Épisode 5 : le cas des naufrageurs de la côte partie 1
La garrigue au sud de Scavoli est aride et monotone... la route est large et poussiéreuse devant l’attelage et les chevaux des Spadassins. Ils se dirigent vers Santo, un grand bourg à quelques dizaines de lieux de Scavoli. La ville est dominée par trois grande familles d’éleveurs qui sont à couteaux tirés depuis bien trop longtemps. Mais ce n'est pas le pourquoi du voyage des Spadassins aussi loin de Scavoli...
Alors que la chaleur se fait écrasante, chacun et chacune se remémore les mots de Carraro d'il y a quelques jours... « des naufrages ont eut lieu prêt de Santo... et que des bateaux de la Compagnie Marchande Contarini ! Mon employeur veut que vous vous rendiez sur place, que vous trouviez ce qu'il s'est passé et si des personnes sont impliquées vous devez y mettre un terme. Vous serez bien payés pour ça avec en bonus les monture que mon employeur met à votre disposition. Vous avez un peu de temps pour le résoudre celui-là mais traînez pas les petits ! Je compte sur vous ! » avait conclu le Vieux en vidant sa chope de bière au beau milieu du bruyant Bouc qui Pue...
Quelques détails reviennent dans l'esprit des Spadassins... les trois familles, les Sparaco, qui semblent à la traîne et qui ont perdu leur patriarche l'an dernier dans une embuscade, les Firpo, puissant et nombreux, et enfin les Arcieri dominés par un patriarche vieux et cruel. Santo même ne dispose pas de port mais de quelques pêcheurs côtiers qui pourront donner peut être plus d'informations sur ces naufrages. Et enfin, il y a la rumeur qui dit que des naufrageurs auraient fait le coup et que les Contarini sont furieux car le Prince de Scavoli n'a pas envoyé la troupe pour y mettre bon ordre...
Santo même se trouve en retrait de l'océan tout en se lovant sur les berge d'un petit fleuve paresseux qui descend des pâtures des trois familles. Le bourg est fait de peut être une centaine de petites maisons blanches, d'aucun ouvrage défensif et d'une grande place pavée avec son église, ses quelques échoppes et sa grande taverne-relais. À l'arrivée des Spadassins, vers midi, les rues sont désertes mais la seule cloche de l'église tinte à tout rompre.
Devant celle-ci, sur la grand place de Santo, une bonne partie des habitants sont réunis devant l'église trop petite pour accueillir tout le monde. Les Spadassins se faufilent et entendent le curé local invectiver ses ouailles de manière exaltée et un tantinet hérétique. Ça parle de « Dieux de la mer » qu'il faut « apaiser » par des « sacrifices » car sinon il engloutira d'autres « bateaux et marins »... les habitants écoutent avec un respect mêlé de crainte la prêche de ce père halluciné et fanatique.
Quelques minutes plus tard, il enjoint la foule à le suivre vers les falaises hors de la ville pour apaiser le dieux de la mer. Les Spadassins comprennent vite que ces « sacrifices » sont en fait des pochons d'herbes aromatiques ou des graines, rien de choquant ou d'horrible là-dedans. Ottavio se fait même refiler un petit pochon par une jeune femme très impliquée.
Le cortège, très odorant et presque païen, sort de la ville et gravit une petite pente pour finir devant les vestiges de l'ancien phare de Santo. Ne reste guère que quelques pierres de taille et de simples fondations... l'endroit est dans cet état depuis le siècle dernier vu son état. Le curé enjoint les habitants à faire leurs sacrifices et à prier avec lui pour l'apaisement du dieux de la mer. Il continue sa diatribe extatique pendant que tous s'acquittent de leur petite participation au dessus de la mer à quelques centaines de brasses plus bas.
En quittant la falaise, les Spadassins aperçoivent un cavalier sur la route devant Santo, il semble observer la procession de loin avant de repartir vers l'intérieur des terre et les pâtures des Sparaco ou des Arcieri. Fiorenza reconnaît l'Inquisiteur Figone ce qui est bien fâcheux vu le mission des Spadassins.
De là, les Spadassins attendent que l'église se soit vidée et rentrent pour rencontrer ce drôle de curé. Ils le trouvent en train de prier devant la Croix du Crucifié en marmonnant des propos inintelligibles. Pacha, curieux et croyant, se met à prier avec lui alors que les autres restent en retrait. Le curé s'illumine et prend à témoin Pacha qui, malgré sa foi différente, apporte de l'eau (
sic) aux prêches du curé. Pacha entre dans le jeu du curé et essaye de comprendre s'il est fou, s'il joue la comédie ou s'il y a autre chose.
