[CR] Chronique des Féals

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CANARD
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Re: [CR] Chronique des Féals

Message par CANARD »

Voila quelques commentaires de l'époque concernant cette partie.
CANARD » Sam Oct 27, 2012 9:17 am
Reprise de notre campagne hier soir. Les persos ont maintenant pris conscience de l'existence du néant et ont combattu une première manifestation sans toutefois lui faire grand mal mais en comprenant l'origine de ses apparitions. Les voila traumatisés et ayant subi leur première transformation mimétique incontrolée lors de cette crise.
Salanael » Sam Oct 27, 2012 11:01 pm
On appréciera surtout que le hasard a vraiment bien fait les choses. Les "0" tombaient exactement au bon moment pour le scénario et les joueurs, moi le premier ont joué à fond leur utilisation pour approcher encore plus le Néant (quitte à s'en prendre plein la poire) et les traumatiser durablement. Le système a merveilleusement bien épousé les besoins du récit et les envies des joueurs. et je ne parle pas juste d'avoir des réussites, mais aussi d'avoir le bon échec au bon moment pour créer l'instant dramatique.

Au final, mon Taraséen, aux yeux bridés normalement, fut tellement marqué par ce qu'il a vu que son regard en a été marqué ( don mimétique Yeux Globuleux, .... )
CANARD » Dim Oct 28, 2012 3:07 pm
Concernant les zéros, je pense que le meilleur moment a été lorsque le caladrien a voulu méditer pour tenter de mieux percevoir la créature du néant. Double zéro sur deux dés. "Bon ben je les utilise comme des réussites" "Bon ben tu la perçois très nettement" ==> Perte de points de foi et d'esprit.

Salanael a connu son moment de gloire également lorsqu'il a voulu prier en utilisant sa particule de prière, abandon et transformant un zéro a repris ses esprits quelques temps plus tard se dirigeant droit sur la créature sus-nommée après une période d'abandon non controlée.
Sébastien qui joue Tibérius semble ne pas apprécier que son personnage puisse se transformer en féal. Il n'a d'ailleurs choisi qu'un don mimétique à la création, le lion blanc symbole de son ordre. Après avoir choisi de se jeter sur le monstre je ne pouvais que lui attribuer un nouveau don, "esprit du sacrifice" qui lui va à merveille.
Canard

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Salanael
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Re: [CR] Chronique des Féals

Message par Salanael »

mmm ... je ne me rappelle pas avoir usé de 0 lors de l'entrevue avec les Basiliks. Bon, ça commence à dater aussi. Le point de vue du joueur :

Liopleurodès arrivait chez les Basiliks avec l'intention d'aider au mieux cette communauté que le destin et l'intransigeance de certains forçait à devoir quitter leur foyers. Il avait été prévenu, comme les autres, de l'importance de ne pas se brusquer et de se plier aux coutumes des Basiliks. Mais même sans ça, le commerçant qu'est Liopleurodès l'aurait fait. Tout au plus, le prêtre le rassura-t-il sur la nature de ces coutumes. Leur interlocuteurs étaient un druide noir et un colosse qui devait faire office de chef de guerre. Le début d'un respect mutuel et silencieux entre le géant Liopleurodès et cet homme semblait tout naturel.

Lorsque l'assemblée se tint au milieu de la clairière, il n'y eu tout d'abord que le silence que tous se firent un devoir de respecter. Les Basiliks firent tourner leurs pipes et Liopleurodès se laissa aller à leur effet avec plus de confiance que ses condisciples. Le Tarasséens était en effet, de par son origine, habitué à la consommation de drogues diverses. Qui plus est, l'usage de psychotropes afin de mettre en communion les membres d'un concile. C'est donc tout naturellement qu'il fut le premier à pouvoir communiquer avec les druides noirs. Ses pensées étaient tout d'abord rassurantes pour les Basiliks, il leur envoyait des émotions de compassion et d'espoir que les druides acceptèrent avec bienveillance. Outre ce contact avec les druides, Liopleurodès perçu même la forêt dans son entièreté. Le ressenti était flou, mais suffisamment fort pour comprendre que, comme la Tarasque, la foret formait une entité avec laquelle les Basiliks vivaient en symbiose. Cette révélation fut pour lui un enseignement de première importance dont il ne comprendra les implications que plus tard.

Lorsque ses compagnons se laissèrent enfin aller aux effets de la drogue, les pourparlers purent enfin commencer. Certes, les Basiliks étaient ici de plein droit. Mais comme le faisait remarquer Tullius, ils avaient amené et abrité un danger trop grand pour les Grifféens pour être ignoré. Les druides noirs tentèrent de rétorquer que les Charognards ne causaient pas de mal au sein de leur communauté et qu'en fin de compte, ils ne sortaient que pour défendre la ville d'un mal plus grand mais cela ne convainquit guère le Grifféen. cela fut toutefois l'occasion pour le Tarasséen de se voir exposer le problème du Néant qu'il ignorait jusqu'alors. Visiblement, cela était en rapport avec les dires du Caladrien, mais cela restait encore flou aux yeux de Liopleurodès.

Quoiqu'il en soit, Liopleurodès, parfaitement dans son élément dans cette entrevue, fit remarquer que qu'elles qu'en soient les raisons, la situation était maintenant devenue intenable. Il avait pu constater de ses propres yeux à quel point les habitants d'Aldaranches, apeurés par les rumeurs fondées de l'invasion de Charognards, étaient près à fondre sur le quartier basilik pour y massacrer tout ce qu'ils y trouveraient. Et même la destruction du monstre qu'il appelaient Néant n'arrangerait rien à l'affaire aux yeux du peuple. À partir de là, il fallait trouver la solution la plus simple et la moins destructrice pour les deux parties. Arriver à contrôler les foules grifféennes ne fonctionnerait plus très longtemps. Par contre, soustraire à la vindicte populaire les Basiliks semblait déjà plus réaliste. Les arguments portèrent d'autant plus que les druides noirs en étaient arrivés à la même conclusion.

Le reste ne fut que question de détails techniques : taille de la population, problème des esclaves, paiement pour le voyage, ... Il fut convenu que, pendant que la population se préparerait à quitter le quartier, un druide noir et le colosse qui devait faire office de chef de guerre local accompagneraient Liopleurodès jusqu'à Acheloos pour convenir plus précisément du contrat avec les autorités de la Tarasque. Les Grifféens, pressés que l'affaire soit entendue, acceptaient déjà de mettre à disposition des négociants des griffons pour le voyage.

Là où l'affaire se corse, c'est lorsque "sire" vint faire une démonstration de force envers le praticien grifféen. Cela n'était guère dans le ton d'apaiser les négociations. Cependant, les déclarations du seigneur charognard éclaircit encore davantage la nature du combat qu'ils menaient contre ce Néant. Il fut très vite clair, aux yeux de Liopleurodès que les Charognards n'avaient aucune chance de réussir leur combat tant il leur manquait la force de l'Onde, voire même, plus simplement, l'espoir et tout ce qui pouvait faire encore d'eux des humains. La solution militaire qu'ils préconisaient semblait vaine par rapport à la possibilité de soigner le mal à la racine.

Puis ce fut le chaos. Au retour des galeries remplies de charognards, une frénésie s'empara des non-vivants, due à l'apparition de la créature tant redoutée. Le départ précipité sépara les intervenants. Liopleurodès suivait approximativement le griffon de Tullius mais il tentait lui même de percevoir cette chose qu'ils nommaient Néant. Sous l'effet de drogues, ou mal inspiré, Liopleurodès pria sa Tarasque mais sa prière prit un tour différent de ce qu'il espérait. Au lieu d'éviter d'abandonner la ville à ce mal, c'est lui qui s'abandonnait au Néant et se dirigeait vers le centre des troubles, à la recherche non pas de quelque chose, mais de l'absence de quelque chose. Seules des drogues puissantes auraient pu lui donner de telles idées saugrenues ... mais elles portèrent leur fruits. Le Tarasséen se fit déposer dans une ruelle qu'il cru sure et vit le griffon repartir avec son cavalier ... avant d’apercevoir, trop tard, l'immense roue d'un paon étoilé qui s'élança sur le griffon avec férocité. Le Tarasséen était comme hypnotisé par cette vision cauchemardesque et son corps en garda des séquelles dont il ne prit conscience que plus tard.

