Voici le CR d’une partie de plus de 5 heures (joué en 2 séances) et joué dans l’univers des Folandes créé par Etienne B. qui jouait Moi, tandis que je jouais Toi.
Toi donc est Hartan, jeune homme qui a quitté sa terre natale de Verlande pour fuir sa condition. Issu d’une famille rurale, le jeune a été mis au service d’un seigneur verougue (peuple qui a conquis Verlande) qui l’utilisait comme garçon d’écurie et le martyrisait. Une nuit sans lune, Hartan décida d’en finir, trancha la gorge de son maître dans son sommeil et pris le premier bateau venu. Il était bien décidé à faire fortune et ne plus jamais
Quelques mois plus tard, le jeune arriva dans un port où l’absence de verougues lui permettrait d’échapper à la justice.
Description : un jeune chien fou qui a trop souffert. Jeune homme à la beauté juvénile, plein de colère et ayant soif de liberté. Corps frêle mais souple. Ne quitte jamais la dague à sa ceinture. Plus jamais l’esclave de qui que ce soit.
But : faire fortune pour acheter sa liberté à tout jamais.
Lieu : Blanval une île de l’archipel de Milliles exempte de présence verougue. L’île prospère grâce à son commerce et sa pêche du poisson-chien.
Moi a choisi un monstre classique : Zark un homme barbu dont les yeux rouges cachent mal sa nature démoniaque.
L’amante était Eline, magicienne Edrulaine idéaliste aux mœurs très libres.
Le jeune homme, affamé et sans le sou, va faire la rencontre du robuste Lordel et de la jolie Eline sur le port de Blanval. L’homme porte un arc de belle facture et un faucon non masqué sur l’épaule. La fille, qui du premier regard attira le jeune Hartan, ne portait qu’une robe de soie trop courte pour cacher ses charmes. Pris de sympathie pour le jeune homme, les compagnons décidèrent de l’inviter à boire dans une taverne. Malheureusement pour eux, une bande de soudards mal dégrossis et bien avinés, lancèrent des remarques sans équivoques à l’encontre de la belle. Sans attendre, Hartan se jeta sur le premier venu et lui plaça sa lame sous la gorge afin qu’il s’excuse. Mais le maître des soudards, un grand brun au visage mince et barbu, se mit à fixer le jeune homme de ses yeux couleur braises. Hartan fut pris de paralysie et tomba à terre, impuissant. Il fut sauvé par ses nouveaux amis, surtout Eline qui entama une sorte de duel de volonté pour sortir Hartan de la torpeur et fuir avec lui.
Plus tard, alors qu’Hartan reprenait ses forces et que ses compagnons l’emmenaient à l’extérieur de la ville, ils furent attaqués par les soudards de la taverne. Cette fois plus de doute : Eline fit voler les assaillants dans les airs, c’était donc bien une magicienne. Dans certaines contrées les serviteurs de l’Unique le brûlent et Hartan n’avait jamais encore vu de mage.
Dans la forêt, ils pénétrèrent dans une cabane qui semblait plus grande de l’intérieur que de l’extérieur. Hartan discute avec l’homme et la femme et apprend qu’ils sont des Edrulains, membres de l’ordre libreterran qui lutte contre l’oppression verougue. Si Blanval est resté indépendante c’est grâce à leurs actions. Malheureusement cette indépendance a attiré de nombreux pirates et autres individus peu scrupuleux comme ce Zark, l’homme aux yeux rouges de la taverne. Ce dernier navigue pour le compte d’un marchand blanvalien et transporte dans son bateau une grande quantité d’or. A ces mots Hartan eu aussitôt l’idée de faire payer Zark pour son action en le dévalisant.
Mais, en attendant, Hartan passa un doux moment avec ses compagnons où il apprit l’art de l’amour, initié par la belle Erline. Le brave garçon pensait tout savoir des choses du sexe parce qu’il avait troussé plus d’une servante dans le foin de la grange mais il découvrit un autre univers, celui de la sensualité. Le plaisir fut de courte durée car Hartan se retrouva bien dépité quand il assista à des échanges de baisers entre Eline et Lordel. Le jeune homme fit part de son incompréhension devant tant de légèreté. Eline lui rétorqua qu’elle était libre d’aimer comme elle le souhaitait.
Les surprises d’Hartan ne s’arrêtèrent pas là car il discuta avec le faucon de Lordel ! Un faucon parlant et un peu prétentieux qui voulu rabattre le caquet du jeune fougueux. Un âpre débat sur la supériorité de l’homme par rapport à l’animal fut conclu par Hartan qui déduisit que l’animal (fut-il parlant) ne pouvait être l’égale de l’homme car ce dernier était capable de cruauté, chose impossible pour un animal.
Hartan eu également un échange houleux avec Lordel. Non pas à cause d’Eline mais à cause de l’argent. Lordel était disposé à aider Hartan contre Zark mais n’attendais pas que le garçon partage l’or avec eux. Il expliqua en effet que les libreterrans méprisait l’argent et qu’ils se partageaient le fruit de leur labeur tous ensemble. L’or est conservé de temps à autre pour confectionner des bijoux pour les femmes. Cette révélation fut un choc pour Hartan car il a toujours pensé que l’argent et les possessions étaient les piliers de la liberté. Le jeune a été réduit en esclavage car il était pauvre et il attache beaucoup d’importance aux possessions matérielles. Si l’argent ne fait pas le bonheur il rend l’homme libre de contraintes. Cependant les Edrulains acceptèrent d’aider Hartan à punir le démon et lui voler son or.
