partent avec lui via la Via Mala. Le trio lui conseille de partir et de  changer de vie, ce qu’il promet de faire en glissant dans ses affaires quelques bourses ventrues discrètement.
Rapidement, Pocolini est mis au courant de la situation. Il enrage de voir un de ses étudiants, fusse-t-il un pacifiste comme Voluno. Il fournit à nos amis le contrat liant l’adolescent à la Spada Battuta et ordonné qu’il soit ramené, de gré ou de force. Malgré quelques doutes sur la méthode, le trio se met en route vers la porte sud non sans avoir fait quelques provisions pour la route et sellés les vieilles carnes mises à disposition par Pocolini. Ils vident également  le  coffre de Voluno au cas où les fonds viendraient à manquer,
c’est beau l’amitié.

A la porte sud, un garde se souvient d’un convoi mené par u’e rouquine comportant une dizaine d’hommes dont un jeune bruyant armé d’une mandoline, passé quelques heures plus tôt. En chemin, ils se demandent comment un bretteur tel que Voluno a pu être recruté par des mercenaires mais lentement ils comprennent que son uniforme de la Spada Battuta, ses blessures récentes et ses armes ont fait que les étrangers l’ont pris pour un des spadassins de la Striscia Nera ou des Purpurezza dont la ville parlait. Ce faisant, ils passent devant un carrefour où se dresse une stèle du Crucifié vandalisée, ce qui ne les émeut pas vraiment.

La neige facilite leur traque et la route fin d’après-midi les amène aux pieds des vignes de Spogira et son petit village hibernant en cette fin d’hiver. Le maréchal-ferrant se souvient avoir referré le cheval d’une rousse il y a moins de deux heures. Il lui a proposé de passer la nuit dans une étable vu que le soir n’allait pas tarder à tomber mais elle a évoqué connaitre un lieu où passer la nuit. Pour l’homme, il ne peut s’agir que d’un vieux temple ayant été attaqué par l’inquisition à ses débuts sous prétexte d’abriter une hérésie. Le groupe touche au but.

A faire pour la prochaine séance:

Rajouter au who’s who les Sangiovanni, le Sénateur Estrella, Agostino et Ripa.
Commencer une table des rumeurs pour le plaisir de rendre la ville vivante et lancer des hameçons.
Relire la fin du scénario et voir sur quoi enchaîner, probablement le Marchand Trop Généreux si la table se poursuit.
Insister sur l’état de la Spada Battuta et son évolution au fil de la réussite des missions ou non.
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Corvos
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Re: [CR] Striscia - bretteurs sur gage

Message par Corvos »

Voluno (part 2/2) 12 janvier 476
 

Nos amis sont donc dans le village de Spogira alors qu’ils voient arrivent un nuage de poussière entourant la mule de leur compagnon, Bertrando Cesare. Ce dernier a été envoyé à leur suite par Giovanni Batista pour leur prêter main forte. Ils décident d’aller voir le petit prieuré de San Marino d’un peu plus prêt et, grâce à Giacomo qui se guide aux étoiles, ne se perdent pas en chemin. Après avoir traversé un petit bosquet et s’être éloigné d’environ 30 minutes dans la végétation environnante, ils arrivent en vue d’une colline surplombée d’un bâtiment à moitié en ruine.
 
En l’observant à la longue vue depuis les vignes, Vec’Antonio repère ce qui semble être une  sentinelle dans une des tours de l’église, aussi le groupe décide de faire une petite sieste dans les ouillères en attendant que la nuit tombe complètement avant de tenter une approche. Bertrando monte la garde en maugréant alors que les notes plaintives de la mandoline de Voluno semblent lui parvenir.
 
Lorsque la lune est haute dans les ciels, les lames se rassemblent et montent à l’assaut du prieuré. Depuis les ombres, ils repèrent facilement un garde à l’entrée, un vieil homme avec une moustache tombante (Kalder) qui semble avoir mené son lot de bataille. Deux chevaux sont encore attachés à la carriole, ce qui donne une idée à la bande. Profitant de l’obscurité, Giacomo se glisse subrepticement sous la charrette et libère les chevaux de leurs liens avant de leur donner de quoi fuir au loin. Le garde réagit en appelant de plus jeunes recrues pour les lancer à la poursuite des chevaux à renforts de cris en impérial, confirmant les soupçons de nos amis.
 
La seconde partie du plan consiste à déloger simultanément les deux sentinelles, de la porte et de la tour, mais si, dans un premier temps, tout semble bien se passer, l’escalade s’avère plus bruyante que prévue et, depuis les hauteurs, le spadassin tire un carreau d’arbalète à travers le bras de Roberto. S’étant penché par-dessus le rebord pour ce faire, l’homme est également cueillit par la dague lancée par Roberto et bascule dans le vide. Vec’Antonio tente d’entamer des pourparlers avec l’homme à la porte mais celui-ci s’enfuit dans le prieuré. Rapidement rattrapé, Vec’Antonio lui offre une porte de sortie, fuir ou appeler à l’aide et mourir dans un couloir humide d’un lieu déserté. L’homme à la moustache hésite mais finit par fuir sans demander son reste pendant que Giacomo recoud le brave Roberto. L’arbalétrier mort est dépouillé de ses vêtements, révélant un soleil brûlé sur l’épaule gauche ce qui ne dit rien à personne.
 
Une fois dans le prieuré, ils découvrent un lieu ravagé par un ancien incendie, envahi par les plantes grimpantes et l’humus humide. Seul le péristyle de la cour intérieur semble avoir été déblayé pour accueillir quelques couches de fortune autour d’un petit bivouac. Alertés par une faible lueur sous une porte, le groupe se glisse discrètement dans une autre pièce, sur la piste musicale de leur ami qui semble avoir couvert le bruit des combats.
 
Un gros cadenas bloque la porte sortant de la salle capitulaire dans laquelle ils se trouvent, visiblement Voluno n’est plus si heureux de ses nouveaux compagnons et doit être gardé sous clefs. En fouillant la salle capitulaire, ils font main basse sur une lettre cachetée écrite dans un code étrange au milieu d’un couchage bien plus luxueux que ceux de la cours lequel embaume un parfum féminin. Le cadenas ne résiste pas aux avances métalliques de Bertrando qui libère ainsi son ami et une grosse poignée de jeunes hommes à l’air abattu et apeurés. Voluno explique n’avoir que peu de souvenir de la veille et avoir dormi par moment dans la charrette. Lorsqu’il a dessaoulé et demandé pour partir, on l’a jeté dans cette geôle improvisée. Les autres sont des garçons de fermes, des petits voyous et des jeunes qui se sont laissé embrigader devant une prétendue gloire et fortune facile. Tous sont relâchés et s’enfuient dans la nuit.
 
Intrigué, le groupe insiste pour vérifier la lueur sous une des portes du péristyle et découvre la cuisine où bout un ragoût qui détonne dans le délabrement environnant. Une rapide discussion sur la possibilité d’empoisonner le repas pour éviter un combat trop déloyal plus tard, le groupe décide plutôt de profiter de l’obscurité pour déguerpir, après tout, Voluno est sauf et rien ne les pousse à récupérer le contrat qu’il aurait signé puisque celui-ci est caduc selon les lois de Striscia. Avant que les mercenaires ne reviennent, la troupe s’éloigne donc après avoir mis le feu à la carriole contenant les vivres de leurs adversaires et galope sur des mules mécontentes vers Vicerezzo. En chemin, Roberto tente de mettre un peu de plomb dans la cervelle de l’adolescent, il doit choisir ses conquêtes comme ses batailles. Et pour ce qui est de choisir ses combats, le pacifiste juvénile sait y faire.
 
Pas mécontents de retrouver la cour inégale garnie de flaque de neige fondue et leurs chambres au toit percés, le groupe sirote un petit verre d’alcool de prune assis sur les bancs à côté des mannequins d’entraînement pour profiter des retrouvailles entre Giovanni Batisto et Voluno, l’occasion pour eux d’apprendre quelques nouveaux jurons ponctué par une énorme claque qui résonne au-delà des murs de l’école. Sous l’hilarité générale, Voluno se dirige vers les cuisines après avoir eu droit à un petit remontant de la part d’un Roberto compatissant.
 
Quelques jours passent tranquillement, Voluno ne semble pas plus choqué par cette histoire et avoue même le nom de sa nouvelle idylle : Elisa, une jeune lavandière du quartier des halles. Pendant ce temps, les Lames déchiffrent le message codé : Nouveaux arrivage pour H – La Compagnie Ardente. Pas plus avancés, ils se renseignent en ville sur la fameuse bande de mercenaires impériaux menés par une rousse mais les pistes s’épuisent vites. Ils font également du repérage dans les quartiers des forges, espérant y voir un concentré d’impériaux puisque les Staufenheim y sont bien représentés mais personne ne semble connaître la rouquine ou la Compagnie Ardente.
 
