Le Chant des forêts (Vincent Munier, 2025) : dans ce documentaire, le réalisateur, également photographe animalier, explore le massif des Vosges, accompagné de son père et de son fils, pour y observer la vie animale et végétale.
Gros succès surprise de la fin 2025,
Le Chant des forêts a dépassé le million d'entrées et est encore programmé dans de nombreux cinémas quasiment deux mois après sa sortie. Succès mérité, le film est est une vraie réussite. Les images de la faune vosgienne sont absolument sublimes (le cerf dans la brume...) et le travail sur le son est incroyable, le documentaire porte bien son titre, le chant de la forêt est constant, grâce aux multitudes d'oiseaux bien sûr, mais aussi au vent, aux branches qui craquent, aux cris d'animaux... Cette musique naturelle est en plus accompagnée d'une excellente BO signée Rosemary Standley, Dom La Nena et Warren Ellis, rien que ça !
Au rayon des reproches, j'ai trouvé le film parfois trop scénarisé dès que ça touche à la relation familiale des trois Munier et à la transmission. Mais ça m'a surtout gêné au début, j'ai fini par ne plus y prêter attention et par me laisser emporter par cette belle fable écologique.
Pleasure (Ninja Thyberg, 2021) : Linnéa, jeune suédoise de 19 ans, débarque à Los Angeles dans le but de devenir une star du porno.
Une belle claque. Sur une base classique qui existe depuis au moins
Le Rouge et le Noir (une jeune "provinciale" ambitieuse arrive en ville avec l'envie de conquérir le monde), la réalisatrice propose, à travers le parcours de Linnéa, un portrait de l'industrie du porno sans fard, cash, mais jamais vulgaire ou moralisateur. On suit l'ascension de la jeune femme, sa découverte du milieu et de l'envers du décor, et les choix qu'elle va devoir faire si elle veut devenir une star. Impossible de ne pas penser au génial
Showgirls de Paul Verhoeven, même si Ninja Thyberg a une approche totalement différente. Elle ne juge jamais ses personnages, filme son actrice avec amour (géniale Sofia Kappel, dont c'est la première apparition), filme les corps sans jamais les objectifier et déroule son scénario sans tomber dans des pièges ou des facilités.
La réalisation arty (ça aurait pu être un film A24) ajoute encore à l'identité du film, et Ninja Thyberg aborde chaque scène de sexe d'une manière différente, aucune n'étant gratuite et chacune marquant un jalon dans le parcours de Linnéa. Le film est dur, ça m'a bien remué, et à mon avis très bien documenté sur l'industrie du porno US. J'ai pensé à plusieurs reprises au documentaire
Hot Girls Wanted de Jill Bauer et Ronna Gradus, sorti en 2015, qui présentait déjà une réalité loin d'être glamour. En lisant des critiques après avoir vu le film, j'ai d'ailleurs appris que, hormis Sofia Kappel, quasiment tous les acteurs et actrices de
Pleasure sont de vrais professionnels du X. Ce qui ne m'étonne pas, vu que le métrage respire l'authenticité du début à la fin.
Vampires en toute intimité (Taika Waititi & Jemaine Clement, 2014) : une équipe de tournage suit le quotidien de quatre vampires qui vivent en colocation à Wellington, en nouvelle-Zélande.
C'est un mockumentaire comique, centré sur la vie de quatre vampires, donc. On les suit dans leurs vies un peu minables, entre aléas de la colocation et problèmes vampiriques. J'ai bien aimé le fait que chaque personnage incarne un cliché du suceur de sang : Viago le dandy XIXe, Vladislav le fier guerrier moustachu clone de Vlad Tepes, Deacon le rebelle énervé en veste en cuir et Petyr / Nosferatu. Le format est bien utilisé (malgré une BO extradiégétique inutile), les acteurs sont tous très bons, très naturels, certaines situations m'ont vraiment fait rire (Deacon qui explique qu'il était difficile d'être vampire et nazi à la sortie de la Seconde Guerre mondiale, les loups-garous, la dispute sur la vaisselle...) et dans l'ensemble j'ai passé un très bon moment. Mais pas plus que ça ; le film manque de surprises, alignant les passages attendus et ne sortant jamais vraiment des rails. Je sais pas, c'était un peu frustrant, j'avais l'impression que les réalisateurs en avaient encore sous le capot, je m'attendais à plus de délire, alors que finalement ça reste relativement sage. Mais ça a quand même été une chouette découverte et je me suis bien marré. Des avis sur la série dérivée ?