Hartan se rendit au port avec ses compagnons. Petit et agile il comptait se faufiler dans le bateau afin de repérer les lieux et découvrir où se cachait l’or de Zark. Pénétrer dans la caravelle fut aisé car tout le monde dormait hormis une sentinelle peu alerte. Hartan réussi à s’introduire dans une chambre où dormait un homme qu’il ne reconnu pas sur le coup. A coté du lit se trouvait un coffre à la serrure bien complexe. Notre jeune Verlandais, rendu aveugle par la cupidité, essaya d’ouvrir le coffre pour vérifier son contenu. C’est à ce moment là que l’homme allongé s’éveilla et Hartan n’eu guère le temps d’agir en constatant que les yeux de l’homme étaient rouges…
Le réveil fut rude. Attaché au mat du bateau, le jeune homme était battu et raillé par les hommes de Zark. Celui-ci lui expliqua qu’il l’avait reconnu car Hartan est recherché en Verlande pour le meurtre de son ancien maître. 100 pièces d’or ! Une telle somme pour sa tête ne pouvait que pousser le démon et ses hommes à prendre les voiles et à le ramener pour qu’il rende des comptes de ses actes. Le garçon exigea qu’on lui tranche la gorge sur le champ, sans quoi il s’occuperait de planter sa lame dans le cœur de Zark aussitôt qu’il serait libre. Ce dernier se moqua du jeune fou et le jeta à fond de cale.
Affamé et assoiffé, Hartan n’avait plus d’espoir si ce n’est de mourir vite. Le salut vint du faucon Ramel qui vint à la rescousse de jeune homme en apportant la clé de ses chaines. « Qui est capable de cruauté maintenant ? » Railla le faucon. Quelques plates excuses plus tard Hartan était libre. Il s’enfuit en volant une chaloupe discrètement et non sans avoir tué un des hommes de Zark qui allait donner l’alerte. Epuisé mais libre, le sauvage adolescent réussi au prix de ses dernières forces à rejoindre le rivage de Blanval. Ses amis Edrulains le récupèrent et lui permirent de reprendre des forces dans leur abri.
Là, Eline et Hartan eurent une conversation. Malgré leur attirance réciproque, les divergences de point de vue étaient trop grandes. Le courage et la haine des verougues d’Hartan auraient pu en faire un bon candidat pour l’ordre mais celui-ci tenait trop à sa liberté et ses convictions étaient trop opposées à la pensée libreterrane pour qu’il suive les compagnons. Eline consenti à aider Hartan à neutraliser le démon. Une couronne de fleurs élaborées selon un rituel spécifique était la solution. Posée sur la tête du démon, celle-ci le rendrait momentanément vulnérable. Hartan remercia la belle magicienne et, le cœur gros, exprima sa gratitude et sa tristesse de ne pouvoir rester auprès d’elle. Mais avant qu’ils ne purent finirent leur discussion, un bruit de lutte les mit en alerte.
Lordel luttait courageusement dans la clairière et neutralisa sans problème les hommes de Zark, revenus pour retrouver Hartan. Zark intervint et le duel avec l’Edrulain semblait inévitable. Hartan mis au point un plan rapide et, tandis que la magicienne utilisait sa magie pour détourner le regard du démon, Hartan passa dans son dos et lui enfonça la couronne de fleurs sur la tête. Le démon se mis à hurler, son visage brûlait mais il eu le temps de projeter le jeune homme à terre qui venait de lui planter sa dague. Zark arracha la couronne de fleur et s’évapora dans un tourbillon de flammes.
Lordel eut un bref sourire avant de s’effondrer, blessé. Alors qu’Eline se lançait à la rescousse, Hartan décida de retrouver la trace du démon pour en finir une bonne fois pour toute. Lordel lui prêta sa dague « elle s’appelle Reviens ». Le jeune homme savait où chercher. Il prit la direction du port et retrouva Zark, blessé dans la cabine de son bateau. Sans attendre Hartan se jeta sur lui et lui planta une dague en plein cœur. Dans un hurlement infernal le démon s’évapora, cette fois définitivement.
Au milieu des affaires du démon, Hartan trouva une clé qui permettait d’ouvrir le coffre. Celui-ci renfermait pièces d’or et pierres précieuses. Riche désormais Hartan n’eu plus qu’à remercier ses amis Edrulains, les quitter avec effusion et partir vers de nouveaux horizons !
Ce qu'il est ressorti des parties.
Nous sommes déçus. Le système n'est pas suffisamment présent durant la partie. C'est quasiment du freestyle, on est en roue libre constamment. La seule contrainte est de jouer le but, l'amante et le monstre. J'ai donc fait mon possible pour faire avancer mon personnage vers son but tout en jouant sur la relation avec l'amante. Durant toute la partie nous nous sommes sentis sans support narratif, le système est transparent.
Et c'est exactement l'inverse pour l'Apogée! Nous sommes obligé de nous tenir au résultat des dés. Dans la partie d'Hartan nous avons carrément zappé l'apogée et décidé ensemble de ce qui devait réussir ou pas. Ici Toi a vaincu le monstre, atteint son but mais l'amante, déçue du comportement matérialiste du héros, s'en va.
Concernant la narration partagée se fut très light. Moi avait un univers et des personnages forts et ne m'a pas laissé beaucoup d'espace mais ce n'était pas un problème.
Au final nous avons déduit que n'arrivions pas à jouer correctement à S/lay W/me malgré les bonnes idées. On va s'en doute continuer mais sur un système plus classique.