 
Le Marchand trop généreux – 17 janvier 476 (part 1/2)
 
 
Alors que l’hiver s’installe sur la ville, Giovanni Batisto est ravi d’apprendre à ses élèves qu’un tournoi de bretteurs se prépare et qu’il est plus que temps d’y faire briller la Spada Battuta, éternellement dans l’ombre. Depuis, la Striscia Nera, l’école organisatrice assure la présence du Doge, de quoi s’assurer un surplus de renom pour ceux qui s’illustreront. Malheureusement, les mannequins d’entraînement font triste mine et doivent être remplacé sans parler des fuites dans le toit ni des frais d’inscription, aussi le maitre d’arme réclame 200 florins par personne. Comme personne n’a les moyens, il invite sa troupe à sortir dans la ville et trouver de quoi renflouer les caisses de l’école. Voluno présent, se saisit rapidement d’un balai et récure la cour en lançant un regard désolé à ses amis.
 
La tournée des anciens employés ne donnant rien, la troupe erre sur les quais où ils espèrent se faire engager en raison de la récente hausse de la criminalité. Ils repèrent rapidement une bande observant le débarquement d’un navire par deux marins qui se relaient pour débarquer des caisses dans une charrette sans garde. Vec’Antonio, en ancien marin, reconnaît le contenu particulier des caisses : de l’encre. Bertrando convainc le groupe de ne pas intervenir quand les 7 malandrins se saisissent de plusieurs caisses avant de fuir dans le dédale des ruelles du port sous les hurlements des deux marins qui les poursuivent.
 
Hésitant un moment à voler la charrette abandonnée, le groupe est interrompu par l’arrivée d’une bourgeoise à la robe verte détonant dans le décor douteux du port. Elle est accompagnée par un adolescent armé d’une rapière et se présente comme Elisa Contarini, venue chercher la cargaison de La Mouette. Serait-ce la récente conquête de Voluno ou une simple coïncidence ? Stupéfaits, ils se font engager pour retrouver les caisses volées et les ramener à la Casa Contarini, via Bonaventura, dans le quartier de la Cathédrale. Une poignée d’heures sont suffisantes pour rassembler le contenu de 5 caisses qui ont échouées dans diverses feuilles de la ville dont Il Foglio et la gazette de Vicerezzo. Une fois en possession de l’encre, la troupe se dirige vers chez les Contarini pour être payés.
 
 
 
Spoiler:
Dommage pour les Joueurs d’avoir joué la sécurité, ils avaient plutôt bien dégarni le prieuré en se débarrassant de plus de la moitié des opposants au prix d’un blessé. Bon, Zanda est un poil plus dangereuse mais ils n’ont même pas fouillé discrètement les deux pièces restante dans le péristyle soit la cellule du moine fou où il peignait ses visions du futur (je les réintroduirais via un artiste de la ville, possiblement Agostino Malavena qui va sans doute devenir un élément récurrent (une sorte de Macromuopo jeune) contrairement à ce qui est dit de cet artiste dans le LdB) et surtout la bibliothèque où ils pouvaient récupérer un petit grimoire avec tout ce que ça impliquerait si l’un d’eux se laissait tenter par les voies obscures.
 
Spogira a subi les conséquences de ce retrait anticipé et de l’incendie. Zanda a rassemblé ses hommes survivants ainsi que Kalder et ceux-ci ont fait passer une mauvaise nuit aux habitants, comme le découvrirons les joueurs prochainement. Ce n’est pas une punition des joueurs, juste l’ordre logique des choses. L’un d’eux m’a même rappelé mon propre antagonisme avec un PNJ d’une autre campagne qui a fini par collaborer avec nous. Peut-être qu’après la haïr, la traquer, j’arriverai à produire un beau retournement de situation morale également. Mais pour cela, il faut d’abord la rendre détestable.

La sauce avec Voluno semble bien prendre à mi-chemin entre le petit frère qui se met dans les ennuis et l'élément presque comique dans un monde qui ne l'est pas. Il va pouvoir se développer dans l'ombre et on va laisser quelques parties s'écouler sans trop le faire réintervenir.
 
 
 
A faire pour la prochaine partie

Augmenter le Who's who: Kalder, Zanda, Elisa Contarini, la Gazette de Vicerezzo, Il Foglio,
Définir l’école via la gazette 2
Nouvelles rumeurs.
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Kobayashi
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Re: [CR] Striscia - bretteurs sur gage

Message par Kobayashi »

Chouette CR, merci beaucoup !
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Corvos
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Re: [CR] Striscia - bretteurs sur gage

Message par Corvos »

Merci !
Je règle quelques trucs et j'irais le poster sur les forum de l'Ours aussi :)
 
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Corvos
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Re: [CR] Striscia - bretteurs sur gage

Message par Corvos »

J'ai développé l'école des joueurs via ce qui était proposé dans la Gazette.
Comme j'ai un joueur qui sera absent à la prochaine partie, j'ai proposé de faire une séance en comité réduit un autre jour pour qu'il puisse participer et pouvoir mettre en scène une partie de ce qui a été développé.

Spoiler:
La Spada Battuta – Ecole d’Escrime - Endettée de 20 bourses auprès de Furio Mandragore.

Giovanni-Batista Pocolino : le secret de l'escrime, c'est de toujours donner, jamais recevoir.
Giovanni Batisto Pocolino est le fils d’un marin disparu en mer et d’une comédienne. Il est né à Vicerezzo. Il s’est engagé dans les phalanges vers 16 ans et n’a pris sa retraite qu’au terme de la campagne contre la Gallivorne, soit il y a 10 ans. Ayant vu ses amis se faire massacrer par « le Masqué », il décida de créer une école, la Spada Battuta, pour entrainer des jeunes gens dans l’espoir de se venger un jour.

Furio Mandragore : devenu riche à la mort soudaine de son père sur un navire revenant de Gallivorne, il s’est empressé de financer une école de bretteurs afin d’assurer son ascension sociale. Malheureusement, le Masque a rebattu rapidement les cartes. Il reste persuadé que la Spada Battuta aura son rôle à jouer avant la fin de son histoire. Il apparaît quelque fois à l’école ou envoie son âme damnée avec une demande et peu importe sa légalité, il n’aime pas attendre.

Hypathia Pocolino : la sœur de Giovanni possède une chaire à la prestigieuse université de ma ville où elle enseigne l’Astronomie. Elle est secrètement en contact avec des grands esprits à travers le monde, ce qui pourrait lui valoir des ennuis.

Ami :

Le Ministériel Dodato: ancien des phalanges, il a gagné une blessure qui le rend boiteux en sauvant Francesco Marozzo d’un guet-apens ce qui lui a assuré une retraite dorée comme gratte-papier pour le sénat.

Apuleio Fiorelli: ancien spadassin entré dans les ordres après avoir assisté à son lot de tuerie. C’est lui qui a entraîné Pocolino pour en faire un maitre d’arme habile avant de raccrocher définitivement. Sa légende pousse encore quelques imbéciles à le défier mais c’est Pocolini qui relève le gant pour lui. Fiorelli possède une petite masure en dehors de la ville où il coupe les mauvaises herbes, bats les cartes avec de rares amis et tue le temps en contemplation divine.

Ennemi :

Lanfranco Cascio : chef des hommes du guet de Vicerezzo. Cruel, il officiait comme bourreau dans les Phalanges lors de la dernière guerre. Il ferme les yeux sur certains crimes tant qu’on lui graisse la patte et qu’on lui fournit un coupable à exhiber à la vindicte populaire. Il doit une vilaine cicatrice qui le défigure à Giovanni Batisto Pocolino suite à un désaccord sur le traitement à réserver à quelques prisonniers.

« Le Masque » : un bretteur d’exception apparu peu après la guerre dans Vicerezzo. Il a massacré les meilleurs amis de Pocolino lors de duels équitables. Les rares témoins affirment qu’il a gagné dans les règles même s’il semblait se battre à une vitesse presque surnaturelle. Il a toujours désigné à ses adversaires où il les frapperait avant de porter le coup. Il semble avoir disparu depuis quelques années mais sa légende persiste encore. Il n’a épargné qu’une personne, Pocolino, après l’avoir grièvement blessé. Personne ne sait qui se cache derrière son masque la honte et ses habits de carnaval.


J'en ai profité pour pondre un tout petit truc basé sur l'ergot de seigle et les recherches de Mendel en génétique (le moine qui faisait s'accoupler des petits pois).
Comme je voulais placer cet épisode entre Voluno et le Marchand trop généreux, j'ai prévenu qu'il y avait 5 scène et que si ce n'était pas fini en 3h (la partie), la mission serait un échec. Je n'aime pas trop mettre ce genre de pression car ça peut couper quelques beaux moments mais ça a rempli sa mission. Et ca me donne de jolies conséquences pour la suite.
Pardon à tous les abonnés d'Il Figlio, les vrais, ceux de Vicerezzo.
 

