[CR] JdR Solo - Nobi Nobi Magie
Publié : jeu. avr. 23, 2026 10:57 pm
Le jeu solo se joue en 5 scènes (plus une Introduction et un Dénouement) et les difficultés des tests sont baissées de 4 (compté dans ce CR). Tout se fait à base de cartes (une scène=une carte) qui proposent une situation et un Test à accomplir. S'il est réussi, le joueur tire une Carte Lumière ou une Carte Ténèbres s'il échoue. Les deux types de cartes octroient des bonus sous forme d'objets ou d'alliés pour la suite de l'aventure.
J'ai tiré le personnage au hasard. Tombé sur la danseuse, j'ai retourné la carte car sa Compétence ne fonctionne qu'avec d'autres PJ.
Donc me voici avec un Jongleur aux caractéristiques équilibrées (Force 3/Technique 3) et à la compétence "Chaotique", qui lui permet en improvisant d'obtenir un bonus de +3 à ses jets. Mais si les dés font le même résultat, le bonus est perdu.
Introduction - La Porte vers un Autre Monde
Dans les profondeurs de la capitale impériale, un Portail s'est ouvert sur un autre monde d'où arrivent de puissantes créatures et des courants magiques qui bouleversent le nôtre. Cela pourrait être le début d'une invasion ou l'opportunité de créer de nouvelles routes commerciales... Quelles que soit l'opportunité, c'est certainement le début d'une nouvelle aventure.
Iseneal arrivait à la fin de son numéro : 4 torches enflammées et 4 dagues qui virevoltaient autour de lui qui cabriolait le long de la scène. Les yeux des habitants de Centralia étaient rivés sur lui et ils poussaient des « oh » et des « ha » lorsqu'il faisait mine de perdre l'équilibre, le rythme où qu'un des éléments manquait de le blesser. Naturellement, c'était ce dernier point qui lui valait le plus d'enthousiasme. Capitale de l'Empire ou pas, dès que la sensation du danger, surtout d'autrui, pointait son nez, les gens réagissaient tous pareil : le frisson de la catastrophe par personne interposée était inéluctable. En tout cas, Iseneal maintenait l'attention du public et Ganbina semblait amasser un joli pécule dans sa petite panière en passant parmi celui-ci. Il n'était pas peu fier et se sentait près à demander à Monsieur Loyal une petite augmentation, voire même un numéro plus important. Surtout ce dernier point. Être sur scène était sa véritable joie, faire réagir une foule à l'unisson de ses actions un plaisir, les applaudissements une récompense sans égale. Bon, peut-être un baiser de Ganbina mais là, on était dans le véritable conte de fées !
Tiens, est-ce que Féral avait modifié les illuminations pendant son numéro sans le lui dire ? Ça ne lui ressemblait pas. Malgré une approche pas toujours des plus aisées, il était toujours carré lorsqu'il s'agissait du cirque. Mais alors c'était quoi ces lumières bleues et vertes ? Et pourquoi, au nom de Grev, elles semblaient suivre les mouvements de son jonglage ? Et pourquoi la gravité avait décidé de prendre des vacances ? C'était bien écrit à l'entrée que la magie était prohibée dans l'enceinte du cirque ! De plus, il y avait des pierres anti-magie pour éviter ce genre de désagrément et pour prouver aux spectateurs que les artistes prenaient réellement des risques.
D'accord, pourquoi la foule avait fait un mouvement de recul ? Pourquoi avait-elle ce visage terrorisé ? Pourquoi Iseneal sentait un truc dans on dos ? Pourquoi il n'avait pas spécialement envie de se retourner pour se rendre compte par lui-même ? Pourquoi son corps ne l'écoutait pas et se retournait lentement quand même ?
Très bien, c'était gris laiteux et un peu transparent. Très bien, c'était en armure. Très bien, non en fait, c'était une armure vivante. Très bien, tout compte fait, c'était pas vivant mais spectral. Très bien, par il ne savait quelle magie, une sorte de portail vert et bleu dont ses instruments de jonglage formaient l'entrée déversait non pas un, non pas deux, non pas trois, non pas quatre, non pas... enfin un nombre certain de ces entités !
Iseneal était au milieu, le public se ruait dehors, Ganbina était à terre, Monsieur Loyal avait disparu, Féral faisait de son mieux pour que les gens ne s’écrasassent point aidé en cela part les autres membres du cirque. Ce quatrième jour du quatrième mois de la quatrième année de Juko venait de chambouler l'existence de l'Empire du Canxa et très certainement au-delà !
