Le culte de la mort qui est l'objet de leur quête n'évoque rien aux villageois, qui n'ont pas d'autre souci que les attaques de kobbolds sur les caravanes marchandes. L'info leur venant simultanément de plusieurs sources (les persos ont fait des groupes de 1), les PJs estiment donc qu'elle est fiable.
Les joueurs font le tour de la ville, la paladine se rend au temple pour faire une petite prière et se renseigner sur les cultes dans le coin, les autres vont à la taverne et discutent avec quelques PNJs majeurs (ceux d'entre vous qui connaissent ce scénario trouveront peut-être amusant d'apprendre que le deva a fait du gringue à l'elfette Ninaran), tout le monde apprend donc quelques infos sur les kobbolds, le fort de Gisombre, le village... Ne voyant pas l'utilité de leur cacher des renseignements (sans compter qu'ils ont été aimables avec tout le monde en première approche et qu'il y a eu du RP), j'ai directement donné les indications fournies dans le scénario, dès qu'ils allaient parler avec un PNJ. Tout au plus ai-je mis en scène l'aigreur des figurants lorsque les PJs, au prétexte qu'ils avaient obtenu les infos qu'ils souhaitaient, se barraient comme des malpropres sans continuer de discuter (faut dire qu'à Havrefroid, les occasions de tailler le bout de gras sont particulièrement chiches).
Bref, nos p'tits amis, en manque d'infos pertinentes sur le culte de la mort, décident d'aller casser du kobbold. Puisque les villageois les ont informés que le seigneur local leur offrirait une récompense, les héros font un détour par le manoir pour demander le montant de celle-ci. Il est alors expressément convenu qu'ils auront le droit de garder tout ce qu'ils trouveront dans le repaire des kobbolds à l'exception des biens des villageois, une rémunération qui leur convient parfaitement puisque ce ne sera que du bonus sur leur mission.
D'après les indications, la place forte des kobbolds est près d'une cascade dans la forêt. Les joueurs s'y rendent avec plein de discrétion... ou pas (le prêtre foire complètement son jet de Discrétion). Je les autorise donc à se placer où ils veulent sur la battlemat fournie avec le scénario, et leur indique quelques-uns de leurs ennemis. Je ne révèle cependant pas la présence du franc-tireur kobbold (une sorte de cogneur sournois), car je décide qu'une attaque sournoise venant de lui sera une bonne conséquence du jet de Discrétion raté du prêtre.
Le combat commence, avec cette fois un tour de surprise offert aux PJs.
Je suis les indications du scénario : j'utilise des sbires pour amener les personnages près de la zone magique de la carte (qui améliore les capacités d'attaque). Je forme une cage autour du cogneur, qui est au centre de la zone magique, avec des sbires et un draco-écu afin de lui infliger de nombreuses touches à faibles dégâts. A l'inverse, je bloque la naine à quelques cases de là avec un draco-écu et le frondeur. Le prêtre étant resté un peu plus loin, je lui envoie un sbire après lequel je le fais courir, et surtout je le fais contourner par le franc-tireur, qui est resté dissimulé et qui parvient à arriver dans le dos des PJs sans se faire remarquer (test de Nature).
Le combat évite de s'enliser dans un "je tape, tu tapes, chacun dans son coin" suite à l'intervention du franc-tireur, qui jouit d'un avantage de combat au moment de frapper le prêtre et colle une mandale monstrueuse à ce dernier : aussitôt, les PJs s'imaginent que c'est ce kobbold qui est le chef du groupe et qu'il faut frapper en premier, quitte à prendre plein d'attaques d'opportunité des autres kobbolds, sans quoi le franc-tireur les tuera rapidement (c'est beau, l'imagination d'un joueur...
Bon, le combat se déroule, le vengeur s'en prend plein la tronche, tout encerclé qu'il est, tandis que les deux autres paniquent inutilement. Le tout sous le feu du frondeur, certes pas très efficace mais quand même présent. Au moment où les PJs tuent le dernier kobbold "corps-à-corps" (c'est-à-dire qu'il ne reste que le frondeur), j'annonce que le dernier survivant crie en direction de la cascade "Au secours, Dendefer !" et que la chute d'eau commence à vomir de nouveaux kobbolds, puis nous arrêtons la partie.
Au niveau du découpage temporel, je dirais que nous avons passé deux heures en ville à discuter, faire du RP et du commerce, suivies de deux heures de combat.
Dans le prochain post : on improvise des règles, on choisit bizarrement ses alliés, et on se trouve une bonne motivation pour avancer dans le scénario.