Il se tira de cette contemplation malsaine pour constater son impuissance face à ce combat aérien. Il aperçu toutefois une silhouette féminine dans l'ombre et compris de qui il s'agissait. Après tout, Saarlis et Tullius lui avaient déjà fait part de leur certitude que la sœur de Tullius était à l'origine de ce mal, que son désespoir attirait ce monstre sur la ville. Sans savoir ce qu'elle faisait là (et pourquoi elle n'était pas chez elle surtout) Liopleurodès tenta de la rejoindre mais elle s'éloigna plus vite qu'il ne l'aura cru capable. Il cru discerner ce qui ressemblait à une prière avant de la voir disparaître pour de bon dans l'ombre.

Effectivement, lors de cette partie, les échecs et réussites néantiques ont plu ... et au bons moment. On est entré dedans la tête la première en sachant pertinemment que nos persos n'en ressortiraient pas indemnes mais que cela apportait du dramatique et que cela allait vraiment dans le sens du récit.

Le Don Mimétique "Regard de l'Abysse" était tout trouvé suite au trauma causé par la vue du paon (dont les yeux étoilés qu'arborait sa roue avait un pouvoir hypnotique). Je ne connaissais même pas la notion de trauma avant, ça s'est fait tout seul, c'est dire.
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Re: [CR] Chronique des Féals

Message par CANARD »

Salanael a écrit :mmm ... je ne me rappelle pas avoir usé de 0 lors de l'entrevue avec les Basiliks.
Moi si! :mrgreen: Vous l'avez tous fait!

En fait j'étais un peu embété par votre décision de ne pas prendre la bannière. Si vous l'aviez pris, j'avais une bonne raison de faire rentrer Camélia en crise et de faire ressurgir le monstre. Je vous avais promis un combat lorsque vous seriez dans le quartier basilik et la surprise devait être l'adversaire et le lieu. Mais là, je ne savais plus que faire (combat contre le charognard, pas de combat,....?). Et puis chacun à votre tour vous avez abuser du zéro et je me suis dit "Taiaut. On y va". Il restait à trouver une raison et je n'ai pas eu trop de mal à l'imaginer. Lors du premier repas de la fratrie, vous ne vous êtes jamais inquiétés de parler entre vous et de divulguer bon nombre de secrets à portée d'oreille de la mère ou de ses serviteurs. J'ai donc improvisé sur sa fuite, abandonnant sur un coup de tête son palais avec sa fille dans ses bagages et allant se réfugier chez son allié.


Pour le reste, c'est marrant la différence d'interprétation ou mes problèmes de mémoire. :roll:

Il n'y avait pas que deux interlocuteurs et vous ne communiquiez pas par la pensée. Les pourparlers ont bien été oraux. Mais effectivement dans ton cas, il y a eu une communication non verbale très forte qui a permis d'apaiser les choses et de rassurer fortement les druides noirs. A propos de ces derniers, il y en avait bien deux mais pour moi le grand guerrier n'en est pas un. C'est le chef "non religieux" de la communauté. Effectivement, le courant est bien passé entre vous. J'avais complètement oublié ce passage ainsi que celui, et tu as bien raison de le rappeler :D, pendant lequel tu as obtenu les services du prêtre et de ses griffons pour rejoindre plus rapidement la tarasque.

Désolé pour ces corrections. J'utilise volontairement beaucoup de raccourci pour alléger le texte. C'est bien que tu donnes un autre éclairage même si à mon avis cela ne facilite pas la vie à nos lecteurs. 8)
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Re: [CR] Chronique des Féals

Message par CANARD »

La quatrième partie, la dernière en date. Je suis donc à jour dans mes CR. Alleluia. :geek

Une jeune femme seule dans la nuit

Tiberius est très vite rejoint par ses deux compagnons. Il remarque bien que quelque chose a changé dans leur physionomie mais n’a pas vraiment le temps de s’attarder sur ce genre de détail. Il y a tant à faire. Le premier griffon se meurt dans d’atroces souffrances. Sarliis tente de les apaiser. L’officier grifféen renvoie le second vers le temple pour obtenir de l’aide puis avec le troisième essaie de maintenir l’ordre dans ce quartier en proie à une certaine anarchie. La prière de l’après-midi fait encore ressentir ses effets. La communication passe bien avec le féal. Il sent d’instinct ce qu’il doit faire et sa présence impose immédiatement le respect. C’est toujours utile lorsqu’il faut calmer une population hystérique et organiser la lutte contre un incendie. Lorsqu’il revient vers la petite place, il remarque immédiatement le comportement étrange d’individus approchant lentement de la masse allongée sur le sol. Le diplomate taraséen est déjà au prise avec plusieurs d’entre eux. Le moine caladrien doit abandonner ses soins pour se jeter sur d’autres qui tentent de profaner le féal agonisant. Le regard vide des assaillants fait tout de suite comprendre aux trois défenseurs qu’ils ont affaire aux victimes hypnotisées du paon. Ils parviennent à les neutraliser sans les blesser puis la cavalerie arrive et les tire d’affaire. Les prêtres de l’Eklesia débarquent en nombre et s’affairent autour du gisant. Les chants montent de partout pour honorer la mémoire du géant disparu. L’intervention du guérisseur caladrien est très appréciée. Il a permis au défunt de rendre l’âme en paix. On lui propose d’accompagner la dépouille vers le temple. Il hésite mais finit par accepter.

Lorsqu’il est persuadé d’avoir la situation bien en main, Tibérius accompagné de Liopleurodes, se rend au palais du rival de sa famille. Le quartier qui vient d’être attaqué est placé sous son autorité directe. C’était à lui d’intervenir. Or il n’a jamais montré signe de vie ou fait intervenir sa milice. Arrivé aux portes de la résidence, il n’est pas difficile de remarquer qu’il y règne une agitation inhabituelle. Dans la cour se trouve bon nombre des gens appartenant aux Tullius. Ils voient arriver le demi-frère de leur maitre avec une certaine appréhension. A leurs regards, il est évident de comprendre que la majorité n’est pas heureuse d’être ici et craint maintenant de subir la colère des deux frères. Tibérius traverse la cour sans s’arrêter et rentre dans la demeure proprement dite. Personne n’ose s’interposer. L’agitation y est tout aussi grande qu’à l’extérieur. Les serviteurs semblent préparer un départ improvisé et son apparition pétrifie sur place ceux qui le voient. Il n’a pas de mal à trouver sa belle-mère. Elle est en compagnie du rival dans l’atrium. Elle se jette à ses pieds en pleurant et lui demande pardon. Tibérius exige de voir sa sœur mais dans un redoublement de larmes, elle lui explique qu’elle s’est échappée peu après leur arrivée et personne ne l’a revue depuis malgré les recherches entreprises. Lorsque les troubles ont commencé, ils ont cru que Primus s’en prenait à eux. Ils sont visiblement au courant depuis peu des intentions de l’impératrice à leurs sujets et n’ont pas l’intention de se laisser faire. Le rival qui a pris la parole entretemps exhorte Tibérius à bien réfléchir avant de choisir son camp. Il n’a pas de mots assez durs pour l’impératrice et son valet. Tibérius ne rentre pas dans son jeu et quitte les lieux en amenant avec lui l’essentiel des gens de sa maison dont trois servantes paniquées à l’idée d’avoir manqué à leurs devoirs et d’abandonner leur jeune maitresse seule dans la nuit.