Scène 1 – Une promenade dangereuse
Ayant trouvé un petit boulot de promeneur de chiens, vous êtes attiré par une très généreuse récompense et acceptez sans plus de recul une laisse à laquelle est attachée... un énorme monstre à trois têtes ! Il semblerait que pour satisfaire cette étrange créature de compagnie, vous devrez voyager par monts et par vaux.
Force 9 ou Technique 10
Les cirques, saltimbanques et autres théâtres avaient été proscrits. Pour une raison que les plus hauts mages des Deux Côtés tentaient encore de résoudre, c'était le numéro de Iseneal qui avait ouvert cette Porte vers un Autre Monde. Autre Monde qui s'appelait par une suite de sifflements et de cliquetis par ses habitants et qui pouvait se traduire imparfaitement par Tun-Tun. D'ailleurs, la traduction imparfaite permettait aux deux peuples de communiquer grâce à des pierres de... bah de traduction, un peu à la manière de celles pour parler à la flore et à la faune. Les Tun-Tuniques eux utilisaient de petites boites. Tout le monde se mis d'accord pour dire que tout ça faisait bien le boulot et cela faisait maintenant 6 mois que la situation était là où elle en était : le passage entre les deux mondes était possible, on pouvait même s'y installer mais c'était limité aux deux capitales.
Iseneal était un peu soulagé d'avoir appris qu'il n'avait pas été le seul à avoir «ouvert» un portail et que d'autres étaient apparus lors d'autres représentations. Mais il était au chômage désormais et s'il savait exactement quoi faire de ses dix doigts aux mains et aussi ceux de ses pieds, ce n'était plus envisageable. Donc il vivait de petits boulots fatigants comme un animal de trait. Il n'était pas fait pour cette vie ! Il était fait pour la représentation et tous les postes d'ambassadeurs étaient déjà pourvus par les nobles. Chienne de vie !
C'est alors qu'il tomba sur une petite annonce (il savait lire grâce à Ganbina) sur la place de la Mairie. C'est le nombre de zéro avant la virgule qui attira son attention. Avec cette somme, c'était un mois facile sans porter des briques ou de la farine ! Et il fallait garder un chien ? Il était très bon avec les animaux, il lui arrivait de donner à manger à ceux du cirque. Des fois. Allez, au moins 4 fois dans l'année. C'était pas mal, parce qu'il y en avait un bon paquet et des pas commodes !
Fort de ce crédit, il se rendit dans le quartier portuaire car l'adresse indiquait un quai. Il n'eût aucun mal à trouver le bon navire : il n'y en avait qu'un qui semblait avoir comme un champ de force autour de lui. Il y avait 3 quais vides de chaque côté de ce trois mâts gris laiteux mais un peu transparent. Il ne douta pas et y alla d'un pas décidé : c'était ça ou soulever 10 fois son poids 100 fois dans une demi-journée.
Au pied du navire il héla :
« Ohé du bateau, il y a quelqu'un ? »
Des aboiements lui répondirent. Bon, c'était écrit pour un chien pas plusieurs mais il n'avait pas beaucoup d'autres choix. Il héla à nouveau :
« Ohé du bateau, c'est pour l'annonce à propos du chien ! »
Toujours les aboiements. C'était lui ou le doux soleil du matin se faisait plus froid d'un coup ?
« Ohé du ponton ! » s’exclama une voix ferrailleuse de derrière lui qui le fit sursauter.
Il se retourna et vit un Tun-Tunien à l'air guilleret. Il n'était pas spécialement différent de ses congénères –forme spectrale métallique aux traits peu marqués– mais paraissait plus espiègle.
« Oh, bonjour. Je suis là pour l'annonce. Pour le chien. Je m'appelle Iseneal. »
(et vous m'avez mis au chômage, se retint-il de dire)
« Belle journée. Sija. Le chien. Oui. Ici. J'arrive. ».
La Pierre de traduction d'Iseneal n'était pas la meilleure mais c'était tout ce qu'il avait pu s'offrir.
Sija monta sur le bateau et revint 5 minutes plus tard avec trois chiens. Enfin, peut-être ? Pour trois têtes, ça manquait de pattes. Oui, il y avait définitivement trop de têtes pour ce nombre de pattes ! Et c'était une illusion d'optique ou il avait la taille d'un poney ? D'un poney atteint de gigantisme qui plus est ! Ou d'un cheval atteint de nanisme, c'est comme on veut. Mais de toute évidence, ce n'était pas un chien courant. Et d'où pouvait-il bien venir ? Il n'était pas gris laiteux un peu transparent mais «solide». Absolument noir de la queue aux oreilles. Même ses prunelles étaient noires. Ses 6 prunelles. Ce n'est pas qu'il n'inspirait pas confiance, mais il inspirait le respect. Celui émanant de l'épouvante la plus profonde. Celle qu'on va creuser six pieds sous terre.
