Allez hop, la vision du Tarasséen :
Dans le dernier épisode, Liopleurodès (qui n'est pas encore flasque, je le précise !

) venait tout juste de retrouver Carmélia, la sœur de Tibérius. Laquelle était plus que soupçonnée d'être à l'origine, bien malgré elle, de l'apparition du Néant dans Aldaranche. Retrouvailles et effusion d'émotions entre la jeune femme et ses trois servantes sont au programme. Liopleurodès, lui, regarde et attend que ça se passe. Une fois cela fait, il fait un topo de la situation à la demoiselle :.
1) Vous n'avez visiblement pas envie d'épouser le seigneur Cévérius, vu votre fugue.
2) L'idée d'épouser le neveu de l'impératrice ne vous botte pas tant que ça non plus.
3) Si je vous ramène chez vous, ce sera l'un ou l'autre.
4) Je vous propose donc de ne pas retourner chez vous mais chez moi, sur ma tarasque Achéloos. Là, vous serez libre de réfléchir à ce que vous voulez faire de votre vie le temps que ça se tasse quitte à décider de revenir chez vous à la fin si vous le désirez.
5) En bonus, vous pourriez même choisir de rester sur la Tarasque et de rejoindre les terres de votre demi-frère Tibérius, loin dans le sud, loin des intrigues et des mariages forcé. En plus vous semblez beaucoup aimer ce demi-frère ...
Sans trop de surprise, elle acquiesce et se résout à le suivre sur son bateau. Avant de partir, pour éviter de trop en dire aux servantes (je ne savais plus si on leur avait expliqué le problème de leur maîtresse concernant le grand paon étoilé qu'elle attirait ...) Liopleurodès demande de parler seul à seul avec leur maîtresse. Les servantes s'en vont manger un bout en bas ... aux frais du Tarasséen. Seul avec Carmélia, Liopleurodès lui explique qu'il soupçonne clairement ses "absences" et son état de désespoir d'attirer une créature maléfique qui se nourri de sa peine et cause beaucoup de dégâts dans la ville. Il lui demande donc de se reprendre en main, d'en cesser avec les drogues qui l'abrutissent et se propose de l'aider à se choisir un destin plus heureux. Par chance, Saarlis, le moine caladrien, l'avait déjà préparé à cette révélation en lui tenant un discours semblable auparavant. Liopleurodès est satisfait de savoir qu'au moins elle a envie de s'en sortir.
Là dessus, deux des servantes reviennent affolées. Elles viennent prévenir que la blondasse du groupe est en train de tout déballer à des hommes de Cévérius qui buvaient en bas. Parce que oui, nous sommes dans le quartier d'Aldaranche sous l'autorité de la famille Cévérius. Une seul escalier pour descendre, c'est un coup à tomber nez à nez avec les gars. Pas trop envie de balancer les filles par la fenêtre non plus. Liopleurodès ordonn... invite Carmélia à regagner le deuxième étage et d'attendre que les hommes de Cévérius aient pu constater qu'elle n'est pas là. Elle obtempère et est d'ailleurs suivie de la servante brune. Seul avec la troisième servante, auburn, Liopleurodès improvise : il se saisit d'elle et glisse ses mains sous sa robes en l'embrassant. Un peu surprise, mais pas tant choquée que ça (cf le rituel orgiaque auquel les trois filles ont participé le Tarasséen au précédent scénario), la demoiselle comprend très vite le principe de perturber les gardes en les faisant surprendre une scène de batifolage. Elle y met même les formes (qu'elle a d'ailleurs de très jolies). Comme prévu, le garde débarque dans la chambre et surprend le "couple" dans le lit. Liopleurodès joue l'amant outré d'être ainsi interrompu dans ses affaires, dans une chambre qu'il a payé grassement, ... l'homme de Cévérius n'est perturbé que peu de temps et ne se laisse pas trop distraire par les remontrances de Liopleurodès. Il demande à son collègue d'aller chercher d'autres gars et revient à la charge sur Liopleurodès. Il va même jusqu'à l'insulter, le traiter de métèque ... le cuistre. Là-dessus, Le Tarasséen, mine de rien ambassadeur d'Acheloos, tente de remettre à sa place le soudard en faisant valoir son rang. Ça marche à moitié, jusqu'à ce que le garde face le rapprochement avec le Tarasséen qui s'est permis quelques petites piques envers Cévérius la veille, sous son toit. Là-dessus, ce garde le menace plus ouvertement. "faute de ramener la promise du maître, je pourrais ramener la tête du métèque" ... ça sent le sapin. La blondasse offre, bien malgré elle, une échappatoire à cette altercation en commençant d'évoquer les choses que Liopleurodès lui aurait forcé de faire. Le garde est perturbé, son attention est attiré par la servante, il ne voit pas venir l'énorme coup que lui assène le colosse tarasséen. La blonde est sermonnée comme elle le mérite. Le garde est ligoté, bâillonné et enfermé dans la chambre. Ni une ni deux, le petit groupe s'en va de l'auberge, Liopleurodès en tête, prétextant des affaires nocturnes à régler.