Sarliis est emmené à dos de griffon au sommet de la tour de l’immense temple de l’Ekklesia. Il est aux premières loges pour assister à la cérémonie funéraire en compagnie des plus hautes autorités de l’église grifféenne. La vue de ces êtres dont la transformation mimétique est très avancée ne l’aide pas à se remettre de ses émotions. Alors lorsqu’il est appelé à témoigner devant eux, son sang ne fait qu’un tour. Les questions posées sont précises et les paires d’yeux acérés posés sur lui semblent fouiller tout son être. Difficile de mentir dans de telles conditions. Il raconte brièvement l’entrevue avec les basiliks, le retour puis l’attaque du monstre. C’est au moment de décrire ce passage que des convulsions le prennent soudainement. Il se roule par terre en hurlant, revivant les différentes rencontres avec la créature du néant comme si elle était à nouveau là devant lui. Ses mots sont incompréhensibles et son attitude frappe de stupeur l’assemblée. Ne pouvant guère plus en tirer, les prêtres décident de le raccompagner à l’hospice caladrien où son retour, toujours à dos de griffon, et la présence d’ailes dans son dos font sensation. Son supérieur a du mal à cacher sa stupéfaction.

( Sarliis a bien tenté de mentir une fois de plus. Le jet de deux dés a montré une réussite et un zéro. Francis a transformé ce dernier pour se tirer d’affaire et le néant s’est réinvité à la fête. Francis à la fin de la partie a gardé cette cérémonie funèbre comme fait marquant et il pourra utiliser son point d’expérience pour faire intervenir les hautes autorités de l’Ekklesia. Pas sûr néanmoins que sa réputation soit au mieux dans ce cercle très fermé du pouvoir. )

L’aube pointe le bout de son nez lorsque la petite troupe menée par Tibérius revient au palais Tullius. Primus est là pour leur faire bon accueil. Les deux frères discutent brièvement des évènements de la journée passée. L’ainé n’a pas vraiment le temps de s’attarder. La nouvelle révolte qui embrase depuis quelques heures les abords du quartier Basilik a fini par décider les autorités à agir promptement. Il doit quitter la ville au plus vite pour aller prendre le contrôle de légions qui attendent à l’extérieur de la ville. Il informe par ailleurs son frère qu’il lui est demandé de se rendre au plus vite avec ses soldats sur les remparts dominants le quartier à évacuer afin de prendre ses nouvelles fonctions et d’intervenir au mieux pour mettre fin à l’agitation. Tibérius acquiesce, prévient ses hommes et va prendre un peu de repos. Vers midi, alors qu’il se prépare à rejoindre son poste, Liopleurodes l’interpelle. Il a un plan pour retrouver Camélia mais a besoin de la « collaboration » sans faille des servantes de sa sœur. Le jeune noble grifféen quitte le palais en ayant ordonné aux trois malheureuses femmes, toujours sous le choc, d’obéir au pourtant peu ragoutant diplomate taraséen et de tout faire pour retrouver leur maitresse.

Sarliis est réveillé en sursaut par les trompes d’alarme. Elles résonnent dans tout l’hospice. Il se lève, enfile une tunique et quitte précipitamment sa cellule. Des cris et des bruits de bataille le conduisent vers la haute terrasse dominant les quais. Les escaliers montant de la berge sont envahis par une petite troupe dépareillée à la tête de laquelle il n’a pas de mal à reconnaître « La rame ». Les hospitaliers tentent tant bien que mal de les contenir mais la détermination des charognards est grande. Elle augmente encore lorsque leur chef repère de son unique œil celui qu’il est visiblement venu chercher. Sarliis n’a pas le temps de réagir que son supérieur l’interpelle furieux, ayant compris qui était la cause de ce tumulte. Il le somme d’empêcher ces immondes créatures de souiller le temple. Sur ces entrefaites, les gardes rompent le combat et les envahisseurs se jettent sur le jeune mimétique. « La rame » cherche à retrouver « Sire » et il ne croit guère le jeune menteur lorsqu’il lui prétend ne rien savoir. Sarliis lui résume alors les évènements de la nuit et lui indique de manière vague le dernier endroit où il a perçu son maitre. Après quelques secondes de réflexion, le lieutenant borgne l’entraine lui et ses hommes vers le fleuve. Sous les yeux effarés de tous les acolytes caladriens rassemblés sur la terrasse, la petite troupe s’enfonce dans l’eau froide. Accrochée à des radeaux de fortune, elle va s’échiner à remonter le courant, le moine servant de guide sans trop de résistance apparente (une belle perte de point d’âme en perspective, la réputation de Sarliis allant de mal en pis).

Tibérius et sa cohorte n’ont pas mis trop de temps pour rejoindre leur poste avancé. La grande muraille qui protège la ville cache en son sein un énorme couloir souterrain permettant à une armée de rejoindre les points névralgiques de la cité. Il lui a suffi d’atteindre une entrée pour pouvoir ensuite se déplacer au trot jusqu’à la tour qui domine le quartier basilik. Elle n’est plus en très bon état, les racines des arbres tentant depuis longtemps de monter à l’assaut. Elle résiste cependant et les renforts affluent enfin pour le combat final. Le jeune officier ne s’attarde pas et se lance dans une longue patrouille le long de la ligne de démarcation. Il calme la population, prête à lyncher de l’étranger et écoute ses doléances, notamment concernant les nombreux enlèvements perpétrés par les immondes morts-vivants. Sa bannière levée bien haut, debout sur son cheval, son lion blanc à ses côtés, il arrange les foules et fait appel à leur sens de la discipline. Il est entendu et plus qu’il ne l’imaginait. Sortant de la pénombre des arbres, une troupe charognarde vient répondre à sa provocation par les armes. N’écoutant que son courage, il lance ses hommes dans la bataille en entonnant la prière qu’il affectionne tant, celle qui lui apporte la force nécessaire pour émerger de la mêlée. Celle-ci est confuse, ses hommes mieux armés et entrainés étant inférieurs en nombre. Son intervention est décisive. Sa seule présence maintient la cohésion des grifféens. Son fauve arrache des têtes et ses coups de glaive finissent par décourager un ennemi pourtant inébranlable.

Le passage suivant est interdit au moins de 18 ans, ce jeu étant clairement connoté pour adultes « consentants ».

Liopleurodes a fait apporter le meilleur vin et de la nourriture dans la chambre de Camélia. Du balcon, il peut observer une grande partie d’Aldarenche et le scintillement de l’eau en contrebas. Il a fait envoyer un message à son bateau pour qu’une barque et des hommes viennent l’attendre ce soir dans le quartier où doit encore errer Camélia, si les hommes du rival ne l’ont pas encore retrouvée. Il est content. Il est déjà ivre des sensations qui l’attendent. Depuis qu’il a pénétré pour la première fois, seul dans cette ville tentaculaire, il y a de cela déjà quelques jours, il rêvait de la posséder comme il lui est déjà arrivé de posséder sa tarasque, en fusionnant avec elle. Pour l’aider à atteindre cet état de transe, il a demandé aux servantes de boire plus que de raison, de se laisser aller. Il veut qu’elles soient ivres et se donnent à lui. Il va les prendre, leurs corps se fondant en une seule danse. Dans cet environnement empreint de la présence de la jeune disparue, ils vont communier avec la ville au travers du plaisir charnel et la ville leur répondra. Les filles étaient assez réticentes à l’évocation du projet. L’intervention de Tibérius ne leur pas laissé beaucoup de choix. Le sens du devoir l’a emporté chez l’une ou l’autre. L’ivresse, le goût du stupre ou une main plus ferme ont lentement fait plier les consciences. C’est le visage encore embué de larmes que la première, fermement tenue par ses coreligionnaires, se fait prendre par la grande masse flasque et puante aux yeux globuleux et aux barbillons ballotants sur ses bajoues. Contre toute attente, la constitution du diplomate lui permet de faire durer les échanges. Il psalmodie sa prière d’abandon et la langueur de son chant emporte les dernières résistances. Ils sombrent tous ensemble dans un état second durant lequel émergent des images. Une taverne sur le port. Des instantanés très brefs dont le taraséen ne tire pas grand-chose mais une servante a partagé sa vision et a reconnu les lieux.