« Toupie. » fit Sija désignant le molosse. « Besoin d'exercice. Il a déjà mangé. Ne pas le laisser encore manger. Il sait où aller. Et comment. Il reviendra ce soir. Ma gratitude. » et il tendit la chaîne reliée au cou de Toupie à Iseneal avant de remonter sur le bateau.
Ce n'est pas qu'il était abasourdi mais le temps que son cerveau fit toutes les connexions nécessaires, le bateau voguait déjà. Toupie était assis et ses six yeux le regardaient avec insistance. Il se sentait ridicule à côté d'un si grand animal, lui qui n'était pas déjà très grand à la base.
« Bon ben, quand faut y aller, faut y »
Pourquoi la mer avait disparu pour laisser place à une prairie ? Et pourquoi l'herbe était bleue et le ciel vert ? Et pourquoi son épaule voulait sortir de ses rotateurs ? Il se fit plus souple et vola quasiment à la suite de la chaîne. Toupie courait et il courait vite ! Après un canard. Si un canard pouvait avoir six pattes et deux petits cornes.
[jet Technique 14]
Ne sachant pas ce que pouvait faire comme dégât ce canard (bon, il fuyait le chien, c'était déjà un bon signe) et que de toute façon, Toupie était interdit de repas, il fallait l'arrêter. Avisant un rocher sur le chemin, Iseneal passa plusieurs fois autour pour y bloquer la chaîne. Tupie fut arrêter net dans sa course, et l'une de ses gueules émis un petit cri, plus de surprise que de douleur. Les deux autres têtes se tournèrent vers le coupable et le regardèrent fixement. Iseneal ne se démonta pas et approcha de ce qui n'était qu'un chien et lui asséna d'une voix ferme :
« Non, Toupie ! Tu ne cours pas n'importe où et tu ne chasses pas ! On va faire une balade tranquille et tu m'obéis sinon on ne»
Froid. Très froid. Pas de vent. Des nuages sous ses yeux. Mais vraiment sous, comme en bas. Un soleil rouge presque éblouissant. Toupie qui remue la queue, tout content. Iseneal qui le regarde un brin amusé, mais transit de froid.
« Très bien, Monsieur est farceur, on va voir si... »
Un gros volatile vole au dessus d'eux et plonge dans les nuages. Une tête sur sa proie, les deux autres semblant se moquer de ce maître par intérim, Toupie plongea dans le vide.
[Lumière : Machine Magique – Vous possédez une machine alimentée par une magie surpuissante. Ce n'est pas seulement un outil incroyable, mais aussi un allié fort utile. Il sait comment faire les déclaration d'impôts les plus complexes et tire même au laser ! - Force +1]
Pour Iseneal, ce fut une journée pour le moins intéressante. Pas des plus reposantes ni des plus sans dangers mais ce fût une journée mémorable. Une fois les règles établies, ce qui lui pris un peu de temps, Toupie se comporta admirablement. Et pour faire de l'exercice, il en fit ! Tout comme son pet-sitter. Ils bondirent d'univers en univers, croisèrent des espèces extraordinaires et des paysages spectaculaires. Étonnamment, pas de créatures avec lesquelles communiquer ni de traces de civilisations. Uniquement de la nature et de la faune.
Puis, d'un coup, ils réapparurent devant le bateau.
« Alors ? » s'enquit Sija en grattant les têtes de Toupie qui lui fit la fête.
« C'est un très bon chien que vous avez là. »
« Gratitude. Voici la promesse. Et une gracieuseté » dit Sija en tendant un petit paquet.
« Il ne fallait pas, le cachet suffisait amplement. Mais j'accepte avec grand plaisir. »
« Gratitude. » fit Sija en remontant dans le bateau. Toupie le suivit mais s'arrêta, fit demi-tour et léchouilla de ses trois langues un Iseneal qui n'en demandait pas tant mais très content quand même.
