@Harfang2 et
@Inigin : à titre personnel, je n'ai jamais utilisé le terme de « trait autistique ». Et d'autre part, l'autisme dit « invisible » se voit : une étude (j'ai pas les réf sous la main) a consisté à filmer des gens et à demander à des spectateur·ices de les évaluer, et les autistes se faisaient allumer (qualificatifs négatifs, notes basses) alors même que les spectateur·ices ne savaient pas qu'elles étaient autistes. Donc inconsciemment, les allistes (non-autistes) voient qu'il y a quelque chose d'inhabituel, mais n'analysent pas ça comme étant de l'autisme, ne voient pas de
trait autistique comme voue le dites (on ne voit pas la personne faire du stimming ou s'étaler sur un intérêt spécifique), mais comme étant une personne pas franche, non fiable, ce genre de trucs.
Et du coup, très souvent, entre autistes, on se reconnaît.
Donc non, je ne fais pas référence au fait que des personnes pourraient avoir
un trait dit « autistique » que je pense qu'on dépasse les 1 % de TSA sur les personnes s'exprimant régulièrement dans les sujets que je suis sur CNO.
D'autre part, non, personne ne veut se coller cette étiquette sans cause sérieuse, parce qu'être autiste, ce n'est pas cool : ça ne rend pas séduisant, ça n'ouvre pas les portes de l'emploi, ça n'attire pas la sympathie, ça ne te rend pas intéressant, et
non, ça ne rend pas les troubles plus acceptables par l'entourage (si l'entourage est bienveillant, il aura de toute manière accepté les troubles avant d'avoir l'explication, et s'il n'est pas bienveillant, c'est juste l'occasion de se voir sitgmatiser une peu plus) ; l'image de l'autiste, véhiculée par les médias, ça fait pas envie. Moi, si j'en suis venu à cette auto-conclusion, c'est pour trouver une explication à une réelle souffrance : probablement 8 ans de dépression cumulées sur une trentaine d'années (la dépression touche certes 1 personnes sur 5 au cours de la vie, mais la durée moyenne est de 3 à 4 mois [
1]), des situations de harcèlement au travail, une solitude subie et non voulue.
Alors que certaines personnes s'orientent un peu vite vers cette explication de leur souffrance et fassent fausse route — ce qui est peut-être mon cas, hein* —, c'est un fait ; mais ça n'est certainement pas pour se « trouver une identité ».
Il n'y a pas non plus de foisonnement.
L'autisme a été sous-diagnostiqué pendant un siècle, on a juste un rattrapage, notamment des adultes qui n'ont jamais été diagnostiqués auparavant, et en particulier chez les femmes. Mais on tourne autour des 1 %, le même ordre de grandeur que la schizophrénie ou la bipolarité (schizophrénie qui, au passage, pourrait avoir comme cause un dérèglement de l'élagage synaptique, comme l'autisme, mais dans l'autre sens). L'impression de foisonnement, c'est juste un effet de loupe, on a telle ou telle célébrité qui fait son
coming out (Maïtena Biraben récemment), tel ou tel proche qu'on n'avait pas vu venir.
Parce qu'1 %, ça veut dire qu'on en connaît forcément plusieurs. Sauf qu'on ne le sait pas. Et quand on l'apprend, on a l'impression que c'est injustifié parce qu'on ne l'avait pas vu.
Et puisqu'on mélange tout : HPI, ce n'est pas un diagnostic, être intelligent ce n'est pas un handicap. C'est juste que pendant des décennies, on considérait que tu n'étais pas autiste si tu n'avais pas de retard de langage, donc un gamin qui avant un comportement bizarre, on testait son QI, s'il avait un QI élevé bin on disait que c'était à cause de ça (les zèbres, toussa). Alors qu'en fait, c'est leur intelligence qui leur a permis de compenser leur autisme.
*ceci dit, quand j'ai évoqué l'hypothèse auprès d'une copine psychologue du développement spécialisée dans l'autisme, elle m'a dit « tiens, c'est marrant, dans tes mails, je me disais justement que ça faisait très intérêt restreint » (je luis avais envoyé une tartine sur Helloween et une autre sur
Mad Max). Et quand j'en ai parlé devant une orthophoniste, je l'ai vu hocher de la tête et quand je suis allé lui demander si elle avait vu quelque chose, elle m'a dit qu'« en cherchant dans cette direction, tu devrais trouver des choses intéressantes ». Et l'anamnèse chez une neuropsychologue a amené suffisamment d'éléments pour qu'elle me recommande de passer un test spécifique, sachant que ce n'est pas elle qui l'a réalisé et que les files d'attentes sont blindées donc elles n'ont pas besoisn de moi pour faire du chiffre.
Tybalt (le retour) a écrit : ↑lun. avr. 20, 2026 12:21 pm
Dans les livres et articles que j'ai lus : on sait qu'il y a une composante génétique nette, mais "forte", c'est beaucoup dire, ou en tout cas pas prouvé solidement.
Euh, si (je souligne) :
« Quelles sont les causes et mécanismes biologiques de l’autisme ? »,
Institut du cerveau, 19 avril 2026
https://institutducerveau.org/fiches-ma ... s-lautisme
Il est désormais établi que les troubles du spectre autistique (TSA) ou autisme sont d’origine multifactorielle, c’est-à-dire qu’ils se déclarent chez des personnes génétiquement prédisposées après exposition à un ou plusieurs facteurs environnementaux encore inconnus.
[...]
On sait également que le risque d’avoir un enfant atteint de TSA est 50 à 100 fois plus élevé dans la fratrie d’une personne autiste.
Mais certes :
On connait aujourd’hui plusieurs centaines de gènes de prédisposition au TSA, c’est-à-dire des variants génétiques qui augmentent le risque de développer la maladie chez les individus qui les portent. Ces variants ne sont ni nécessaires, ni suffisants pour développer le TSA,