Blés sûrs, idéaux, logiques – 16 janvier 476
 
Pocolino convoque Bertrando, Giacomo et Vec’Antonio pour leur confier une lettre d’introduction auprès du Sénateur Furio Mandragore auprès duquel la Spada Battuta est endettée. Le Sénateur a évoqué la nécessité d’avoir quelques agents discrets pour une mission dont Pocolino à l’intelligence de ne rien vouloir savoir. Une fois changé pour passer inaperçu, les 3 hommes se rendent de bon matin chez le Sénateur pour découvrir déjà une foule compacte de clients, artisans et relations qui se pressent devant l’entrée. Quelques gardes s’occupent de vérifier les motivations des solliciteurs. Bertrando se glisse au travers de la foule mécontente et les gardes le font entrer après avoir survolé la lettre. Quelques opportunistes tentent de se faufiler dans le sillage de Giacomo et Vec’Antonio qui sont priés d’entrer également mais les gardes séparent le bon grain de l’ivraie. Cette tentative de resquiller empêche les gardes de fouiller les nouveaux venus qui pénètrent donc dans les jardins avec leurs armes.
 
A l’intérieur, ils traversent de larges couloirs garnis de fresque retraçant l’histoire de la maison Mandragore de la main des meilleurs artistes du pays et quelques salons pleins de la clientèle et domesticité du Sénateur. Après avoir congédié son architecte, le Sénateur leur apprend la raison de sa venue. Il sait qu’une réunion secrète va avoir lieu bientôt. Ses espions lui ont assuré qu’une de ses connaissances, l’armateur Bastini possède une invitation non nominative à cette réunion et il souhaite que les spadassins soulage le bourgeois de cette lettre qu’il conserve sur lui en permanence. Il faut évidemment agir sans effusion de sang et s’assurer qu’aucun lien ne pourra être fait. Le Sénateur donne également un itinéraire précis et chronométré de l’armateur qui semble être un homme d’habitude. Malgré quelques réticences, la mission est acceptée.
 
Les trois amis partent repérer l’entrepôt et la société Bastini avant de se mettre en quête d’un lieu parfait pour lui tendre une embuscade et le dépouiller. La journée s’écoule dans une longue et froide attente tandis que le ciel s’obscurcit lentement. Au bout d’un moment, il devient clair que Bastini a du retard sur son horaire ou pire. Rebroussant chemin, ils découvrent l’homme qui s’attarde à donner des directives aux gardes qui surveillent l’entrepôt pour la nuit avant de s’éloigner vers le quartier des Arènes avec un jeune homme dont il peut mal cacher l’affiliation.
 
Sur ses talons, une embuscade est rapidement décidée alors qu’un imprévu prenant la forme d’une chaussée recouverte du contenu d’un charriot force Bastini et son fils à emprunter une ruelle. L’affaire ne fait qu’un pli, Giacomo menace l’adolescent de son pistolet tandis que les deux autres assomment et fouillent le père qui est proprement dépouillé. Pour faire taire le jeune, une prescription médicale au pommeau est employée. L’affaire se corse quand la victime se met à pisser le sang dans un flot ininterrompu. Ecoutant son bon cœur, Giacomo prend le temps de déchirer le gilet du blessé pour lui bander la tête en espérant que le froid de la neige aidera.
 
La missive donne rendez-vous à son porteur le soir même dans une petite auberge connue pour être munie d’une arrière-salle qui peut être louée pour des soirées privées. Sur place, le trio dépense l’argent volé à Bastini pour se réchauffer et oublier la longue attente de la journée. La porte de l’arrière-salle est surveillée par 2 brutes et dans la populace présente dans l’auberge, l’œil avisé des spadassins repère au moins 7 personnes qui semblent surveiller la porte d’un peu très près. L’heure de la réunion arrivant, le trio passe gagne l’arrière salle en présentant la missive. Là, ils reconnaissent quelques armateurs de la ville, une table occupée par des représentants de la Guilde des Meuniers, quelques banquiers attablés qui taquinent le vieux Sangiovanni sur le mariage de sa fille. Pour compléter le tableau, un colosse balafré à la table des banquiers, garde du corps ou personnage trop inquiétant pour qu’un des notables ne lui demande de trouver un autre siège ainsi que Spirito De Solaris, le rédacteur en chef d’Il Foglio.
 
A peine attablé, un moine replet monte sur la petite scène. Transpirant, mal à l’aise, il s’excuse de la mise en scène mais il ne connait que peu la ville et se sent surveillé depuis quelques semaines. Il se présente comme étant Sebastino Pasquale, un moine ayant longuement échangé avec des scientifiques du Califat et étant parvenu, à force de travail, à créer des germes de blé résistants à la Peste de Feu. Il explique l’origine de ce champignon s’attaquant aux récoltes et pouvant infecter animaux et humains et son projet pour en venir à bout. Il a surtout besoin d’appui politique et financier afin que les premières récoltes de son blé soient distribuées partout. Les meuniers et armateurs se frottent déjà les mains en hurlant au génie tandis que les banquiers sont absorbés par une vive discussion sur les risques financiers.
 
Une question de Giacomo est noyée dans le brouhaha qui vient désormais de la salle commune, un des gardes entrouvre la porte pour annoncer, le visage en sang, que les Agents du Doge sont là. Derrière lui, la mêlée fait déjà rage. En quelques secondes, la petite assemblée se rue sur la minuscule porte de sortie sans retenue. Parvenant à jouer des coudes, le trio parvient à sortir mais le moine a déjà disparu. Ils voient le géant s’éloigner avec un banquier tandis qu’ils questionnent Solaris en s’éloignant. Les questions tournent autour de la crédibilité du moine et sur les raisons qui ont poussé les Agents du Doge à mettre fin à la réunion manu militari.
 
Le journaliste évoque une série de raisons, économiques, politiques, jalousie, corruption, sans compter les Bastini qui doivent se remettre de leur agression dans la ruelle et pourraient avoir fait un lien ténu avec la vengeance comme unique horizon.
 
Sur ce, le groupe retourne chez le Sénateur Furio, trouve la poterne du palais et se souvient du mot de passe, Sentenza. Ils traversent d’autres couloirs, moins richement ornementé. Des couloirs pleins de portes d’où pourraient sortir des dizaines d’assassins. Des couloirs plongés dans l’obscurité ambiante qui donne une toute autre allure à la bâtisse. Au loin, ils entendent de la musique et des rires. Le domestique qui les guide les fait attendre dans un petit salon où un feu s’étouffe doucement dans l’âtre. Bertrando le ranime, jetant une lueur bienvenue dans la pièce. Furio finit par arriver accompagné d’un vieux religieux au regard sévère emmitouflé dans une robe de bure usée. La porte du couloir est laissée entrouverte et le Sénateur écoute le rapport sans plus de politesse.
 
Une fois le rapport fini, le vieil homme se présente comme l’Inquisiteur Cinesisto et réclame immédiatement la mise à mort de Pasquale et la destruction de ses recherches qui sont un tissu de mensonge doublé d’une insulte à la face du Crucifié. Giacomo insiste pour savoir en quoi les recherches sont en opposition avec le Dogme. Cinesisto appuie qu’il a pu lire les écrits de Pasquale qui s’est notamment basé sur des écrits de scientifiques du Califat et que seul peut naître la révolte lorsque le peuple sera mis face à l’échec de sa méthode. Furio semble dans ses petits souliers face à l’Inquisiteur et finit par réclamer également le meurtre du moine et la destruction de ses recherches.
 
La porte du couloir s’ouvre pour laisser passer le colosse à la balafre. Il s’agit de Frido Carvelli, l’enfant d’un couple brûlé sur le bûcher. Il a été recueilli par Cinesisto qui lui a offert une éducation de fanatique. Il confirme ce qui a été rapporté de la réunion et il semble que la capacité du Sénateur à obéir ait également été mise à l’épreuve ce soir. Cinesisto et Furio retournent à leur soirée en laissant le soin à Frido de s’assurer que la mission sera exécutée avec succès. C’est donc un trio bien réticent qui propose à Frido de se séparer pour couvrir les possibles voies de fuite de Pasquale, ils iront au port et le géant fouillera la Via Alta avant de les rejoindre pour converger vers la Via Mala.
 
Rapidement, la silhouette de Sebastino se détache de l’obscurité. Il tambourine sur l’entrepôt de Bastini pour demander de l’aide et à quitter la ville par bateau dès le soir. En voyant le trio, il leur demande de l’aide pour regagner Scavoli et son monastère afin d’y être en sécurité mais l’annonce de la présence de l’inquisiteur finit de le terrifier. Il supplie un moment, aveugle au fait que son monastère ne cherchera pas à l’aider face à l’inquisition, même s’il promet de se rétracter, de brûler ses recherches et de se borner à n’être qu’un bon jardinier pour ses pairs. Un soupçon d’hésitation passe sur la scène, Bertrando exécute miséricordieusement Sebastino Pasquale d’un coup de dague. La messe est dite.
 
Giacomo s’éloigne avec les écrits du moine pour les dissimuler alors que Frido arrive au loin, ravi de voir le travail accompli. Les recherches sont sauves, pour le moment, avec l’espoir d’un jour les faire parvenir à quelqu’un qui pourra forcer le Sénat à statuer sur leur véracité sans le spectre de l’église dans la balance. Pour couvrir les pistes, le spadassin met le feu à un appartement vide et ramène un codex calciné.
 