De retour dans sa chambre, il ouvrit le petit paquet. En plus de ses émoluments, il y trouva un cylindre métallique de vingt centimètres garni de manivelles, leviers et autres gâchettes. En appuyant sur la première, une lumière fine et concentrée alla frapper son coffre aux affaire et fit sauter son cadenas. Il décida de reporter l'étude de cet étrange aobjet à un autre jour. Il était sur les rotules après cette journée où il lui semblait avoir parcouru plusieurs univers plusieurs fois.
J'ai tiré le personnage au hasard. Tombé sur la danseuse, j'ai retourné la carte car sa Compétence ne fonctionne qu'avec d'autres PJ.
Donc me voici avec un Jongleur aux caractéristiques équilibrées (Force 3/Technique 3) et à la compétence "Chaotique", qui lui permet en improvisant d'obtenir un bonus de +3 à ses jets. Mais si les dés font le même résultat, le bonus est perdu.
Introduction - La Porte vers un Autre Monde
Dans les profondeurs de la capitale impériale, un Portail s'est ouvert sur un autre monde d'où arrivent de puissantes créatures et des courants magiques qui bouleversent le nôtre. Cela pourrait être le début d'une invasion ou l'opportunité de créer de nouvelles routes commerciales... Quelles que soit l'opportunité, c'est certainement le début d'une nouvelle aventure.
Iseneal arrivait à la fin de son numéro : 4 torches enflammées et 4 dagues qui virevoltaient autour de lui qui cabriolait le long de la scène. Les yeux des habitants de Centralia étaient rivés sur lui et ils poussaient des « oh » et des « ha » lorsqu'il faisait mine de perdre l'équilibre, le rythme où qu'un des éléments manquait de le blesser. Naturellement, c'était ce dernier point qui lui valait le plus d'enthousiasme. Capitale de l'Empire ou pas, dès que la sensation du danger, surtout d'autrui, pointait son nez, les gens réagissaient tous pareil : le frisson de la catastrophe par personne interposée était inéluctable. En tout cas, Iseneal maintenait l'attention du public et Ganbina semblait amasser un joli pécule dans sa petite panière en passant parmi celui-ci. Il n'était pas peu fier et se sentait près à demander à Monsieur Loyal une petite augmentation, voire même un numéro plus important. Surtout ce dernier point. Être sur scène était sa véritable joie, faire réagir une foule à l'unisson de ses actions un plaisir, les applaudissements une récompense sans égale. Bon, peut-être un baiser de Ganbina mais là, on était dans le véritable conte de fées !
Tiens, est-ce que Féral avait modifié les illuminations pendant son numéro sans le lui dire ? Ça ne lui ressemblait pas. Malgré une approche pas toujours des plus aisées, il était toujours carré lorsqu'il s'agissait du cirque. Mais alors c'était quoi ces lumières bleues et vertes ? Et pourquoi, au nom de Grev, elles semblaient suivre les mouvements de son jonglage ? Et pourquoi la gravité avait décidé de prendre des vacances ? C'était bien écrit à l'entrée que la magie était prohibée dans l'enceinte du cirque ! De plus, il y avait des pierres anti-magie pour éviter ce genre de désagrément et pour prouver aux spectateurs que les artistes prenaient réellement des risques.
D'accord, pourquoi la foule avait fait un mouvement de recul ? Pourquoi avait-elle ce visage terrorisé ? Pourquoi Iseneal sentait un truc dans on dos ? Pourquoi il n'avait pas spécialement envie de se retourner pour se rendre compte par lui-même ? Pourquoi son corps ne l'écoutait pas et se retournait lentement quand même ?
Très bien, c'était gris laiteux et un peu transparent. Très bien, c'était en armure. Très bien, non en fait, c'était une armure vivante. Très bien, tout compte fait, c'était pas vivant mais spectral. Très bien, par il ne savait quelle magie, une sorte de portail vert et bleu dont ses instruments de jonglage formaient l'entrée déversait non pas un, non pas deux, non pas trois, non pas quatre, non pas... enfin un nombre certain de ces entités !
Iseneal était au milieu, le public se ruait dehors, Ganbina était à terre, Monsieur Loyal avait disparu, Féral faisait de son mieux pour que les gens ne s’écrasassent point aidé en cela part les autres membres du cirque. Ce quatrième jour du quatrième mois de la quatrième année de Juko venait de chambouler l'existence de l'Empire du Canxa et très certainement au-delà !
Scène 1 – Une promenade dangereuse
Ayant trouvé un petit boulot de promeneur de chiens, vous êtes attiré par une très généreuse récompense et acceptez sans plus de recul une laisse à laquelle est attachée... un énorme monstre à trois têtes ! Il semblerait que pour satisfaire cette étrange créature de compagnie, vous devrez voyager par monts et par vaux.