Tibérius a regagné sa tour triomphant. Il a marqué des points dans la reprise en mains du quartier. Sa bannière a été vue par tous et elle lui a, une fois encore, apporté la victoire. Il n’a pas vraiment le temps de prendre ses quartiers que déjà un messager basilik vient crier au pied des remparts. Une entrevue avec le druide noir est souhaitée par ce dernier. Il décide de s’y rendre seul malgré l’approche de la nuit. Une porte lui permet d’accéder directement dans le sous-bois. Il n’a pas trop de mal à repérer le vieil homme souche. Il attend que ce dernier daigne sortir de sa torpeur et l’échange commence. Le basilik tient à s’excuser pour les troubles et à dédouaner son peuple d’une quelconque responsabilité. Les morts-vivants sont intenables. Leur maitre n’est pas revenu depuis la vieille au soir et ils font ce qui leur plait. Tibérius qui avait entrevu la vérité ne peut malheureusement pas l’aider. « Sire » s’est enfuit et il ne l’a pas revu. Le mimétique à moitié pétrifié lui révèle que le seul pouvoir qu’il détient sur les charognards est le contrôle de la vermine, ce dont ils ont le plus peur pour leur corps en putréfaction. Mais depuis l’apparition du monstre même cela ne les fait plus reculer. Il ne sait que faire et implore la clémence pour son peuple. Il craint d’autant plus les représailles que les enlèvements de grifféens ont été nombreux durant les altercations de la journée écoulée et que le sort réservé aux otages ne fait pas le moindre doute.

Sarliis a bien cru ne jamais sortir de l’eau. Il a dû puiser dans ses réserves pour ne pas perdre conscience. Ses compagnons de galère ne semblaient pas trop incommodés. Ils ont lentement rejoint le milieu du fleuve avant d’obliquer vers le quartier où la veille au soir il se trouvait encore. « La rame » a fait durer le plaisir en attendant la nuit pour donner l’ordre de rejoindre les berges. Le petit groupe dégoulinant a alors cherché à rejoindre la petite place sur laquelle le griffon est mort. Parvenu à destination, Sarliis, pourtant étroitement surveillé, a faussé compagnie à ses gardes en profitant de la surprise qui les y attendait, des prêtres de l’Ekklesia et leurs servants en pleine cérémonie funéraire. Le moine caladrien, grelottant, sa tunique nouée autour de la ceinture, le torse nu, les ailes apparentes, s’est joint à eux, guettant la réaction des horribles spectateurs tapis dans l’ombre. Ce n’est qu’un peu tardivement qu’il se rend compte de l’attention nouvelle dont il est l’objet.

Liopleurodes et ses trois compagnes ont été un peu lents à rejoindre le lieu dévoilé par la vison. Les femmes n’ont pas l’habitude de ce genre d’orgie et c’est encore un peu ivres qu’elles se sont rhabillées et ont suivi leur nouveau maitre sans se poser de question. La nuit est déjà tombée lorsqu’ils pénétrent dans la taverne bien remplie. Le patron n’est pas très accommodant. Il n’a pas vu une jeune fille seule ou plutôt si, beaucoup, et veux juste savoir s’ils désirent à boire, à manger ou matant les donzelles juste une chambre avec un grand lit. Le riche diplomate s’offre une belle chambre au premier étage, apprenant au passage qu’il y en a de moins bonnes au second et des dortoirs sous le toit. Les servantes envoyées en repérage et revenues bredouilles, c’est seul qu’il monte au dernier étage et cherchant le coin le plus sombre de la pièce, d’une voie charmeuse, appelle la fugitive par son prénom. Camélia ne se fait pas trop prier. La jeune femme, visiblement désemparée, est trop heureuse de reconnaitre une figure amie et de s’abandonner enfin à des bras secourables.
Canard

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Re: [CR] Chronique des Féals

Message par Salanael »

CANARD a écrit :Le passage suivant est interdit au moins de 18 ans, ce jeu étant clairement connoté pour adultes « consentants ».

Liopleurodes a fait apporter le meilleur vin et de la nourriture dans la chambre de Camélia. Du balcon, il peut observer une grande partie d’Aldarenche et le scintillement de l’eau en contrebas. Il a fait envoyer un message à son bateau pour qu’une barque et des hommes viennent l’attendre ce soir dans le quartier où doit encore errer Camélia, si les hommes du rival ne l’ont pas encore retrouvée. Il est content. Il est déjà ivre des sensations qui l’attendent. Depuis qu’il a pénétré pour la première fois, seul dans cette ville tentaculaire, il y a de cela déjà quelques jours, il rêvait de la posséder comme il lui est déjà arrivé de posséder sa tarasque, en fusionnant avec elle. Pour l’aider à atteindre cet état de transe, il a demandé aux servantes de boire plus que de raison, de se laisser aller. Il veut qu’elles soient ivres et se donnent à lui. Il va les prendre, leurs corps se fondant en une seule danse. Dans cet environnement empreint de la présence de la jeune disparue, ils vont communier avec la ville au travers du plaisir charnel et la ville leur répondra. Les filles étaient assez réticentes à l’évocation du projet. L’intervention de Tibérius ne leur pas laissé beaucoup de choix. Le sens du devoir l’a emporté chez l’une ou l’autre. L’ivresse, le goût du stupre ou une main plus ferme ont lentement fait plier les consciences. C’est le visage encore embué de larmes que la première, fermement tenue par ses coreligionnaires, se fait prendre par la grande masse flasque et puante aux yeux globuleux et aux barbillons ballotants sur ses bajoues. Contre toute attente, la constitution du diplomate lui permet de faire durer les échanges. Il psalmodie sa prière d’abandon et la langueur de son chant emporte les dernières résistances. Ils sombrent tous ensemble dans un état second durant lequel émergent des images. Une taverne sur le port. Des instantanés très brefs dont le Tarasséen ne tire pas grand-chose mais une servante a partagé sa vision et a reconnu les lieux.
Je me dois de protester énergiquement ! Liopleurodès n'est pas encore une grosse masse flasque. Il a encore son charme et les manières pour séduire les dames ! 8) Certes, il a des barbillons empatiques qui peuvent sembler étranges (quoique, dans cet univers ...), certes, il transporte avec lui une odeur d'écume et de varech (certains diront de morue) prenante, certes, il est immense par rapport à un humain normal et ses yeux sont depuis peu plus globuleux qu'il ne l'aurait voulu. Mais flasque, jamais ! Il faudrait que je poste les dessins des persos d'ailleurs ...

Bon, pour la petite histoire, à la création du perso, on avait tous les deux un peu d'appréhension sur les dérives potentielles des pratiques des Pétulants tarasséens. Forcément, orgie, drogues, sexe, abandon, ... au milieu d'une partie de jeu de rôle, ça vous casse tout le sérieux du groupe. Mais en fin de compte, on pensait que ça resterait uniquement dans les passages sur la Tarasque puisque les ivresses sont issues de la communion avec la ville portée par le Féal. Enfin, c'est ce qu'on se disait.

Or, depuis le passage chez les Basiliks, Liopleurodès (et son joueur) n'ont pas pu ne pas faire le rapprochement entre la communion avec la Tarasque lors de l'orgie avec les timoniers et celle avec la forêt basilique suite à la consommation de drogues avec les druides noirs ... l'idée a fait son bout de chemin dans la tête du tarasséen et lorsqu'il fallu retrouver une Camélia Tullius perdue dans Aldaranche, la nuit, en pleine émeute, Liopleurodès a eu l'idée d'user des trois servantes de la disparue pour un plan d'ivresse à quatre. Après tout, elles connaissent mieux que quiconque leur maîtresse, connaissent la ville, dans l'esprit de Liopleurodès, il n'y a pas meilleurs choix. Et puis cela faisait déjà quelques jours qu'il n'avait pu apprécier la compagnies intime de de demoiselles callipyges et aux seins généreux, les choses essentielles pour une bonne hygiène de vie chez un Pétulant. Heureusement, Tullius leur a donner l'ordre de faire confiance à Liopleurodès et suivre ses instructions.