Le lendemain, Il Foglio publie un article que le peuple encense avant que le Sénat ne vote dans l’après-midi la destruction du journal pour trouble à l’ordre public, tentative de sédition et propagation d’information de nature à nuire à l’autorité. La plupart de ses journalistes sont tués, les presses détruites et le bâtiment rasé dans une atmosphère tendue où les poches de révolte éclatent çà et là. Solaris reste introuvable par contre.
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Kobayashi
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Re: [CR] Striscia - bretteurs sur gage

Message par Kobayashi »

Très, très sympa ! :bravo:
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Corvos
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Re: [CR] Striscia - bretteurs sur gage

Message par Corvos »

Avec du retard, la suite des aventures de la Spada Battuta. On a finit ce scénario et j'espère avoir le temps d'écrire les résumés avant d'enchaîner sur le prochain qui devrait être une invention perso en vue du tournoi qui arrive.
Le Marchand trop généreux – 17 janvier 476 (1/4)
 
Alors que l’hiver s’installe sur la ville, Giovanni Batisto est ravi d’apprendre à ses élèves qu’un tournoi de bretteurs se prépare et qu’il est plus que temps d’y faire briller la Spada Battuta, éternellement dans l’ombre. Depuis, la Striscia Nera, l’école organisatrice assure la présence du Doge, de quoi s’assurer un surplus de renom pour ceux qui s’illustreront. Malheureusement, les mannequins d’entraînement font triste mine et doivent être remplacé sans parler des fuites dans le toit ni des frais d’inscription, aussi le maitre d’arme réclame 200 florins par personne. Comme personne n’a les moyens, il invite sa troupe à sortir dans la ville et trouver de quoi renflouer les caisses de l’école. Voluno présent, se saisit rapidement d’un balai et récure la cour en lançant un regard désolé à ses amis.
La tournée des anciens employés ne donnant rien, la troupe erre sur les quais où ils espèrent se faire engager en raison de la récente hausse de la criminalité. Ils repèrent rapidement une bande observant le débarquement d’un navire par deux marins qui se relaient pour débarquer des caisses dans une charrette sans garde. Vec’Antonio, en ancien marin, reconnaît le contenu particulier des caisses : de l’encre. Bertrando convainc le groupe de ne pas intervenir quand les 7 malandrins se saisissent de plusieurs caisses avant de fuir dans le dédale des ruelles du port sous les hurlements des deux marins qui les poursuivent.
Hésitant un moment à voler la charrette abandonnée, le groupe est interrompu par l’arrivée d’une bourgeoise à la robe verte détonant dans le décor douteux du port. Elle est accompagnée par un adolescent armé d’une rapière et se présente comme Elisa Contarini, venue chercher la cargaison de La Mouette. Serait-ce la récente conquête de Voluno ou une simple coïncidence ? Stupéfaits, ils se font engager pour retrouver les caisses volées et les ramener à la Casa Contarini, via Bonaventura, dans le quartier de la Cathédrale. Une poignée d’heures sont suffisantes pour rassembler le contenu de 5 caisses qui ont échouées dans diverses feuilles de la ville dont Il Foglio et la gazette de Vicerezzo. Une fois en possession de l’encre, la troupe se dirige vers chez les Contarini pour être payés.
Le Marchand trop généreux – 17 janvier 476 (2/4)
 

Le petit groupe rentre à l’école pour découvrir Pocolino en grande discussion avec un adolescent tremblotant. Le maître d’arme congédie même assez vivement un groupe de 3 hommes qui quittent les lieux en saluant le groupe. En approchant, ils peuvent entendre l’histoire du jeune rouquin dont le visage ne leur est pas inconnu. Pammachio Anzivino raconte comment les bretteurs l’ont secouru près de Spogira quelques jours plus tôt. Il est rentré chez lui à Spogira pour voir le village se faire attaquer par les mercenaires survivants qui ont massacré les habitants et volé des vivres pour reprendre la route de l’empire. Il a ensuite couru pendant plusieurs jours pour rejoindre la ville, se souvenant de ce que Voluno avait dit de ses amis durant sa courte captivité. Il n’a nulle part où aller aussi Roberto le prend en pitié et propose à Pocolino de l’engager dans la Spada Battuta.
Le vieil homme hésite mais finit par se laisser attendrir en espérant ne pas avoir à le regretter. Il dit également avoir refusé d’engager les 3 hommes qui se sont présentés plus tôt, craignant qu’un intérêt si soudain pour l’école ne dissimule des agents d’autres écoles qui cherchent à éliminer un peu de concurrence ou à recueillir des informations. Roberto commence donc l’entraînement du jeune Pammachio avant de l’emmener se délasser avec les autres aux bains.
La soirée tombée, Vec’Antonio prétexte une affaire urgente pour prendre congé. Giacomo, Roberto et Bertrando se rendent chez Elisa Contarini où ils sont gracieusement accueillis par la jeune femme qui explique vouloir les engager pour l’escorter à l’Opéra ce soir, à la demande insistante de son frère qui est persuadé qu’un malheur s’apprête à fondre sur sa famille. Elle les laisse profiter d’un large buffet pendant qu’elle termine de s’apprêter pour la soirée. Autour de la taille débordant de victuailles, les bretteurs mangent pour plusieurs repas et Roberto taille le bout de gras avec quelques domestiques qui viennent se restaurer également. Ils apprennent que la famille Contarini est relativement riche, que le patriarche, Bartolomeo souhaite prendre sa retraite dans un monastère et diviser sa fortune entre ses enfants et l’église. Gasparo, son fils, s’est persuadé que l’église manipule son père pour l’argent tandis qu’Elisa accepte sereinement la décision paternelle. En bon Strisciens, ils se persuadent assez vite que le frère pourrait vouloir faire éliminer père et sœur avant que la répartition ne soit effective, aussi prennent-ils leur mission à cœur.
Elisa fait son entrée dans une robe noire la mettant en valeur, toujours accompagnée de son petit page dont l’épée frotte contre le sol. Le groupe se met donc en route vers l’Opéra sans rien déceler d’étrange sur la route. Le prodigieux bâtiment dresse son ombre au milieu d’une large place qui draine tout ce que la ville possède d’esthètes fortunés. Elise leur demande de l’attendre dehors et part profiter de sa soirée en compagnie de l’adolescent qui jette un regard mauvais à Giacomo qui se proposait de l’accompagner pour la protéger à l’intérieur.
Sur la place, le vent froid a tôt fait de faire danser les bretteurs qui maintiennent une vigilance sans faille, ne repérant rien d’anormal pendant près de deux heures. Finalement, 3 silhouettes sortent d’une taverne à l’autre bout de la place, semblent dévisager le trio avant de quitter les lieux. A peine quelques minutes plus tard, trois assaillants masqués accrochent la Spada Battuta qui répond sans pitié. Au premier sang, le combat s’arrête et les inconnus se pressent autour de leur ami blessé. Rapidement, ils sont reconnus comme le trio rencontré à l’école qui souhaitait estimer le niveau de l’école. Ils proposent d’offrir un repas le lendemain. Les excuses sont acceptées et les deux groupes se quittent bons amis.
 
L’opéra retentit d’une salve d’applaudissements alors que le spectacle touche à sa fin. Les spectateurs se pressent pour sortir et la place se déserte rapidement alors qu’apparaît Elisa. Emportée par ce qu’elle vient de voir, elle se met à raconter le spectacle, la Muette de Portici, où comment une femme a mené un peuple à la révolte. Soudain, un bruit perçu par l’oreille de Giacomo le met en alerte, il cherche des yeux une fenêtre ouverte d’où viendrait le danger et finit par discerner une ombre armée d’une arbalète. Il a juste le temps de pointer la menace avant de se jeter dans la trajectoire d’un carreau qui le percute dans le dos, la douleur lui faisant perdre connaissance immédiatement. Roberto s’élance vers l’appartement, juste à temps pour voir une silhouette s’enfuir par les toits. Il découvre une fiole de poison et une arbalète abandonnés sur place.
Bertrando tente d’emmener le reste du groupe à l’abri, avec une Elisa terrorisée par le sang, qui hurle avant de plonger dans un état catatonique. Le sang qui coule à flot et le liquide qui imbibe le trait lui fait suspecter du poison. Il tente d’endiguer l’hémorragie par pression mais rien n’y fait. Alors qu’une petite foule de curieux lui offre des conseils contradictoires, il force le jeune page à le remplacer pour courir chez un apothicaire.
Après une brève enquête de voisinage qui ne lui apprend rien si ce n’est que la maison était abandonnée, Roberto rejoint le groupe et prend le relais de l’adolescent qui, ravi d’être remplacé, peut enfin tomber totalement dans les pommes. Bertrando revient finalement avec un élixir qui permet de sauver la vie de Giacomo qui reprend enfin connaissance. Elisa est ramenée chez elle, absente, à pas lents pour économiser le blessé et que Bertrando porte l’inconscient.
C’est Gasparo qui les accueille, prêt à se battre, accusant les bretteurs d’être les agresseurs de sa sœur avant que Roberto ne souligne l’absurdité de la situation de raccompagner sa potentielle victime chez elle. Gasparo retrouve à grande peine son calme et invite le groupe à rentrer. Une fois sa sœur au lit et un médecin appelé, il offre le repas et exige le récit de la sœur. Giacomo est réveillé à l’aide de sels tandis que Roberto tente plusieurs fois de Gasparo provoquer en insinuant qu’il pourrait se cacher derrière tout ça mais il apparaît rapidement que le jeune homme n’a ni les épaules pour une telle entreprise ni la cervelle pour comprendre un sous-entendu, même appuyé. Gasparo se montre même à la limite paranoïaque, se sent suivi depuis des semaines et quelques incidents ont éveillés ses soupçons. Il pointe du doigt un ami de son père, l’abbé Giuseppe Federici du monastère de Montecari où son père désire se retirer. L’homme d’église aurait pu décider que la moitié de la fortune des Contarini n’était pas assez, d’ailleurs, il a plusieurs fois demandé à Bartoloméo de prendre le temps de la réflexion, ce qui pourrait aussi lui avoir donné le temps de fomenter la mort des enfants afin de persuader ensuite un père détruit de céder toute sa fortune à Montecari. Roberto et Bertrando proposent rapidement de continuer à enquêter et de renforcer la sécurité de la maison Contarini avec des condisciples de la Spada Battuta. Roberto envisage un temps de faire payer pour les services de Voluno mais craint d’avoir d’autres problèmes à gérer d’ici peu aussi seul Absentino est proposé et engagé aussitôt par Gasparo qui devient de moins en moins suspect.
Nos trois amis rentrent se coucher à l’école avec le projet de visiter Montecari dès le lendemain. Roberto observe un moment Pammachio s'échiner contre un mannequin d'entraînement qui lui donne visiblement beaucoup de fil à retordre ce qui le pousse à regretter d'avoir insisté pour qu'il soit engagé. Étrangement Vec'Antonio n'est pas rentré mais plus étrange encore, Voluno est bel est bien dans son lit, endormi.
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Re: [CR] Striscia - bretteurs sur gage