Il faudra que le Padré Tino, car tel est le nom du fameux curé, prenne à témoin Luigi et Ottavio pour qu'il démontre qu'il est complètement et irrémédiablement fou à lier !
Les Spadassins finissent cet « interrogatoire » en évoquant l'Inquisiteur Figone ce qui provoque un vent de panique chez le Padre Tino qui file comme le vent vers le petit presbytère derrière l'église.
Bon, les Spadassins viennent d'éliminer une piste mais sans pour autant avoir neutralisé la capacité du Padré Tino à faire n'importe quoi dans le futur.
Pendant que les autres sont allés à l'église, Fiorenza est descendue sur la grande plage à proximité de Santo pour y rencontrer les pécheurs locaux. Ils sont une petite centaine et utilisent de grandes barques à fond plat pour aller caboter et lancer leurs filets pas loin de la côte. Elle discute avec un petit vendeur de poisson qui parle d'une mer difficile depuis quelques semaines et de ces satanés gros bateaux qui frôlent la côte en permanence et que plusieurs accidents ont eut lieu entre eux et les pêcheurs. Le grand-père du vendeur a lui aussi connu une période difficile au siècle dernier avec pas mal de pêcheurs disparus ce qui pourrait expliquer la mer difficile et le reste, mais concernant les naufrages le vendeur apporte quelques précisions.
Les bateaux se seraient échoués plus au nord, à quelques lieux de Santo et de nuit. Le vendeur parle aussi du phare qui est détruit et pas prévu d'être reconstruit avant un bon moment. Fiorenza, forte de ces informations et du repas de ce soir, retrouve les autres qui sortent de l'église. Ils décident alors de monter leur carriole au phare et d'établir leur camp là-bas. Pacha et certains comme Errol et Liv vont veiller sur le camp pendant que les autres vont continuer à enquêter...
Et donc, de là, le groupe se scinde en deux, Fiorenza et Ottavio veulent aller au nord et trouver le site des naufrages, pendant que Luigi et Adolfo vont tenter de débusquer Figone dans l'intérieur des terres.
Fiorenza et Ottavio remontent vers le nord en suivant une piste sinueuse et étroite. À leur gauche, une garrigue clairsemée et sentant le sel, à leur droite, de grande et profondes falaises. Ils arrivent à proximité de l'endroit indiqué par le vendeur de poisson et découvrent les restes d'un grand brasier sur la falaise !
D'après l'alignement et la taille, cela pourrait induire en erreur d'éventuels bateaux et de nuit les faire se drosser sur le rivage et les récifs en contrebas. Une grande piste permet d'atteindre une large plage en contrebas et c'est avec stupéfaction que nos deux Spadassins découvrent des restes de bateaux !
Aucun cadavre ni marchandise perdue mais du bois flotté en grande quantité qui va et vient au gré des vagues... donc c'est bien ici que le bateaux des Contarini ont été entraînés, ont coulé et les naufrageurs ont fait main basse sur la cargaison sans laisser de survivants.
Alors que les deux Spadassins comprennent l'horrible vérité, ils entendent du bruit sur le chemin de la falaise. Un éleveur mène quelques dizaines de bêtes vers une pâture. Ils se camouflent et le laissent passer tout en découvrant des traces de chariots qui quittent la crique assassin.
Pendant que Fiorenza récolte un peu de charbon et des herbes aromatiques pour le repas de ce soir, Ottavio remonte la piste du chariot qui part de la plage... en remontant, il voit l’éleveur en train d'installer ses vaches dans un petit pré à sel au delà de la ceinture de garrigue. Ottavio arrive à remonter la piste du chariot jusque dans l'intérieur des terres sans pour autant savoir si le chariot file chez les Sparaco ou les Arcieri...
Pendant que Fiorenza et Ottavio découvrent l'horrible vérité sur les naufrages, Luigi et Adolfo entrent dans les terres. Ils parcourent quelques chemins de pâtures avant d'entendre des bruits de combat à quelques distances !
Adolfo s'élance sur son cheval dans la clairière et met en fuite les trois brutes qui allaient tuer les deux éleveurs. Luigi, resté en retrait, voit clairement que son camarade avait une chance sur deux de se retrouver avec trois adversaires si son bluff échouait...
Les deux éleveurs sont des Sparaco, et le pas blessé remercie chaudement Adolfo qui appelle Luigi pour qu'il se montre. Le Sparaco propose aux Spadassins de l'accompagner à la ferme familiale pour être remerciés comme il se doit. Les Spadassins acceptent et sont conduit à la ferme Sparaco à quelques lieux d'ici. Le jeune éleveur est intarissable sur la région, les bisbilles locales et l’élevage quitte à devenir légèrement énervant pour les Spadassins et leur arrivée au ranch Sapraco est une vraie délivrance...