Instructions d'autant plus faciles à suivre que l'intéressé a quelques pouvoirs hypnotiques depuis peu, a un certain talent dans la séduction et une expérience très poussée dans les plaisir de la chair. En fin de compte, le vin aidant (on avait pas d'autres drogues en stocks) les barrières des inhibitions sont tombées et le Tarasséen a pu passer aux choses sérieuses. Le résultat fut à la hauteur des espérances de Liopleurodès puisqu'il pu retrouver l'endroit où la disparue s'était réfugiée. L'expérience était fructueuse et j'ai d'ailleurs noté comme expérience sur ma feuille de perso cette ivresse avec la ville d'Aldaranche (après celle du quartier basilik).

Autour de la table, c'était une autre ambiance. Le meneur de jeu (Canard) et moi-même essayions de maintenir une description la plus évasive possible, évitant les détails graveleux avec une assez bonne adresse pour rester concentrer sur le rituel en lui-même. C'est une prière après tout ! Restent cependant 2 autres joueurs qui eux se bidonnent et en rajoutent une couche en imaginant la scène :mrgreen: . Le contraste entre les deux "groupes" était saisissant. :lol:
[...]Liopleurodes et ses trois compagnes ont été un peu lents à rejoindre le lieu dévoilé par la vison. Les femmes n’ont pas l’habitude de ce genre d’orgie et c’est encore un peu ivres qu’elles se sont rhabillées et ont suivi leur nouveau maître sans se poser de question. La nuit est déjà tombée lorsqu’ils pénètrent dans la taverne bien remplie. Le patron n’est pas très accommodant. Il n’a pas vu une jeune fille seule ou plutôt si, beaucoup, et veux juste savoir s’ils désirent à boire, à manger ou matant les donzelles juste une chambre avec un grand lit. Le riche diplomate s’offre une belle chambre au premier étage, apprenant au passage qu’il y en a de moins bonnes au second et des dortoirs sous le toit. Les servantes envoyées en repérage et revenues bredouilles, c’est seul qu’il monte au dernier étage et cherchant le coin le plus sombre de la pièce, d’une voie charmeuse, appelle la fugitive par son prénom. Camélia ne se fait pas trop prier. La jeune femme, visiblement désemparée, est trop heureuse de reconnaître une figure amie et de s’abandonner enfin à des bras secourables.
Pas trop difficile de retrouver l'auberge avec les trois demoiselles aux jambes encore tremblantes comme aides. Par contre, l'aubergiste n'était guère très commerçant. Heureusement que Liopleurodès était en fond. Il se paya donc (en sachant qu'il n'allait pas l'utiliser) une chambre et renvoya l'aubergiste à ses affaire le temps de fouiller son établissement et trouver Camélia cachée dans l'ombre sous la mansarde du toit. Connaissant les causes de son trouble, l'espoir qu'elle mettait dans son frère, il n'eut pas trop de difficulté de la convaincre qu'il était là pour l'aider et la faire sortir de son trou. Ses servantes terminèrent de la rassurer sur les intentions de Liopleurodès (sans évoquer par où elles avaient du passer pour la retrouver il me semble :mrgreen: )

Il ne reste plus au Tarasséen qu'à faire embarquer les dames dans son bateau personnel qui doit être sur les quais environnants et retrouver le(s) griffon(s) qui doit le conduire chez les basiliks pour emmener la délégations destinée à rejoindre la tarasque Acheloos pour convenir des modalités de voyage.

Une journée vraiment très bien remplie.
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Re: [CR] Chronique des Féals

Message par CANARD »

Salanael a écrit :Je me dois de protester énergiquement ! Liopleurodès n'est pas encore une grosse masse flasque. Il a encore son charme et les manières pour séduire les dames ! 8) Certes, il a des barbillons empatiques qui peuvent sembler étranges (quoique, dans cet univers ...), certes, il transporte avec lui une odeur d'écume et de varech (certains diront de morue) prenante, certes, il est immense par rapport à un humain normal et ses yeux sont depuis peu plus globuleux qu'il ne l'aurait voulu. Mais flasque, jamais ! Il faudrait que je poste les dessins des persos d'ailleurs ...
Tes dessins ne comptent pas. Combien a t il en vigueur?
Comme tu as le livre des règles maintenant va voir les dessins dans le chapitre réservé aux taraséens. En prenant gigantisme ton corps tend maintenant à ressembler à une baleine. En parlant de gigantisme, je m'étonne encore que tu n'ais pas utilisé cet avantage lors de ta partie fine! :mrgreen:
Salanael a écrit : Ses servantes terminèrent de la rassurer sur les intentions de Liopleurodès (sans évoquer par où elles avaient du passer pour la retrouver il me semble :mrgreen: )

Il ne reste plus au Tarasséen qu'à faire embarquer les dames dans son bateau personnel qui doit être sur les quais environnants et retrouver le(s) griffon(s) qui doit le conduire chez les basiliks pour emmener la délégations destinée à rejoindre la tarasque Acheloos pour convenir des modalités de voyage.
Tu n'es pas encore sorti de l'auberge. Au fait combien a t il en psychologie ton perso? Psychologie féminine j'entends! 8)

J'ai oublié un passage comme toujours. Lorsque Tibérius arrive dans la tour dominant le quartier basilik, il y trouve son supérieur. Celui-ci lui demande un contrendu de la veille et Tibérius de tout lui raconter.
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Re: [CR] Chronique des Féals

Message par CANARD »

Cinquième partie hier soir. C'était à priori casse-gueule. Un vendredi soir après une semaine exténuante. Plus de trois mois d'interruption. Des personnages éparpillés avec des objectifs différents qu'il va falloir faire converger. Un maigre fil conducteur qui se balance au dessus du néant d'où l'improvisation créatrice doit faire surgir une histoire crédible. J'ai la chance d'avoir des joueurs expérimentés et patients. Ils ont répondu à mes attentes et au final, après un déroulement différent de celui que j'avais imaginé, nous avons abouti à peu de choses près là où j'espérais les conduire. Bref beaucoup de satisfaction pour ma part. Le CR devrait suivre sous peu.
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Re: [CR] Chronique des Féals

Message par Orfeo² »

J'ai hâte !
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Re: [CR] Chronique des Féals

Message par Salanael »

Allez hop, la vision du Tarasséen :

Dans le dernier épisode, Liopleurodès (qui n'est pas encore flasque, je le précise ! :mrgreen:) venait tout juste de retrouver Carmélia, la sœur de Tibérius. Laquelle était plus que soupçonnée d'être à l'origine, bien malgré elle, de l'apparition du Néant dans Aldaranche. Retrouvailles et effusion d'émotions entre la jeune femme et ses trois servantes sont au programme. Liopleurodès, lui, regarde et attend que ça se passe. Une fois cela fait, il fait un topo de la situation à la demoiselle :.
1) Vous n'avez visiblement pas envie d'épouser le seigneur Cévérius, vu votre fugue.
2) L'idée d'épouser le neveu de l'impératrice ne vous botte pas tant que ça non plus.
3) Si je vous ramène chez vous, ce sera l'un ou l'autre.
4) Je vous propose donc de ne pas retourner chez vous mais chez moi, sur ma tarasque Achéloos. Là, vous serez libre de réfléchir à ce que vous voulez faire de votre vie le temps que ça se tasse quitte à décider de revenir chez vous à la fin si vous le désirez.
5) En bonus, vous pourriez même choisir de rester sur la Tarasque et de rejoindre les terres de votre demi-frère Tibérius, loin dans le sud, loin des intrigues et des mariages forcé. En plus vous semblez beaucoup aimer ce demi-frère ...