Message par Corvos »

Raté :D
Ca a été une partie écourtée, du coup résumé assez maigre.
 

Le Marchand trop généreux – 18 janvier 476 (3/4)
 
A l’aube, le groupe se dirige vers le monastère de Montecari, bien décidés à faire parler l’abbé Giuseppe Federici. Ce dernier est absent, mais un jeune novice content de pouvoir discuter avec des visiteurs leur dresse le portrait d’un homme de bien. Selon les rumeurs, il aurait été puni par sa hiérarchie pour des positions pro-autochtones dans les colonies et avoir critiqué ouvertement l’esclavage pratiqué par les Strisciens, notamment la famille Barberini. Le novice les prévient que l’abbé donne actuellement des cours aux enfants du quartier des Arènes. Le groupe décide d’aller enquêter et passent l’après-midi à observer discrètement Federici qui ne fait rien qui éveille leurs soupçons. Après avoir enseigné aux enfants pauvres, il reprend le chemin de Montecari. Le groupe décide de l’aborder calmement et la discussion porte rapidement sur les Contarini. L’abbé explique qu’il s’est lié d’amitié avec Bartoloméo et accepte sa décision de prendre sa retraite. Selon lui, ça fait de longs mois que le patriarche souhaite se retirer de la vie publique et s’investir au salut de son âme et Federici a dû déployer des trésors de persuasion pour repousser quelque peu sa décision. Quand il apprend que Giacomo a sauvé la jeune Elisa, il insiste pour qu’il soit examiné au monastère et remercie chaleureusement le jeune homme. Il demande aux bretteurs, de plus, de veiller sur les enfants de son ami et d’éviter surtout que la fougue de Gasparo ne lui fasse faire une bêtise qu’il pourrait regretter.
 
 
Après avoir partagé le maigre repas des religieux, les 3 bretteurs rentrent sur Vicerezzo. Giacomo utilise ses contacts peu recommandables pour savoir qui pourrait vendre de « La Pisseuse », le poison sur le carreau qu’il a reçu hier. Il finit par obtenir un nom, Valeria Taranto, qui tient une petite boutique d’herboriste. Sous la pression, elle avoue avoir vendu récemment du poison à une jeune femme nommée Francesca qu’elle décrit comme une jolie jeune femme, habillée pauvrement mais avec une épée à la garde luxueuse.
 
De retour à l’école, Pammachio les averti que 3 jeunes hommes sont passés ce midi, prétendant avoir un promis un repas à Roberto, Giacomo et Bertrando. Ils ont attendu presque deux heures avant de prendre congé, prétextant devoir retrouver Francesca pour leur entraînement. Se pourrait-il que les jeunes d’hier soient liés d’une façon ou l’autre à cette mystérieuse assassin ou s’agit-il d’une pure coïncidence ?
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Re: [CR] Striscia - bretteurs sur gage

Message par Corvos »

Plus qu'un de retard.
 

Le Marchand trop généreux – 20 janvier 476 (4/4)
 
 
Au réveil, Roberto va continuer à espionner Federici de son côté. Décidé à avoir une discussion avec Gasparo pour l’informer de l’évolution de l’enquête et éviter qu’il ne trouve un autre moyen de s’en prendre à l’abbé Giuseppe Federici, Roberto et Giacomo se rendent à la demeure Contarini. Gasparo les accueille, ravi, et leur offre un repas dans son petit bureau. Après avoir pris des nouvelles de la jeune Elisa qui se remet difficilement de l’attentat de la veille, la discussion porte sur l’innocence de l’abbé et la piste de cette Francesca.
 
 
Soudainement, un objet noir muni d’une mèche atterrit dans la pièce et roule sous le bureau. Bertrando soulève la table pour la retourner entre eux et Gasparo qui se retrouve couvert d’aliments et de crème. Giacomo se saisit de la bombe pour la jeter dans le jardin. Tous s’apprêtent au choc qui ne vient pas, la bombe est de mauvaise qualité mais met probablement Gasparo hors de la liste des suspects potentiels.
 
 
Connaissant les lois en vigueur sur la poudre, Giacomo et Bertrando se rendent à la guilde des artificiers pour obtenir des informations. Les bombes sont réservées à un usage militaire et aucune n’a été récemment commandée puisque le temps est à la paix. Cependant, le représentant de la guilde qui les reçoit mentionne un jeune apprenti, Tito Stelluti, qui a récemment décidé de quitter la guilde et pourrait, éventuellement, vendre de la poudre de mauvaise qualité à des clients peu regardants. Il serait bon pour tout le monde que quelqu’un mette fin à ce commerce, s’il existe, avant que la guilde des Artificiers ne soit traînée dans la boue.
 
 
Les deux bretteurs finissent par mettre le grappin sur Stelluti dans une taverne mal famée. Ce dernier donne l’impression d’être un simple étudiant qui cherche à gagner sa vie et parvient à attirer la pitié d’un Bertrando qui lutte encore avec sa morale suite au meurtre du prêtre Sebastino Pasquale. Tito avoue avoir vendu de la poudre à une jolie jeune femme aux longs cheveux noirs bouclés avec une rapière de bourgeoise ce qui semble coller avec la mystérieuse Francesca. Il l’a bien prévenu d’éviter l’humidité mais est heureux d’apprendre que sa bombe n’a pas explosé. Il promet de changer de vie, et probablement de ville, si on lui en laisse l’occasion et débarrasse le plancher avec la bénédiction des deux hommes. Au passage, ils apprennent la rumeur que le Califat a répondu favorablement à l’invitation au prochain tournoi de bretteurs de Striscia.
 
 
La prochaine étape de leur plan consiste à retrouver le trio de l’avant-veille, Rudolfo, Emilio et Stefano. C’est finalement ce dernier qu’ils retrouvent, après avoir parcouru la ville en tous sens, attablé à une terrasse. Après quelques civilités, il leur révèle l’adresse de Francesca et écrit un petit mot d’introduction pour qu’elle sache qu’il les envoie vers elle. Courant à perdre haleine, Giacomo et Roberto déboulent dans l’immeuble qui héberge Francesca. Après avoir rapidement rencontré la logeuse, ils pénètrent dans l’appartement vide et crasseux qui ne contient qu’une lettre où la jeune femme explique son geste : elle est la fille d’Abraham Malafante, l’ancien collaborateur de Bartolomeo Contarini. Ce dernier a fait assassiner son père et sa mère et, ayant survécu, elle cherche à se venger et que justice soit rendue. Elle annonce se rendre chez les Contarini avec le but d’éradiquer une famille scélérate qui ne manquera pas à Vicerezzo.
 