Ils rencontrent un jeune homme un peu perdu qui est le tout nouveau « patriarche » des Sparaco... Gabriele Sparaco est jeune, bien trop jeune pour ce travail, clairement dépassé, mais honnête et sympathique. Il remercie les Spadassins et les invite à boire une petite grappa à l'ombre de son patio. Une jeune et jolie gouvernante vient servir la grappa avec quelques fruits bien mûrs à Gabriele et aux Spadassins à l'ombre de sa grande maison blanche. Les Spadassins parlent de la guerre entre les trois familles et Gabriele leur dresse un portrait assez raccord avec que qu'ils savaient déjà. Des naufrages, il n'en a qu'entendu parlé, par contre il met clairement en doute la probité de Padré Tino et de là... les Spadassins enchaînent et évoquent l'Inquisiteur Figone... et il est bien ici dans la ferme de Gabriele !
Il a envoyé une lettre à Scavoli concernant les prêches enflammées et étranges du Padré Tino et l'Inquisiteur Figone est arrivé peu après pour enquêter. Il demande à son accorte servante, qui semble fortement le troubler, d'aller quérir Figone. Et celui-ci débarque devant les Spadassins comme une fleur en posant ses bottes sur la table de Gabriele. Adolfo lui rappelle les règles de bien séance chez son hôte sous le regard fuyant de Gabriele et la discussion commence. Figone ergote sur le présence des Spadassins ici et parle vite fait des naufrages et de l'implication de la famille Contarini, sans évoquer le pourquoi de sa présence ici...
Par ailleurs, les Spadassins comprennent vite que Figone ne dira rien ici, il semble se méfier de la servante de Gabriele et propose aux Spadassins de se voir ce soir à l'extérieur de Santo au bas du phare. Les Spadassins ne poussent pas la discussion plus loin et acceptent cette entrevue secrète en soirée...
Avant de partir, Gabriele invite les Spadassins à venir demain midi pour le grand repas hebdomadaire du ranche où ils seront les invités d'honneur des Sparaco !
Les Spadassins quittent le ranch en disant à demain à Gabriele alors que Figone quitte aussi le ranch pour continuer à mener son enquête...
Retour aux alentours de Santo pour tous les Spadassins, grande discussion autour de ce qui a été découvert et cuisine pour Fiorenza... au moins une des familles locales est impliquée dans les naufrages mais laquelle ?
Alors ce ne sont pas les Sparaco mais il reste les Arcieri et les Firpo... et le poisson grillé est plutôt bon en plus !
La nuit tombe doucement sur Santo, sa garrigue et ses falaises alors que les Spadassins rejoignent le lieu de rendez-vous avec Figone en bas du phare. Le bougre se montre quelques instants plus tard et expose ce qu'il a découvert depuis son arrivée il y a une paire de jours. Il est venu à cause de la lettre de Gabriele Sparaco mais surtout parce que l'Inquisition du Crucifié a noté la présence d'un culte impie et hérétique dans le sud de Scavoli... alors le Padré Tino est clairement un écran de fumé pour cet élusif culte et Figone essaye de savoir où et chez qui il est implanté.
Il est resté en surface sur les deux autres familles et pense, comme les Spadassins, que l'une des deux est liée aux naufrages. Il n'a rien découvert de plus, les familles sont difficiles à approcher mais avec les Spadassins en renfort, il est possible d'avancer. Figone va marcher de concert avec les Spadassins sans en référer à sa hiérarchie, idem pour les Spadassins.
Ici, l'objectif des Spadassins et celui de Figone se confondent d'après lui... aucune famille n'a intérêt à naufrager des navires sauf à être noyautée par une influence extérieure afin de gagner en puissance vis à vis des deux autres.
En conclusion, Figone avoue ne pas aimer le jeune servante de Gabriele et ajoute que celui-ci lui cache quelque chose d'important sans être arrivé à savoir ce que cela pouvait concerner.
A la fois Figone et les Spadassins se disent à plus tard tout en continuant leur enquête chacun de leur côté.
En remontant vers le camp, tout le monde est prit de violentes diarrhées... la cuisson du poisson par Fiorenza fait des siennes et chacun y va de sa nuit merdeuse et difficile !
Ça n'augure rien de bon pour demain qui va être une journée cruciale pour nos Spadassins !
Continua...