Le temps de récupérer le cheval dans l'écurie, les renforts sont là. Fort heureusement, il arrive à ne pas paniquer et passer inaperçu en marchand derrière l'animal le temps que les hommes rentrent dans l'auberge. Il s'empresse alors de se mêler à l'activité des quais du fleuves pour se dissimuler aux yeux des poursuivant et redescend en direction de la baie en espérant retrouver ses hommes normalement remontés pour le retrouver. Malheureusement, les hommes de Cévérius ressortent assez vite de l'auberge et se mettent à sa recherche. Liopleurodès aborde alors le propriétaire d'une barque et lui demande de le conduire jusqu'à la baie lui et les dames qu'il protège. Le Grifféen est un peu pris au dépourvu, et se demande pourquoi ll ne veut pas continuer à pied avec son cheval plutôt. Il se demande si Liopleurodès n'est pas en train de fuir en fait, et que l'activité derrière, avec tout ces hommes en armes, serait pour lui. De but en blanc, Liopleurodès invoque le danger que représentent les groupes de Charognards qui arpentent les rues du quartier et espère que ses protégées seront plus en sécurité dans une barque qu'à marcher dans les rues la nuit. Pour rappel, depuis un jour, les Charognards ont fait d'importantes incursions hors du quartier basilice et les combats font rage. Même si liopleurodès n'a pas eu vent de la présence de Charognards ici, c'est très crédible. Le coup de bluff marche tant que l'homme court jusque chez lui pour aller protéger sa famille. Seul, avec 4 femmes et un cheval, Liopleurodès invite les dames à monter
en vitesse dans la barque, attache le cheval à la bite d'amarrage en guise de paiement (pour sa bonne conscience) et descend le fleuve avec professionnalisme (un des meilleurs jets de dés que j'ai fait, 6-7 réussites). Il tente d’apercevoir ses hommes sur les quais en descendant, mais sans succès. Par dépit, il descend jusqu'à son navire.
Sur son bateau, l'équipage est prêt, comme prévu, et confirme qu'un groupe est parti le chercher en amont. Embetté, Liopleurodès fait donner un coup de conque annonçant le départ du navire pour avertir ses hommes qui doivent le chercher sur les quais. Il met ensuite au parfum son lieutenant quant à la qualité de la dame qui l'accompagne et au fait qu'elle doit être considérée comme une invitée de marque à conduire jusqu'à Acheloos. La blonde, qui s'avère en réalité être un présent de Cévérius à Carmélia (ce qui explique sa gourderie très volontaire) est, par contre, présentée comme étant "à s'en méfier". Là dessus, Liopleurodès prend connaissance des nouvelles. Contre toute attente, il a effectivement reçu une autorisation de l'impératrice pour qu'Acheloos puisse commercer avec les ports grifféens. Plus prévisible, juste à côté, l'ordre de faire procéder au plus vite à l'évacuation des Basilics d'Aldaranche vers Effrot. Pris un peu par le temps, sans le griffon devant l'aider à conduire le représentant basilic sur Acheloos pour négocier le prix du transport, avec des hommes d'équipage devant encore redescendre vers le navire, et d'autres moins sympathiques qui logiquement devraient suivre pour le retrouver, Liopleurodès demande à se préparer à manœuvrer pour se positionner plus loin des quais et in fine, à partir dès que le port serait ouvert.
Décision est prise d'aller quérir en barque les représentants basilics pour éviter que le griffon ne doive approcher le quartier où les Charognards sont particulièrement agressifs. Là dessus, les hommes d'équipage reviennent avec un Saarlis qu'il n'avait plus vu depuis la mort du griffon la veille mais visiblement satisfait de sa soirée et d'avoir pu trouver des hommes de Liopleurodès pour rejoindre le bateau. Liopleurodès est lui-même assez heureux que le moine soit là et puisse ainsi continuer la cure de Carmélia. Par contre, il n'est pas vraiment rassuré d'entendre confirmer ses craintes quant aux hommes de Cévérius et le fait que les Charognards sont sur les talons de Carmélia. Ce dernier point exclu d'ailleurs d'héberger temporairement la sœur de Tibérius dans une auberge du port où le Sire et ses hommes pourraient la retrouver et la tuer.
L'un dans l'autre, entre Charognards et hommes de Cévérius, l'équipage tarasséen se prépare au pire, manœuvre et sort les armes.
Une très bonne soirée. Malgré un MJ visiblement fatigué mais qui a néanmoins assuré tout du long. L'exercice est d'autant plus difficile que l'on n'avait plus joué depuis un certain temps et que les trois joueurs sont séparés. Outre le fait de devoir gérer les récits parallèles, il y a aussi que lorsque 1 joueur joue, les 2 autres se reposent (et accessoirement, font les cons
). Et le MJ, lui, forcément, il ne se repose jamais. Chapeau bas donc à toi, Canard. De mon côté, le MJ a su jouer avec mes idées et rebondir dessus. La tension a été très bien gérée. Très présente, mais toujours de quoi s'en sortir in extemis pour extraire Carmélia discrètement. Bon, les point d'onde ont encore bien volés là-dessus. Par contre, on a été largement plus prudents envers les réussites néantiques (un signe que Carmélia ne devait pas péter un câble). En fait, il me semble avoir vu nettement moins de 0 qu'à la partie où l'on avait affronté le paon. C'est d'ailleurs un des éléments de la tension de ma partie du scénario. Si il y avait des hommes d'armes qui me recherchaient moi et les filles, il y avait surtout une bombe à retardement juste à côté de moi. Et c'est bien l'esprit dans lequel s'est déroulé l'extraction de Carmélia : discrètement, en douceur pour que la nitro ne me pète pas à la gueule
mais toujours avec cette épée de Damoclès que j'ai été cherché moi-même et que j'encourageais à me suivre
.
J'ai un peu peur quant à ce que le MJ nous prépare avec la demoiselle à l'avenir. Elle m'a semblé bien trop désireuse de rejoindre son demi-frère son le front face aux Charognards, ou du moins réticente à l'abandonner à sa charge de commandant des force de répressions. Ça pue !