Force 9 ou Technique 10
Les cirques, saltimbanques et autres théâtres avaient été proscrits. Pour une raison que les plus hauts mages des Deux Côtés tentaient encore de résoudre, c'était le numéro de Iseneal qui avait ouvert cette Porte vers un Autre Monde. Autre Monde qui s'appelait par une suite de sifflements et de cliquetis par ses habitants et qui pouvait se traduire imparfaitement par Tun-Tun. D'ailleurs, la traduction imparfaite permettait aux deux peuples de communiquer grâce à des pierres de... bah de traduction, un peu à la manière de celles pour parler à la flore et à la faune. Les Tun-Tuniques eux utilisaient de petites boites. Tout le monde se mis d'accord pour dire que tout ça faisait bien le boulot et cela faisait maintenant 6 mois que la situation était là où elle en était : le passage entre les deux mondes était possible, on pouvait même s'y installer mais c'était limité aux deux capitales.
Iseneal était un peu soulagé d'avoir appris qu'il n'avait pas été le seul à avoir «ouvert» un portail et que d'autres étaient apparus lors d'autres représentations. Mais il était au chômage désormais et s'il savait exactement quoi faire de ses dix doigts aux mains et aussi ceux de ses pieds, ce n'était plus envisageable. Donc il vivait de petits boulots fatigants comme un animal de trait. Il n'était pas fait pour cette vie ! Il était fait pour la représentation et tous les postes d'ambassadeurs étaient déjà pourvus par les nobles. Chienne de vie !
C'est alors qu'il tomba sur une petite annonce (il savait lire grâce à Ganbina) sur la place de la Mairie. C'est le nombre de zéro avant la virgule qui attira son attention. Avec cette somme, c'était un mois facile sans porter des briques ou de la farine ! Et il fallait garder un chien ? Il était très bon avec les animaux, il lui arrivait de donner à manger à ceux du cirque. Des fois. Allez, au moins 4 fois dans l'année. C'était pas mal, parce qu'il y en avait un bon paquet et des pas commodes !
Fort de ce crédit, il se rendit dans le quartier portuaire car l'adresse indiquait un quai. Il n'eût aucun mal à trouver le bon navire : il n'y en avait qu'un qui semblait avoir comme un champ de force autour de lui. Il y avait 3 quais vides de chaque côté de ce trois mâts gris laiteux mais un peu transparent. Il ne douta pas et y alla d'un pas décidé : c'était ça ou soulever 10 fois son poids 100 fois dans une demi-journée.
Au pied du navire il héla :
« Ohé du bateau, il y a quelqu'un ? »
Des aboiements lui répondirent. Bon, c'était écrit pour un chien pas plusieurs mais il n'avait pas beaucoup d'autres choix. Il héla à nouveau :
« Ohé du bateau, c'est pour l'annonce à propos du chien ! »
Toujours les aboiements. C'était lui ou le doux soleil du matin se faisait plus froid d'un coup ?
« Ohé du ponton ! » s’exclama une voix ferrailleuse de derrière lui qui le fit sursauter.
Il se retourna et vit un Tun-Tunien à l'air guilleret. Il n'était pas spécialement différent de ses congénères –forme spectrale métallique aux traits peu marqués– mais paraissait plus espiègle.
« Oh, bonjour. Je suis là pour l'annonce. Pour le chien. Je m'appelle Iseneal. »
(et vous m'avez mis au chômage, se retint-il de dire)
« Belle journée. Sija. Le chien. Oui. Ici. J'arrive. ».
La Pierre de traduction d'Iseneal n'était pas la meilleure mais c'était tout ce qu'il avait pu s'offrir.
Sija monta sur le bateau et revint 5 minutes plus tard avec trois chiens. Enfin, peut-être ? Pour trois têtes, ça manquait de pattes. Oui, il y avait définitivement trop de têtes pour ce nombre de pattes ! Et c'était une illusion d'optique ou il avait la taille d'un poney ? D'un poney atteint de gigantisme qui plus est ! Ou d'un cheval atteint de nanisme, c'est comme on veut. Mais de toute évidence, ce n'était pas un chien courant. Et d'où pouvait-il bien venir ? Il n'était pas gris laiteux un peu transparent mais «solide». Absolument noir de la queue aux oreilles. Même ses prunelles étaient noires. Ses 6 prunelles. Ce n'est pas qu'il n'inspirait pas confiance, mais il inspirait le respect. Celui émanant de l'épouvante la plus profonde. Celle qu'on va creuser six pieds sous terre.