 
 
Les deux amis arrivent juste à temps pour voir Absentino aux prises avec Francesca. Gasparo est assommé dans un coin du salon et Elisa s’est barricadée dans sa chambre. Légèrement blessé, Absentino cède la main et va s’assurer qu’Elisa va bien. Le combat s’engage ensuite entre les trois lames qui se blessent assez rapidement. Profitant d’une attaque violente sur Giacomo, Bertrando écrase son poing sur la tempe de Francesca, ce qui met fin à l’altercation. Après s’être assuré de la santé de Gasparo et du silence d’Absentino, la jeune femme est portée jusqu’à l’école. Gasparo n’ayant pas eu le temps de voir son agresseur, l’histoire officielle sera que la Spada Battuta a mortellement blessé un inconnu qui a tenté de fuir avant d’être mis à mort dans une ruelle. Les Contarini, contents, payent l’école pour leur aide. De son côté, Francesca se voit offrir une opportunité, si elle accepte de mettre de côté sa vendetta sanglante, elle rejoindra la Spada Battuta et peut-être qu’un jour elle pourra traîner son cas devant un tribunal qui lui rendra justice. Avec le temps, peut-être qu’elle trouvera là ce qui lui manque le plus : une famille.
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Corvos
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Re: [CR] Striscia - bretteurs sur gage

Message par Corvos »

Ouais, enfin à jour de ce côté, y a plus qu'à mettre à jour le Who's who et trouver des portraits pour trop de pnj :(
Scénar maison écrit en 2-2, j'ai senti de la réticence chez les joueurs avec le thème mais finalement ils semblent bien accrocher et trouver des hypothèses encore pire que les miennes.
*Création du Sénateur Celli a postériori selon les règles de création de contact, à la demande de la table et création collégiale.
 

La maquerelle trop populaire – 24 janvier 476 (1/ ?)
 
Quelques jours ont passé depuis que Francesca fait partie de l’école et l’âme damnée de Furio refait son apparition pour venir s’entretenir avec Pocolino. Quelque minutes plus tard, ce dernier sort dans la cour et demande à Bertrando, Giacomo et Roberto d’approcher tandis qu’il jette un papier dans un braséro. Visiblement mal à l’aise, il leur demande de se rendre à un entrepôt dans le quartier du port pour y retrouver un commanditaire que Furio leur demande d’aider. Les dents serrées, le groupe s’y rend et découvre une bâtisse peu entretenue dans une ruelle qui ne paye pas de mine. A l’intérieur, tout est vide à l’exception d’un petit homme rondouillard à l’allure de marchand assis derrière un unique bureau, accompagné de deux ruffians. Il se présente comme Aubepino Carusi, un nom qui sonne faux, et a besoin d’aide pour nuire à la réputation d’un commerce concurrent. Il ne veut pas d’effusion de sang ni de dégât matériel. Une simple baisse de fréquentation lui permettra de faire une honnête offre de rachat dans une petite semaine et c’est tout ce qu’il escompte.
 
Devant l’insistance de Roberto, Aubepino accepte de donner quelques détails sur l’opération mais se montre bien avare en détail. Le commerce ciblé est une maison de passe luxueuse dans le quartier des Arènes qui fait de l’ombre à son propre commerce. La mission est acceptée à contrecœur mais les bretteurs rentrent rapidement à l’école pour en parler au maître d’arme, tout ça ne sentant pas bon à leurs nez délicats. Pocolino est, bien sûr, de leur avis mais la dette de l’école ne leur permet pas de faire les délicats, aussi renvoie-t-il tout le monde au turbin illico.
 
Une rapide reconnaissance permet d’établir plusieurs choses intéressantes. Bien que situé dans le quartier des Arènes, la Maison des Mille Fleurs bénéficie d’un voisinage des plus propres et calme, loin de la masse populaire, bruyante et violente qui s’entasse dans ce quartier. Le bâtiment est constitué d’un bloc unique de quatre étages formant à lui seul un pâté de maison. La bâtisse est joliment décorée de fleurs et un toit plat semble offrir une terrasse plus que bienvenue en été. Les volets sont clôt jusqu’au deuxième étage, la porte d’entrée est surmontée d’une lanterne qui semble indiquer quand le lieu est ouvert et un certificat de salubrité officiel a été émis par l’administration de la ville. Ils notent également que la place et les rues autour du lieu sont pourvues d’un incroyable nombre de lampadaire publics.
 
Bien conscients qu’ils n’entreront jamais dans un lieu aussi huppé, ils se décident, craintifs des retombées que cela pourrait engendrer, de convaincre Voluno d’aller passer une soirée là-bas. Ayant entendu parler du lieu sans y avoir pour autant ses entrées, l’adolescent se laisse convaincre qu’il est de son devoir de visiter le lieu, pour le bien de l’école. Roberto en profite pour passer la soirée avec Francesca et découvrir le tempérament de la jeune femme qui lui parle de ses projets de vengeance. Pendant ce temps, Giacomo et Roberto vont espionner une partie de la nuit la Maison des Mille Fleurs alors que Voluno parvient à entrer en s’acoquinant avec un habitué sur le porche. Roberto assiste à une livraison de vin, directement par les caves Marius Anzalone et repère sans peine la porte des cuisines. De son côté, Giacomo assiste au ballet des clients, tous trop bien habillé pour dissimuler leurs origines ou leur fortune. Tous portent des masques et sont souvent accompagnés de spadassins, certains entrant, d’autres faisant les cent pas autour du lieu. Malgré les masques, certaines silhouettes sont reconnues comme le vieux banquier Sangiovanni ou le Sénateur Hans Staufenheim, complètement nu, avec son masque sur l’entrejambe, accompagné d’une vingtaine de duellistes armés comme s’ils partaient en guerre. Les deux amis aperçoivent également un lanternier venir allumer les lampadaires peu avant la nuit, ce qui plonge les alentours de la maison de passe dans une clarté sécuritaire ainsi que les rondes très régulières des hommes du guet qui normalement ne contrôlent guère ce quartier à la nuit tombée.
 
Tard dans la nuit, Voluno ressort, éméché. Il parvient à donner quelques renseignements supplémentaires et dresser un plan sommaire des lieux sur au moins deux étages. Il leur apprend que l’établissement est géré par Madame Giorgia Gotto, une fille d’ancien Sénateur dont la famille est tombée en disgrâce avant d’être vendue en esclavage au Califat. On pénètre dans la maison en donnant un mot de passe « fille du Doge », ce qui fait craindre au groupe que le lieu ne soit sous la protection de Caraglio. L’équipe planche donc sur un plan pour faire empoisonner légèrement du vin ou de la nourriture en espérant que la crème rassemblée en ces lieux n’apprécie que moyennement de vider estomac et intestins en si bonne compagnie.
 
Au petit matin, ils décident d’aller revoir leur commanditaire dans son entrepôt qui est évidemment vide. Les voisins prétendent même que le lieu est maudit depuis le suicide de dernier propriétaire, voilà des années. Surpris, le groupe décide alors de rendre une visite de courtoisie au Sénateur Nico Celli qui est leur débiteur depuis qu’ils ont, par pur hasard, mis fin à la tentative d’enlèvement de sa cousine qui revenait de sa maison de campagne. L’homme se fait vieux et n’est plus que l’ombre de ce qu’il était en politique bien qu’il soutienne le parti Pacifiste et les Caraglio mais il aime à être sollicité par la jeunesse pour dispenser conseils et mettre en action ce qu’il lui reste d’emprise et de réseau. Après avoir agité ses filets, il peut apporter quelques lumières supplémentaires sur la situation. Le lieu jouit d’une très bonne réputation, même s’il ne le fréquente pas. Il sait, de plus, que des puissants font tout pour que l’église ne s’y intéresse pas trop ou du moins ferme les yeux. En ce qui concerne les tournées du guet, il s’agit d’un ordre venu de Lanfranco Cascio le chef des hommes du Guet et ancien des Phalanges qui déteste copieusement la Spada Battuta et son maître d’arme. Pour couronner le tout, Celli se souvient que lorsque les diplomates et officiels du Califat venaient encore à Vicerezzo, il y a de cela 10 ans, ils refusaient de siéger dans les palais qui étaient mis à leur disposition mais logeaient tous dans la Maison des Mille Fleurs, ce qui avait fait les gorges chaudes d’une partie du Sénat qui ne s’était pas empêchée de commenter ces manières de sauvage. Pour finir, le Sénateur s’étonne de la présence d’autant de lampadaires car il avait défendu le décret sur l’espacement légal des sources de lumières publiques afin de lutter contre la propagation trop aisée d’un incendie. Il semblerait que la place et ses environs soient dans l’illégalité la plus crasse.
 
Abattus, les bretteurs retrouvent les pavés de la rue, se demandant ce qui va leur tomber sur le râble s’ils s’acquittent de leur mission et surtout, s’ils ne le font pas. D’un côté un Sénateur véreux qui n’hésite pas à avoir recours à la violence, de l’autre une maison close tenue par une probable espionne, soutenue par des puissants. Il va falloir jouer serré, surtout qu’ils se rappellent que les rumeurs évoquent la venue officielle de combattants du Califat pour le tournoi d’hiver de Vicerezzo. Se pourrait-il qu’ils ne servent que de pions dans une machination qui les dépasse ?
 
 
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Corvos
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Re: [CR] Striscia - bretteurs sur gage

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La maquerelle trop populaire – 25 janvier 476 (2/ ?)
 
De retour à l’école, Pocolino leur présente une nouvelle élève, Angela Lazzarini. Décidément, l’école est sous une bonne étoile pour ce qui est de la réputation auprès d’épéistes en devenir. Rapidement, il demande au groupe de l’emmener avec eux sur l’affaire qui les occupe actuellement en précisant à Bertrando de la garder en vie au moins jusqu’au payement de l’inscription pour l’année en cours.
 