Sans trop de surprise, elle acquiesce et se résout à le suivre sur son bateau. Avant de partir, pour éviter de trop en dire aux servantes (je ne savais plus si on leur avait expliqué le problème de leur maîtresse concernant le grand paon étoilé qu'elle attirait ...) Liopleurodès demande de parler seul à seul avec leur maîtresse. Les servantes s'en vont manger un bout en bas ... aux frais du Tarasséen. Seul avec Carmélia, Liopleurodès lui explique qu'il soupçonne clairement ses "absences" et son état de désespoir d'attirer une créature maléfique qui se nourri de sa peine et cause beaucoup de dégâts dans la ville. Il lui demande donc de se reprendre en main, d'en cesser avec les drogues qui l'abrutissent et se propose de l'aider à se choisir un destin plus heureux. Par chance, Saarlis, le moine caladrien, l'avait déjà préparé à cette révélation en lui tenant un discours semblable auparavant. Liopleurodès est satisfait de savoir qu'au moins elle a envie de s'en sortir.

Là dessus, deux des servantes reviennent affolées. Elles viennent prévenir que la blondasse du groupe est en train de tout déballer à des hommes de Cévérius qui buvaient en bas. Parce que oui, nous sommes dans le quartier d'Aldaranche sous l'autorité de la famille Cévérius. Une seul escalier pour descendre, c'est un coup à tomber nez à nez avec les gars. Pas trop envie de balancer les filles par la fenêtre non plus. Liopleurodès ordonn... invite Carmélia à regagner le deuxième étage et d'attendre que les hommes de Cévérius aient pu constater qu'elle n'est pas là. Elle obtempère et est d'ailleurs suivie de la servante brune. Seul avec la troisième servante, auburn, Liopleurodès improvise : il se saisit d'elle et glisse ses mains sous sa robes en l'embrassant. Un peu surprise, mais pas tant choquée que ça (cf le rituel orgiaque auquel les trois filles ont participé le Tarasséen au précédent scénario), la demoiselle comprend très vite le principe de perturber les gardes en les faisant surprendre une scène de batifolage. Elle y met même les formes (qu'elle a d'ailleurs de très jolies). Comme prévu, le garde débarque dans la chambre et surprend le "couple" dans le lit. Liopleurodès joue l'amant outré d'être ainsi interrompu dans ses affaires, dans une chambre qu'il a payé grassement, ... l'homme de Cévérius n'est perturbé que peu de temps et ne se laisse pas trop distraire par les remontrances de Liopleurodès. Il demande à son collègue d'aller chercher d'autres gars et revient à la charge sur Liopleurodès. Il va même jusqu'à l'insulter, le traiter de métèque ... le cuistre. Là-dessus, Le Tarasséen, mine de rien ambassadeur d'Acheloos, tente de remettre à sa place le soudard en faisant valoir son rang. Ça marche à moitié, jusqu'à ce que le garde face le rapprochement avec le Tarasséen qui s'est permis quelques petites piques envers Cévérius la veille, sous son toit. Là-dessus, ce garde le menace plus ouvertement. "faute de ramener la promise du maître, je pourrais ramener la tête du métèque" ... ça sent le sapin. La blondasse offre, bien malgré elle, une échappatoire à cette altercation en commençant d'évoquer les choses que Liopleurodès lui aurait forcé de faire. Le garde est perturbé, son attention est attiré par la servante, il ne voit pas venir l'énorme coup que lui assène le colosse tarasséen. La blonde est sermonnée comme elle le mérite. Le garde est ligoté, bâillonné et enfermé dans la chambre. Ni une ni deux, le petit groupe s'en va de l'auberge, Liopleurodès en tête, prétextant des affaires nocturnes à régler.

Le temps de récupérer le cheval dans l'écurie, les renforts sont là. Fort heureusement, il arrive à ne pas paniquer et passer inaperçu en marchand derrière l'animal le temps que les hommes rentrent dans l'auberge. Il s'empresse alors de se mêler à l'activité des quais du fleuves pour se dissimuler aux yeux des poursuivant et redescend en direction de la baie en espérant retrouver ses hommes normalement remontés pour le retrouver. Malheureusement, les hommes de Cévérius ressortent assez vite de l'auberge et se mettent à sa recherche. Liopleurodès aborde alors le propriétaire d'une barque et lui demande de le conduire jusqu'à la baie lui et les dames qu'il protège. Le Grifféen est un peu pris au dépourvu, et se demande pourquoi ll ne veut pas continuer à pied avec son cheval plutôt. Il se demande si Liopleurodès n'est pas en train de fuir en fait, et que l'activité derrière, avec tout ces hommes en armes, serait pour lui. De but en blanc, Liopleurodès invoque le danger que représentent les groupes de Charognards qui arpentent les rues du quartier et espère que ses protégées seront plus en sécurité dans une barque qu'à marcher dans les rues la nuit. Pour rappel, depuis un jour, les Charognards ont fait d'importantes incursions hors du quartier basilice et les combats font rage. Même si liopleurodès n'a pas eu vent de la présence de Charognards ici, c'est très crédible. Le coup de bluff marche tant que l'homme court jusque chez lui pour aller protéger sa famille. Seul, avec 4 femmes et un cheval, Liopleurodès invite les dames à monter en vitesse dans la barque, attache le cheval à la bite d'amarrage en guise de paiement (pour sa bonne conscience) et descend le fleuve avec professionnalisme (un des meilleurs jets de dés que j'ai fait, 6-7 réussites). Il tente d’apercevoir ses hommes sur les quais en descendant, mais sans succès. Par dépit, il descend jusqu'à son navire.

Sur son bateau, l'équipage est prêt, comme prévu, et confirme qu'un groupe est parti le chercher en amont. Embetté, Liopleurodès fait donner un coup de conque annonçant le départ du navire pour avertir ses hommes qui doivent le chercher sur les quais. Il met ensuite au parfum son lieutenant quant à la qualité de la dame qui l'accompagne et au fait qu'elle doit être considérée comme une invitée de marque à conduire jusqu'à Acheloos. La blonde, qui s'avère en réalité être un présent de Cévérius à Carmélia (ce qui explique sa gourderie très volontaire) est, par contre, présentée comme étant "à s'en méfier". Là dessus, Liopleurodès prend connaissance des nouvelles. Contre toute attente, il a effectivement reçu une autorisation de l'impératrice pour qu'Acheloos puisse commercer avec les ports grifféens. Plus prévisible, juste à côté, l'ordre de faire procéder au plus vite à l'évacuation des Basilics d'Aldaranche vers Effrot. Pris un peu par le temps, sans le griffon devant l'aider à conduire le représentant basilic sur Acheloos pour négocier le prix du transport, avec des hommes d'équipage devant encore redescendre vers le navire, et d'autres moins sympathiques qui logiquement devraient suivre pour le retrouver, Liopleurodès demande à se préparer à manœuvrer pour se positionner plus loin des quais et in fine, à partir dès que le port serait ouvert.
Décision est prise d'aller quérir en barque les représentants basilics pour éviter que le griffon ne doive approcher le quartier où les Charognards sont particulièrement agressifs. Là dessus, les hommes d'équipage reviennent avec un Saarlis qu'il n'avait plus vu depuis la mort du griffon la veille mais visiblement satisfait de sa soirée et d'avoir pu trouver des hommes de Liopleurodès pour rejoindre le bateau. Liopleurodès est lui-même assez heureux que le moine soit là et puisse ainsi continuer la cure de Carmélia. Par contre, il n'est pas vraiment rassuré d'entendre confirmer ses craintes quant aux hommes de Cévérius et le fait que les Charognards sont sur les talons de Carmélia. Ce dernier point exclu d'ailleurs d'héberger temporairement la sœur de Tibérius dans une auberge du port où le Sire et ses hommes pourraient la retrouver et la tuer.

L'un dans l'autre, entre Charognards et hommes de Cévérius, l'équipage tarasséen se prépare au pire, manœuvre et sort les armes.