« Toupie. » fit Sija désignant le molosse. « Besoin d'exercice. Il a déjà mangé. Ne pas le laisser encore manger. Il sait où aller. Et comment. Il reviendra ce soir. Ma gratitude. » et il tendit la chaîne reliée au cou de Toupie à Iseneal avant de remonter sur le bateau.
Ce n'est pas qu'il était abasourdi mais le temps que son cerveau fit toutes les connexions nécessaires, le bateau voguait déjà. Toupie était assis et ses six yeux le regardaient avec insistance. Il se sentait ridicule à côté d'un si grand animal, lui qui n'était pas déjà très grand à la base.
« Bon ben, quand faut y aller, faut y »
Pourquoi la mer avait disparu pour laisser place à une prairie ? Et pourquoi l'herbe était bleue et le ciel vert ? Et pourquoi son épaule voulait sortir de ses rotateurs ? Il se fit plus souple et vola quasiment à la suite de la chaîne. Toupie courait et il courait vite ! Après un canard. Si un canard pouvait avoir six pattes et deux petits cornes.
[jet Technique 14]
Ne sachant pas ce que pouvait faire comme dégât ce canard (bon, il fuyait le chien, c'était déjà un bon signe) et que de toute façon, Toupie était interdit de repas, il fallait l'arrêter. Avisant un rocher sur le chemin, Iseneal passa plusieurs fois autour pour y bloquer la chaîne. Tupie fut arrêter net dans sa course, et l'une de ses gueules émis un petit cri, plus de surprise que de douleur. Les deux autres têtes se tournèrent vers le coupable et le regardèrent fixement. Iseneal ne se démonta pas et approcha de ce qui n'était qu'un chien et lui asséna d'une voix ferme :
« Non, Toupie ! Tu ne cours pas n'importe où et tu ne chasses pas ! On va faire une balade tranquille et tu m'obéis sinon on ne»
Froid. Très froid. Pas de vent. Des nuages sous ses yeux. Mais vraiment sous, comme en bas. Un soleil rouge presque éblouissant. Toupie qui remue la queue, tout content. Iseneal qui le regarde un brin amusé, mais transit de froid.
« Très bien, Monsieur est farceur, on va voir si... »
Un gros volatile vole au dessus d'eux et plonge dans les nuages. Une tête sur sa proie, les deux autres semblant se moquer de ce maître par intérim, Toupie plongea dans le vide.
[Lumière : Machine Magique – Vous possédez une machine alimentée par une magie surpuissante. Ce n'est pas seulement un outil incroyable, mais aussi un allié fort utile. Il sait comment faire les déclaration d'impôts les plus complexes et tire même au laser ! - Force +1]
Pour Iseneal, ce fut une journée pour le moins intéressante. Pas des plus reposantes ni des plus sans dangers mais ce fût une journée mémorable. Une fois les règles établies, ce qui lui pris un peu de temps, Toupie se comporta admirablement. Et pour faire de l'exercice, il en fit ! Tout comme son pet-sitter. Ils bondirent d'univers en univers, croisèrent des espèces extraordinaires et des paysages spectaculaires. Étonnamment, pas de créatures avec lesquelles communiquer ni de traces de civilisations. Uniquement de la nature et de la faune.
Puis, d'un coup, ils réapparurent devant le bateau.
« Alors ? » s'enquit Sija en grattant les têtes de Toupie qui lui fit la fête.
« C'est un très bon chien que vous avez là. »
« Gratitude. Voici la promesse. Et une gracieuseté » dit Sija en tendant un petit paquet.
« Il ne fallait pas, le cachet suffisait amplement. Mais j'accepte avec grand plaisir. »
« Gratitude. » fit Sija en remontant dans le bateau. Toupie le suivit mais s'arrêta, fit demi-tour et léchouilla de ses trois langues un Iseneal qui n'en demandait pas tant mais très content quand même.
De retour dans sa chambre, il ouvrit le petit paquet. En plus de ses émoluments, il y trouva un cylindre métallique de vingt centimètres garni de manivelles, leviers et autres gâchettes. En appuyant sur la première, une lumière fine et concentrée alla frapper son coffre aux affaire et fit sauter son cadenas. Il décida de reporter l'étude de cet étrange aobjet à un autre jour. Il était sur les rotules après cette journée où il lui semblait avoir parcouru plusieurs univers plusieurs fois.