Tandis qu’elle est mise au parfum de la situation dans laquelle le groupe se trouve, Frido Carveli, le bras droit du Sénateur Furio, passe le porche pour les accoster avec sa morgue caractéristique. Il leur explique que le délai qui leur avait été donné vient d’être raccourci de deux jours et qu’ils devraient se rendre à l’adresse qu’il leur donne sans que cela les distraie trop. La curiosité l’emporte sur l’envie de lui apprendre la politesse et les 4 bretteurs se dirigent vers la strada Malavita pour y découvrir une petite masure humide écrasée entre deux étroits immeubles.
 
Un homme tarde à se présenter à la porte, ne sachant pas trop pourquoi ils viennent le déranger. Il finit par comprendre, se présente comme le Docteur Zapini et les entraine dans sa cave en leur ayant offert un foulard imbibé d’eau, de citron et de vin « pour l’odeur ». Dans une pièce fraiche, au milieu des victuailles, sur une simple table, se trouve le cadavre de Vec’Antonio, complètement nu. Ceux qui l’ont connu vivant et vêtu tombent le chapeau pour rendre un dernier hommage à leur ami qu’ils n’avaient plus vu depuis quelques jours. Le médecin ne semble pas très à l’aise avec les concepts d’autopsie et se contente de dire oui à toutes les questions du groupe et montre même des signes assez sévère d’alcoolisme. Pour lui, l’homme est mort d’une blessure au bas de l’abdomen, sans doute une lame. Il explique qu’il a été réveillé par la milice cette nuit qui lui a amené le corps pour qu’il constate le décès et fasse un rapport pour les aider dans l’enquête. Comme ils ne savaient qui était la victime, ils ont demandé au médecin de garder le corps quelques jours, le temps que l’enquête permette de retrouver des proches ou qu’elle piétine et que le cadavre soit envoyé en fosse commune.
 
La question des effets personnels de Vec’Antonio est abordée rapidement et Zapini les dirige vers le Guet qui a tout gardé. Incertains de l’accueil qu’on va leur réserver, le groupe se dirige vers la caserne du quartier de l’Arsenal. Ils pénètrent dans la large caserne trapue et navigue à travers l’administration défaillante du lieu jusqu’à rencontrer un scribe qui leur désigne les deux hommes ayant trouvé le cadavre de la veille avec un uniforme semblable au leur près du corps : Esuperio Partipilo et Vladimiro Spagnolo. Pour ce qui est de récupérer les affaires de Vec’Antonio, le scribe refuse, évoquant une procédure complexe.
 
Heureusement, Esuperio et Vladimiro sont plus bavards, ils entraînent le groupe dans les écuries, à l’abri des oreilles : ils faisaient leur ronde hier au port quand quelqu’un a hurlé distinctement au meurtre. Ils ont suivi l’origine des cris pour arriver Au Filet de Pêche, une petite auberge du port. Ils ont insisté pour fouiller les chambres bien que personne n’ait rien entendu dans la salle commune. Dans une chambre, ils sont tombés sur le cadavre, trempé de ce qui devait être de l’eau, ses bottes, habits et sa lame posé à côté de lui. Etonnement, il n’y avait pas de sang dans la pièce et la jeune femme qui hurlait avait disparue. Le tenancier a retrouvé son nom dans le registre : Priscilla Zappone. Les deux gardes demandent à être tenus informé sur le fin mot de l’histoire et Vladimiro se signe lorsqu’Angela évoque un possible meurtre par sirène.
 
Au Filet de Pêche, le tenancier ne leur apprend pas grand-chose : Priscilla Zappone a payé pour une semaine d’avance. Il ne l’a pas beaucoup vue, elle n’a pris aucun repas ici ni demandé quoi que ce soit. Il l’a vue quitter la chambre calmement la veille avant l’arrivée des deux miliciens et ne pense pas qu’elle reviendra vu que la chambre n’a pas été dérangée, à l’exception de la présence du corps et d’une tache d’eau au sol où il a reposé. En fouillant la pièce, le groupe apprend que le corps devait être couvert d’eau de mer car des résidus de sel sont trouvables au sol et qu’il a dû être trainé, de nuit, depuis la rue dans la chambre via le petit rebord de toit en chaume sous la fenêtre.
 
Persuadés de ne pas pouvoir faire plus pour l’instant, ils rentrent à l’école pour prévenir Pocolino du triste destin de leur ami. Celui-ci s’arme excessivement et part réclamer les effets personnels de son élève à la caserne. Angela, Giacomo, Bertando et Roberto commencent à planifier la chute de la Maison des Mille Fleurs. Pensant pouvoir empoisonner le vin facilement, ils retournent voir Valeria Taranto, l’apothicaire-empoisonneuse, qui les accueille froidement et ferme la boutique quand ils sont entrés. Elle se pense menacée car deux de ses clients ont été arrêtés et sont actuellement dans les geôles du Guet. S’ils avouent qu’elle leur a fourni de quoi se débarrasser d’un enfant à naître, elle risque sa vie. Elle accepte de fournir assez de « Remuante » pour cinquante personnes, un puissant laxatif insipide à base de baies séchées réduite en poudre, à diluer dans une boisson. Incapable de le payer, Angela accepte d’aller faire pression sur le couple enfermé au Guet en échange de la Remuante qui s’avère être une grosse bourse de presque deux kilos, pas très discret au final. Arrivés devant le caviste Marcus, ils réalisent que pénétrer la nuit dans son établissement pour diluer leur poudre dans du vin va s’avérer plus compliqué que prévu et surtout bien peu discret. D’autres plans sont donc nécessaires et le temps file.
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Kobayashi
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Re: [CR] Striscia - bretteurs sur gage

Message par Kobayashi »

C'est chouette, merci ! J'aime aussi le fait que chaque CR du Cas du marchand trop généreux que j'ai lu finit différemment selon les tables.
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Corvos
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Re: [CR] Striscia - bretteurs sur gage

Message par Corvos »

Oui, le scénario est plutôt généreux et les bonnes scènes ne manquent pas pour alimenter une bonne fin ouverte :)
 
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Corvos
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Re: [CR] Striscia - bretteurs sur gage

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La maquerelle trop populaire – 25 janvier 476 (3/3)
 
A court d’idées qui leur apparaissent réalisables, Angela, Bertrando et Roberto se décident à tenter une action discrète sur l’entrepôt de Marcus Anzalone. Après avoir rapatrié le corps de Vec’Antonio à l’école, ils prennent un repos bien mérité en vue des actions de la soirée. Dès que le soleil est tombé, ils se faufilent dans l’entrepôt du caviste. Là, ils parviennent à faire sortir un des rares tonneaux de vin ambré de Venael déjà prévu pour la livraison du lendemain. Dehors, dans une ruelle bordant les abattoirs, Manque de bol, Roberto brise une partie du tonneau en forçant pour faire sauter le bouchon. Abandonnant un temps le tonneau dans la ruelle et espérant le ramener à l’école plus tard, ils retentent de subtiliser un tonneau, une initiative encore couronnée de succès, avant d’y mélange la « Remuante » et de replacer le tonneau. Malheureusement, en voulant ressortir de l’entrepôt, l’alerte est donnée et les trois comparses s’enfuient dans la nuit en oubliant le tonneau de vin dans la ruelle.
 
Le lendemain, Pocolino leur annonce qu’il a contacté sa sœur pour demander à un de ses collègues de l’université de jeter un œil au cadavre. Un papier à moitié digéré a été retrouvé dans l’estomac du bretteur qui a bel et bien été noyé. Le beau de Tyrène 20 h 22 janvier 476 annonce le morceau de parchemin. Le trio se rend dans son auberge favorite pour récolter quelques informations sur ce « Beau de Tyrène » mais ne récoltent que des informations concernant Le Seigneur Mendiant, un vagabond du quartier des abattoirs qui aurait trouvé un tonneau miraculeux sur sa route et aurait passé la nuit à traîner son trésor pour le faire gouter à tous ceux qu’il rencontrait. L’autre fait divers qui est sur toutes les lèvres c’est à nouveau la présence d’enfant vieillit, habillé comme des nobles et mutilés, retrouvés dans le quartier des arènes. Les enfants, encore en vie, ont été pris en charge par le Guet et l’Eglise qui assure parvenir à les soigner dans un monastère lointain avant de chercher leurs parents. Certains esprits s’échauffent sur la nécessité de sang d’enfant dans d’impies rituels sorciers et Bertrando ajoute qu’il soupçonne le Sénateur Furio Mandragore d’y être intimement lié.
 
La seconde étape est d’enquêter sur le port et la capitainerie. Celle-ci est tenue Par Eustasio Bonnani, un homme d’âge mur ayant perdu un bras en mer qui note scrupuleusement les navires entrant et sortant de la ville. Il possède bel et bien un navire portant le nom de « Beau de Tyrène » a fait escale récemment avant de repartir pour le Califat. Lors de son précédent passage, il venait de Scavoli, étrangement. Ils obtiennent aussi l’emplacement qu’occupait le bateau sur les quais. Là, ils découvrent une échoppe de vendeur de poissons non loin et l’homme est ravi de leur tenir le crachoir. Il a bel et bien vu le Beau de Tyrène, un navire plutôt gros qui a refusé d’engager des dockers pour décharger sa marchandise. Il a aussi vu un homme à l’uniforme rouge trainer autour du navire et finir par être repéré par des marins et déguerpir.
 