Une très bonne soirée. Malgré un MJ visiblement fatigué mais qui a néanmoins assuré tout du long. L'exercice est d'autant plus difficile que l'on n'avait plus joué depuis un certain temps et que les trois joueurs sont séparés. Outre le fait de devoir gérer les récits parallèles, il y a aussi que lorsque 1 joueur joue, les 2 autres se reposent (et accessoirement, font les cons :mrgreen: ). Et le MJ, lui, forcément, il ne se repose jamais. Chapeau bas donc à toi, Canard. De mon côté, le MJ a su jouer avec mes idées et rebondir dessus. La tension a été très bien gérée. Très présente, mais toujours de quoi s'en sortir in extemis pour extraire Carmélia discrètement. Bon, les point d'onde ont encore bien volés là-dessus. Par contre, on a été largement plus prudents envers les réussites néantiques (un signe que Carmélia ne devait pas péter un câble). En fait, il me semble avoir vu nettement moins de 0 qu'à la partie où l'on avait affronté le paon. C'est d'ailleurs un des éléments de la tension de ma partie du scénario. Si il y avait des hommes d'armes qui me recherchaient moi et les filles, il y avait surtout une bombe à retardement juste à côté de moi. Et c'est bien l'esprit dans lequel s'est déroulé l'extraction de Carmélia : discrètement, en douceur pour que la nitro ne me pète pas à la gueule :mrgreen: mais toujours avec cette épée de Damoclès que j'ai été cherché moi-même et que j'encourageais à me suivre 8)7 .

J'ai un peu peur quant à ce que le MJ nous prépare avec la demoiselle à l'avenir. Elle m'a semblé bien trop désireuse de rejoindre son demi-frère son le front face aux Charognards, ou du moins réticente à l'abandonner à sa charge de commandant des force de répressions. Ça pue ! :mrgreen:
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Re: [CR] Chronique des Féals

Message par CANARD »

Une nuit agitée

Tibérius abrège le discours du vieil homme souche. Il en a compris l’essentiel. Il tentera d’intervenir dès ce soir avec ses hommes pour sauver les otages promis à une mort certaine mais souhaite un guide pour se frayer un passage dans le labyrinthe végétal et une promesse ferme de non intervention des habitants du quartier. Le maitre basilic acquiesce. Il enverra son disciple attendre devant la poterne. Tibérius n’en demande pas plus et rentre prestement à la tour. Sur les remparts une agitation inhabituelle l’intrigue depuis quelques minutes. Son refuge est rempli d’hommes en armes, des cohortes de l’ordre qui plus est, et dans la pièce du haut l’attendent six de ses coreligionnaires accompagnés de leurs lions blancs. Le grand maitre leur a demandé de lui prêter main forte. Ils se présentent chacun à leur tour et annoncent bien souvent à contrecœur mettre leurs troupes à sa disposition afin de faire cesser l’agitation. Pris de court, il les remercie pour leur aide et leur propose de se joindre à lui afin d’exfiltrer les otages qu’une cérémonie funèbre doit transformer dans peu de temps en charognards. Les réactions à l’annonce de cette forfaiture sont vives mais les discussions qui s’ensuivent plus vives encore, ponctuées de feulements des grands fauves soutenant la parole de leurs maîtres.

Très vite, Tibérius comprend que deux participants tentent de prendre le leadership et d’imposer leurs idées et leurs méthodes. Plus âgés que les autres, ils présentent néanmoins des personnalités et des caractéristiques très différentes : Eldor fait office de sage avec son ton pausé et son pelage argenté mais son œil froid et ses griffes rétractables trahissent l’implacabilité de son âme ; Cesario est flamboyant avec sa magnifique fourrure et ses manières toutes empruntes de majesté mais son ambition semble démesurée et il ne supporte aucune rivalité. Mélio est un jeune mimétique, calme et pondéré, dont les interventions sont rares mais intéressantes. Il a un peu de mal à se faire entendre mais Cesario s’il l’interrompt constamment ne semble pas l’impressionner. C’est tout le contraire pour Jador, visiblement inexpérimenté et très influençable. Argeos et Algar, deux puissants gaillards, complètent le tableau. Dissipés et cherchant à se distraire, ils appuient toutes idées pouvant mener à une intervention musclée et sanguinolente mais personne ne semble vouloir d’une confrontation directe. Tibérius finit par trancher et asseoir son peu d’autorité en choisissant de suivre la proposition de Mélio.

Ce dernier est en charge du quartier voisin, sous contrôle des aspiks. Selon lui, les charognards ne devraient pas s’attendre à voir une force grifféenne intervenir depuis ce côté puisqu’il est de notoriété publique que les soldats de l’empire ne s’y promènent pas impunément. Il croit néanmoins pouvoir guider une petite troupe et intervenir rapidement là où cela serait nécessaire. La surprise devrait compenser le nombre. Tibérius lui adjoint Eldor. Sur son flanc gauche, le long du quartier basilik en contact avec la ville, là où les troubles ont généralement lieu, il place Cesario et Jador. Il partira au centre en éclaireur avec le guide promis par le prêtre basilik, Algar et Argeos en couverture, prompts à intervenir en cas de danger espère-t-il. Avant de se séparer, Tibérius entonne une prière. Il souhaite que l’esprit de meute habite les lions blancs et qu’ils n’aient qu’une conscience commune durant toute la durée de l’opération. Sa propre voix est trop faible pour attirer l’attention des griffons mais les six membres de l’ordre se joignent à lui sans se faire prier et c’est avec jubilation qu’il sent naître entre les grands fauves un lien mental ténu. Une soif d’action s’empare alors de lui, la somme de leurs puissances conjointes lui conférant une confiance absolue.

~~~~~~~~~

Conscient d’être un intrus au milieu de cette assemblée recueillie, Sarliis, qui ne souhaite pas retomber trop vite dans les griffes de « la rame », tente de se faire passer pour un mendiant mais il ne parvient à tromper personne. Les gens s’écartent de lui et bientôt, il sent qu’on le pousse fermement en avant dans le cercle de lumière où officient les prètres de l’Ekklesia. Ceux-ci le reconnaissent immédiatement et leur chef l’invite à se joindre à eux tout en le présentant à la foule comme le sauveur de l’âme du défunt griffon. Mieux même, il lui cède la place et le presse de prendre la parole. Le caladrien prit de cours ne sait trop quoi dire. Par réflexe, il entonne un chant pour le salut des morts et comprends à la ferveur de la réponse que l’assemblée ne pleure pas que la disparition du féal. Elle est toujours sous le choc des évènements de la vieille. Se souvenant du traumatisme engendré par ces braves gens hypnotisés, se retournant bien souvent contre leurs proches, et prenant conscience qu’il a les victimes plus que probablement devant lui, il se lance dans une grand sermon improvisé pendant lequel il essaie d’expliquer sa version des faits. Il appelle aux pardons pour les coupables entrainés malgré eux dans des violences dont ils n’avaient pas conscience et tente d’apporter du baume au cœur de cette population blessée. Lorsqu’il se tait, il sent comme un frémissement, un murmure de remerciement mais aussi l’étonnement qui traverse l’assemblée.

Le chef des prêtres ne laisse à personne l’opportunité de l’interpeller et l’entraine rapidement dans une demeure bourgeoise qui semble avoir été réquisitionnée pour l’occasion, le siège d’une guilde marchande. Là une armée de servants, de gardes et de clercs interrogent les victimes et les témoins, répertorient les dégâts et les faits, soignent les blessés et jugent les coupables. Très vite, il est lui-même soumis aux questions impérieuses de son vis-à-vis et comme toujours il lui est difficile de mentir. Comment en effet expliquer sa présence à cette heure tardive, à moitié dévêtu et trempé ? Même la vérité est incroyable. Le prêtre ne semble d’ailleurs pas lui donner beaucoup de crédit, le prenant visiblement pour une personne dérangée et passe interloqué à d’autres questions plus urgentes en rapport avec le discours qu’il vient de prononcer. Il ne peut que se répéter et expliquer une fois encore les similitudes avec les autres émeutes. Mais l’interrogatoire est interrompu par un garde essoufflé apportant la nouvelle de la reprise des troubles non loin de là, déclenchés par la présence de charognards. L’ecclésiastique, un temps estomaqué, se reprend très vite et ordonne à ses hommes de se déployer le plus rapidement possible dans le quartier afin d’étouffer le tumulte. Il se rend lui-même sur le terrain afin d’être au cœur de l’action, prenant bien soin d’emmener avec lui celui qui de près ou de loin est mêlé à cette affaire.

Sarliis suit sans résistance les gardes qui foncent à travers les ruelles peu éclairées. Ils se dirigent vers le fleuve dans la direction qu’ont pu prendre « La rame » et ses hommes. La troupe s’éparpille et il n’est bientôt plus réellement surveillé. Jetant des coups d’œil à droite et à gauche, il a la surprise de voir dans une allée perpendiculaire une silhouette élancée reconnaissable entre mille. Aussi incroyable que cela puisse paraitre, « Sire », entouré de quelques hommes, tente de se faufiler dans le labyrinthe. Très vite, il disparait à la vue et le moine a beau se mettre immédiatement à sa poursuite c’est en vain qu’il tente de les rattraper. Il ne court pas assez vite et finalement abandonne après avoir perdu et son chemin et ses proies. Regardant vers le ciel, il remarque quelques mouettes perchées sur les toits. Il les appelle, les cajole de la voix puis parvient à pénétrer l’esprit de l’une d’entre-elles. Il s’envole alors au-dessus de la ville afin d’avoir une vue d’ensemble de la situation. Les combats ont repris un peu partout sans ordre ni logique. Des feux crépitent de ci de là. Des ombres se faufilent et tentent d’échapper au filet tendu autour d’eux. Il parvient à retrouver le mort en armure, rassemblant ce qu’il peut de ses hommes et les dirigeant vers le fleuve dans une direction bien précise. Reprenant possession de son corps, avachi le long d’un mur, l’homme-oiseau se relève et se remet courageusement en route.