De retour à l’école, Pocolino leur avoue qu’il avait envoyé Vec’Antonio chez le Sénateur Savino Montecalvo, peut-être que ce dernier en saura plus sur cette étrange affaire. L’entrée chez le Sénateur leur est facile dès lors qu’ils prononcent le nom de leur ami défunt. Savino leur apprend qu’il a bel et bien engagé le bretteur pour enquêter sur les récents évènements concernant des enfants mutilés et transformés par des mages. Selon lui, la seule raison derrière cette mascarade est une envie de faire monter la colère populaire contre les mages et forcer le Doge à prendre des mesures contre ces derniers. Sachant que chaque famille noble possède au moins un sorcier pour la défendre, cela priverait le Doge d’un allier puissant. Montecalvo se présente ainsi comme un allié du Doge qui entend frapper fort en assainissant la ville de la criminalité, à commencer par ce cas épineux. Il promet toute l’aide qu’il sera possible d’apporter en cas de preuve flagrante rapportée par la Spada Battuta.
 
Le groupe décide ensuite de se rendre à Scavoli, voyage de quelques jours, pour tenter d’en apprendre plus sur le « Beau de Tyrène ». Sur place, ils découvrent une ville qui se remet très mal de l’expansion de Vicerezzo et de la perte du revenu de leur port. La capitainerie ici n’est qu’une vaste blague tenue par un ivrogne qui dort sur le comptoir et l’accueil de la population est, pour le moins, glacial. Un aubergiste leur réserve un sort un peu meilleur et leur indique d’aller voir un vieillard sur le port qui observe les bateaux depuis qu’il a perdu sa jambe lors d’un combat contre une Baggala du Califat. L’homme a bel et bien vu débarquer le bateau il y a quelques mois avec à son bord Ernesto Il Pazzo, un habitant de Scavoli réputé pour sa méchanceté et sa cruauté. Il aurait proposé à toutes la pire racaille de la ville d’embarquer avant de repartir pour on ne sait où. Une chose est sûre, le vieil homme ne porte pas Ernesto dans son cœur.
 
Faisant donc chou blanc de ce côté, ils rentrent à Vicerezzo pour apprendre que Furio a fait déposer de l’argent pour eux à l’école, en récompense de l’opération sabotage de la Maison des Mille Fleurs. Celle-ci fut un succès puisque tous les clients tombèrent malade en même temps, faisant penser à une tentative d’empoisonnement ratée et que les soupçons se sont rapidement portés sur la viande, sous l’accusation d’un petit noble qui voyait là l’occasion de ne pas payer son souper. Dans la foulée, un navire du Califat a débarqué avec l’émissaire Izzat Al-Sadri qui a été accueilli par le jeune sénateur Filippo Varone. Les deux hommes ont été proprement massacrés lors d’une soirée dans une maison de plaisir. La Spada Battuta a l’amère impression d’avoir été utilisée pour ce résultat. Le Sénateur Nico Celli leur fait savoir que le Sénat bout littéralement de voir ainsi un Sénateur assassiné et que le parti Belliciste des Barberini rallie quelques nouvelles têtes. De plus, les rondes du Guet ont été doublées, les hommes semblent fatigués et sur les nerfs, les bavures se multiplient et il semble que la recherche d’un coupable idéal soit lancée. Afin d’apaiser les esprits, le Doge a annoncé qu’une partie des revenus du Tournoi de la Fleur d’hiver qui se tiendra sous peu, servira à la reconstruction de Spogira, petit village détruit par des agents étrangers ou des maraudeurs.
Dernière modification par Corvos le mer. déc. 06, 2023 9:20 pm, modifié 1 fois.
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Corvos
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Re: [CR] Striscia - bretteurs sur gage

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Le Sculpteur arrogant et le mari jaloux (1/2)
 
Angela, Giacomo et Roberto sont invité à se rendre à l’atelier de Luca Serpotta, un sculpteur réputé qui réclame l’aide de quelques lames. En se rendant sur place, ils peuvent apprécier les nouvelles patrouilles renforcées du Guet, armées pour la guerre et l’ambiance de suspicion qui rend les rues désertes.
 
L’atelier est situé dans le quartier de l’université, et composé d’une petite maison adjacente à un vaste entrepôt où Luca dispense ses cours à une vingtaine d’apprentis qui subissent son dédain et sa suffisance. Le maître des lieux emmène le groupe dans son bureau où il semble faire des efforts pour les accueillir sans leur faire trop sentir qu’ils sont indésirables. Il présente son problème : l’un de ses modèles semble avoir été suivi et agressé par deux affreux malandrins récemment. La situation est inacceptable et il a besoin de quelques personnes pouvant servir d’escorte entre les bains et l’atelier début d’après-midi et le chemin inverse à la nuit tombée. Luca se montre plutôt avare en détail et ne nomme son modèle qu’Isabela, cependant la paye s’annonce généreuse et le travail plutôt facile alors pourquoi se priver. Il ajoute qu’elle sera reconnaissable à un chapeau vert.
 
Le trio se dirige donc vers les bains Usimbardi pour y attendre la jeune femme qui arrive sur le coup des 14 heures, accompagnée de deux butors qui la regardent entrer dans les bains et repartent. Quelques minutes plus tard, Isabela ressort et, une fois repérée, fait disparaître son chapeau dans un repli de sa robe, le prétextant largement démodé. Elle fait la conversation sur le chemin et marche d’un bon pas. Elle a été accostée par deux hommes la semaine passée, elle pense que c’était pour la dépouiller car elle porte de nombreux et onéreux bijoux. Le plus petit et costaud l’a agrippée par le bras tandis que l’autre, un échalas dégarni, s’est contenté d’observer, elle n’est même pas sûr qu’il ne s’agissait pas d’un badaud trop stupéfié pour agir. Elle a giflé son agresseur en hurlant et pense l’avoir blessé à l’œil. Des artisans sont intervenus et lui ont permis de filer. Elle a refusé de reparaître devant le sculpteur durant une semaine car son bras était couvert d’hématomes disgracieux. En chemin, Roberto aperçoit un inconnu ressemblant à la description faite par Isabella, attablé à une terrasse, qui salue le groupe. A l’atelier, Luca fait déjà les cent pas dans la rue, il commence à s’élancer vers Isabela avant de se reprendre et se figer jusqu’à ce qu’elle le rejoigne. Il l’emmène ensuite rapidement dans la maison et demande à Samiro, son apprenti en chef de s’occuper des besoins des bretteurs pour qu’il ne soit pas dérangé. Roberto profite d’un moment de relâche pour aller voir l’homme qui l’a salué précédemment et apprend qu’il s’appelle Gustavo Seredi et qu’il travaille pour les Barberini. S’il a mis en scène l’altercation avec Isabela, c’était pour s’assurer du nom de sa cible. Gustavo annonce qu’Isabela a attiré l’attention de ses maîtres et qu’ils souhaitent la rencontrer, cela peut se faire aimablement avec la participation des bretteurs ou de façon plus violente s’ils s’interposent. Roberto demande un délai pour y réfléchir et les deux s’accordent pour se revoir le lendemain même endroit, même heure.
 
Pendant ce temps, à l’atelier, Giacomo commence à se demander si le sculpteur et la belle n’entretiennent pas une relation peu professionnelle vu l’absence de bruit émanant de la maison. Angela tente de convaincre un des apprentis de la prendre comme modèle mais essuie un refus gêné mais poli. Le groupe raccompagne Isabela à la nuit tombée aux bains Usimbardi où ils assistent au même manège que plus tôt, elle entre et ressort rapidement pour être rejointe par deux gardes et disparaît avec eux dans les ruelles. Le groupe aimerait enquêter sur elle et son mari mais alors qu’ils se dirigent vers une taverne, une vilaine pluie s’abat sur eux bientôt remplacée par une neige tenace suivie d’une brume qui les enveloppe. Les rues semblent s’assombrir et se déserter comme ils pressent le pas quand soudain tous entendent une voix calme dans leur tête. L’homme leur dit s’appeler Darius et ne rien avoir de personnel contre eux, mais ils mettent leur nez dans des affaires qui les dépassent et il doit y mettre un terme. Une ombre vêtue de rouge apparaît non loin d’eux et le mage invoque aussitôt deux chiens infernaux avant de disparaître. Le groupe arrive rapidement à s’en défaire et dès que les créatures sont terrassées, la brume disparaît et le groupe se retrouve dans une rue où les dévisagent quelques badauds surpris de leur attitude guerrière, armes à la main. Sans demander son reste, le groupe rejoint la Spada Battuta où Pocolino semble inquiet de leur rencontre et se charge de leur faire couler un bain aux épices pour chasser le mal.
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