~~~~~~~~~


Dans la chambre de l’auberge, Liopleurodes observe amusé et pas peu fier de lui les retrouvailles entre les quatre jeunes femmes. Il ne reprend la parole qu’une fois les pleurs à moitié secs alors que les questions des unes et des autres se font plus pressantes. Il n’a pas trop envie de s’attarder içi, de leur laisser le temps de décrire le moyen peu orthodoxe utilisé pour retrouver Camélia. Il tente de convaincre cette dernière de rejoindre son bateau et y parvient assez aisément malgré l’intervention surprise de deux servantes qui objectent, l’une, une petite brune, que sa place est au palais Tullius avec les gens de sa maison et l’autre, une blonde, au palais Severius avec sa mère et son futur mari. Contrarié par cette opposition inattendue et souhaitant parler seul à seul avec la jeune patricienne, il renvoie les trois plébéiennes vers la salle commune. Enfin libre de ses paroles, il interroge la fugueuse mais elle semble frappée d’amnésie et il n’obtient que peu d’éclaircissements sur les événements de la vieille. Comprenant qu’elle a tout de même conscience d’être dans un état anormal et se remémorant les tentatives de Sarliis pour parvenir à la sortir de là, il tente de la faire réagir en lui expliquant de manière frontale son rôle dans la suite d’évènements tragiques survenus autour d’elle. Sans surprise, elle se recommence à pleurer désemparée et c’est assez satisfait qu’il peut constater qu’elle s’en remet quasi exclusivement à lui. Il a bon espoir de pouvoir l’emmener sur la Tarasque et là de lui offrir une autre destinée. Mais déjà il entend des pas dans le couloir. Deux servantes, la petite brune et la costaude, viennent les interrompre alarmées. La blonde a reconnu parmi les convives de l’auberge deux hommes de la maison Severius et avant qu’elles n’aient pu intervenir, elle les a interpellés. Elle doit être en train de leur révéler leur présence.

La suite du récit de la bouche du héros :
« Là dessus, deux des servantes reviennent affolées. Elles viennent me prévenir que la blondasse du groupe est en train de tout déballer à des hommes de Sévérius qui buvaient en bas. Parce que oui, nous sommes dans le quartier d'Aldaranche sous l'autorité de la famille Sévérius. Un seul escalier pour descendre, c'est un coup à tomber nez à nez avec les gars. Pas trop envie de balancer les filles par la fenêtre non plus. J’ordonn... invite Carmélia à regagner le deuxième étage et d'attendre que les hommes de Sévérius aient pu constater qu'elle n'est pas là. Elle obtempère et est d'ailleurs suivie par la servante brune. Seul avec la troisième servante, l’auburn à ma taille, j’improvise : Je lui glisse les mains sous sa robe en l'embrassant. Un peu surprise, mais pas tant choquée que ça (le rituel orgiaque a éveillé ses sens semble-t-il), la demoiselle comprend très vite le principe de perturber les gardes en les faisant surprendre une scène de batifolage. Elle y met même les formes (qu'elle a d'ailleurs très jolies). Comme prévu, les miliciens débarquent dans la chambre et nous surprennent dans le lit. Je joue l'amant outré d'être ainsi interrompu dans ses affaires, dans une chambre que j’ai grassement payée. Ils ne sont pas dupes longtemps d’autant que la blonde derrière eux insiste. Le plus âgé demande à son collègue d'aller chercher d'autres gars et revient à la charge. Il va même jusqu'à m'insulter, me traiter de métèque ... le cuistre. Là-dessus, moi, l’ ambassadeur d'Acheloos, je tente de remettre le soudard à sa place en faisant valoir mon rang. Ça marche à moitié, jusqu'à ce que le garde face le rapprochement avec le Tarasséen qui s'est permis quelques petites piques envers Sévérius la veille, sous son toit. Là-dessus, ce garde me menace plus ouvertement. "faute de ramener la promise du maître, je pourrais ramener la tête du métèque" ... ça sent le sapin. La blondasse offre, bien malgré elle, une échappatoire à cette altercation en commençant d'évoquer en sanglotant les choses que je lui aurais forcées de faire. Le garde est perturbé, son attention est attiré par la servante, il ne voit pas venir l'énorme coup que je lui assène. La blonde est sermonnée comme elle le mérite. Le garde est ligoté, bâillonné et enfermé dans la chambre. Ni une ni deux, nous nous en allons de l'auberge, prétextant des affaires nocturnes à régler.

Le temps de récupérer le cheval dans l'écurie, les renforts sont là. Fort heureusement, je ne panique et passe inaperçu en marchant derrière l'animal le temps que les hommes rentrent dans l'auberge. La blonde ne moufte plus. Je m’empresse alors de nous mêler à l'activité des quais pour nous dissimuler aux yeux des poursuivants et redescend en direction de la baie en espérant retrouver mes hommes. Malheureusement, nos poursuivants ressortent assez vite de l'auberge et se mettent à notre recherche. J’aborde alors le propriétaire d'une barque et lui demande de nous conduire jusqu'à la baie. Le Grifféen est un peu pris au dépourvu, et se demande pourquoi je ne peux pas continuer à pied avec mon cheval. Il se demande si je ne suis pas en train de fuir en fait, et que l'activité au loin, tous ces hommes en armes, ne serait pas pour moi. De but en blanc, j’invoque le danger que représentent les groupes de Charognards qui arpentent les rues du quartier et espère que mes protégées seront plus en sécurité dans une barque qu'à marcher dans les rues la nuit. Le coup de bluff marche tant et si bien que l'homme court jusque chez lui pour aller protéger sa famille. Seul, avec 4 femmes et un cheval, j’invite les premières à monter en vitesse et attache le cheval à la bite d'amarrage en guise de paiement (pour ma bonne conscience). La descente du fleuve se fait sans aucun problème. Je tente bien d’apercevoir mes hommes sur les quais, mais sans succès. »
Canard

Les règlements doivent s'adapter à la situation et non l'inverse.

La sagesse suprême est d'avoir des rêves assez grands pour ne pas les perdre du regard tandis qu'on les poursuit. Faulkner
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